Où partent vos déchets? Voici comment ça se passe dans la Métropole de Nice

Peu mieux faire. Le constat est clair : les habitants de la région PACA trient moins que la moyenne nationale des Français. En cause, des habitudes à changer, et des réflexes à acquérir.

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Axelle Truquet Publié le 23/11/2022 à 09:04, mis à jour le 23/11/2022 à 08:44
6 collectes sont organisées dans la semaine, dont 2 pour les emballages. Dans le vieux-nice, des véhicules adaptés plus petits passent plus régulièrement. (Photo E.O.)

Si vous constatez que votre poubelle d’ordures ménagères se remplit moins vite que celle contenant les emballages, alors considérez cela comme un bon signe. Celui que vous appliquez les consignes de tri. Cela fait 20 ans que la ville de Nice s’est mise au tri sélectif. Il aura fallu du temps pour que chacun s’habitue. "Aujourd’hui, la grande majorité de la population a intégré les règles et joue le jeu, se félicite Pierre-Paul Léonelli, adjoint au maire de Nice délégué à la Propreté, à la Collecte et aux Parcs et jardins. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, il a d’abord fallu équiper tous les quartiers de containers mais aussi informer, faire de la pédagogie." Voici ce qu’il se passe lorsque vous jetez quelque chose.

D’abord, pour mémoire, les immeubles et maisons sont équipés d’un container pour les ordures ménagères (couvercle marron) et d’un autre pour les emballages (couvercle jaune). Ce dernier "est gratuit, il suffit de faire la demande aux services de la Métropole, rappelle Pierre-Paul Léonelli. 50.000 bacs jaunes ont été distribués sur le territoire dont 28.300 à Nice."

Quant à savoir ce qu’on met dedans, c’est relativement simple: "tous les plastiques, cartons, pots de yaourts, capsules de café, etc. Les consignes de tri ont changé en 2018 et depuis, vous pouvez mettre véritablement tous vos emballages", indique l’élu.

Des points d’apport volontaires en ville

Tous les bâtiments ne sont pas équipés de bac jaune, faute de place. Pour inciter au tri, la collectivité a installé des points d’apport volontaires un peu partout dans la métropole (427 dont 128 à Nice). Certains sont enterrés comme sur l’avenue Jean-Médecin. Là, vous trouvez aussi des bennes à verre et d’autres destinées à récolter les papiers voire les textiles (ça dépend des endroits).

Une fois que vous avez évacué vos déchets, vient le temps de la collecte. À Nice, il y a 6 tournées par semaine (chaque jour sauf le samedi) dont deux dédiés aux poubelles jaunes, le lundi et le jeudi, depuis avril 2019. "Nous réfléchissons à l’opportunité d’en ajouter une troisième", informe Pierre-Paul Léonelli.

 

Que devient le contenu des containers?

Les ordures ménagères partent à l’usine de valorisation énergétique (UVE) de l’Ariane "qui reçoit également les déchets des collectivités de l’Ouest (Grasse, Cannes) et celles de l’Est (Carf - communauté d’agglomération de la Riviera Française, etc.). Ce procédé de traitement permet la production d’énergie renouvelable pour les quartiers est de Nice, chaleur et électricité." Cette usine va être modernisée tandis qu’un nouveau centre de tri métropolitain va être construit, toujours à l’Ariane, à l’horizon 2026. "Avec ce projet, nous visons l’autonomie totale en termes de traitement des déchets", souligne l’élu.

En attendant, les emballages sont triés dans un centre à Cannes. Puis, selon leur nature ils prennent des routes différentes pour être revendus à des repreneurs: Arcelor Mittal pour l’acier, Saica Paper pour le carton, Valorplast pour le plastique, etc.

Tout ce que vous mettez dans les points d’apports volontaires est aussi recyclé: verre, papier, à chaque fois dans des usines spécialisées. Quant aux encombrants là aussi: dès que c’est possible, ils sont valorisés via des éco-organismes. Enfin, les déchets dits non valorisables (souvent issus du BTP) sont transformés en combustible solide de récupération (pour créer de l’énergie) ou enfouis.

Plusieurs locaux à déchets sont installés dans le Vieux-Nice pour faciliter la collecte des déchets. Photo E.O.

"Les emballages sont une ressource pas un déchet"

"Citeo est une entreprise à mission créée par les entreprises du secteur de la grande consommation et de la distribution pour réduire l’impact environnemental de leurs emballages et papiers, en leur proposant des solutions de réduction, de réemploi, de tri et de recyclage." Voilà pour la présentation officielle. Pour bien saisir la portée de sa tâche, sa directrice régionale sud-est, Christine Leuthy-Molina, détaille: "Citeo agit de deux façons. D’abord, en accompagnant les entreprises sur la réduction, le réemploi, le tri, le recyclage, etc., donc en amont. Et en aval, en intervenant auprès de la population pour faire du tri un réflexe au quotidien en le rendant plus simple et plus pratique."

"Les 18-25 ans trient un peu moins"

Lorsque l’on observe les chiffres, on constate que la région PACA est à la traîne: chaque habitant a trié en 2021 en moyenne 53,1kg d’emballages ménagers et de papiers contre 69kg pour la moyenne nationale. Avec de grandes disparités puisque la population des Hautes-Alpes affiche 101,7kg par personne sur l’année contre 69,6kg par Varois, 55,3kg par Maralpin... et seulement 36kg par personne dans les Bouches-du-Rhône. À quoi sont dues ces disparités? Plusieurs facteurs entrent en jeu, comme l’explique Christine Leuthy-Molina. "On constate que l’on trie plus difficilement dans les zones urbaines denses. Il est plus compliqué d’installer des dispositifs de tri, il y a moins de place dans les logements. Autre élément: les 18-25 ans trient un peu moins que les autres classes d’âges. 40% disent pratiquer le tri systématique contre 50% dans la population générale. Or, beaucoup de jeunes sont encore en études ou commencent leur vie active dans les grandes villes."

Tous les emballages dans le bac jaune

Pour aider les citoyens et leur donner le réflexe de trier, plusieurs choses ont été mises en place. D’abord la collecte de tous les emballages. Rappelez-vous: depuis 2018, tout part dans la poubelle jaune dans la métropole. "Cela a été permis parce que des trieurs optiques ont été mis au point pour détecter les différents types de résines plastiques dans les centres de tri. À terme, cela sera possible partout en France", indique Christine Leuthy-Molina.

C’est donc beaucoup plus simple: "Il n’est plus nécessaire de se demander si la barquette de jambon est recyclable ou non: à partir du moment où il s’agit d’un emballage, il peut être mis dans la poubelle jaune".

La marge de progression est encore grande. Seuls 48% des canettes en aluminium et 60% des bouteilles en plastique sont recyclées au niveau national par exemple. "Nous voulons donc multiplier les points de collecte, notamment hors du domicile: sur le lieu de travail mais aussi dans l’espace public, détaille la directrice régionale de Citeo. Certes, il y a de nombreux points de collecte mais on peut aller plus loin, en équipant notamment tous les lieux de consommation. Nous avons ainsi travaillé avec la mairie de Nice pour équiper la Promenade du Paillon de dispositifs de tri: les personnes peuvent jeter leurs emballages sur place dans des bacs dédiés. Dans le même ordre d’idées, un dispositif similaire va être installé à la gare de Cannes et à l’aéroport de Marseille." Cela demandera probablement encore du temps pour que chacun acquière les bons réflexes mais le jeu en vaut la chandelle.

Des composteurs ont été installés sur la Promenade du Paillon en mai dernier. L’expérimentation est pour l’instant un succès. (Photo C.D.).

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