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Notre tâche ? Arrêter la destruction de la nature

Mis à jour le 07/03/2020 à 11:14 Publié le 07/03/2020 à 11:14
La coalition pour la biodiversité, lancée mardi à Monaco, veut avoir une parole forte avant la convention sur la diversité biologique en octobre prochain.
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Notre tâche ? Arrêter la destruction de la nature

Une coalition pour la biodiversité a été lancée, mardi au Musée océanographique. Elle sera pilotée par la Commission européenne, qui a passé le relais aux Nations Unies sur la lutte contre la pollution plastique

La lutte contre la pollution plastique ne se résume pas qu’à une cause continentale. Ce combat se joue à l’échelle mondiale. En 2017, l’Union européenne lançait une coalition d’aquariums contre les déchets marins, avec un leadership assuré, en partie, par l’Institut océanographique de Monaco. Trois ans plus tard, 212 entités ont grossi les rangs de cette machine à sensibiliser le grand public. De Berlin à Osaka. Du Cap à Lisbonne. D’où cette passation de pouvoir, ce mardi matin au Musée océanographique de Monaco, en présence du prince Albert II. La Commission européenne a passé le relais à une plus grosse machine : le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP).

« 8 millions de tonnes de plastique dans nos océans chaque année »

« La nature est la pierre angulaire de notre existence sur cette planète. Le fait d’endommager une partie du système endommage le reste, confie Inger Andersen, directrice exécutive de l’UNEP, qui a, par ailleurs, dressé un funeste tableau de l’état général de notre planète. Les déchets marins sont un fléau immense pour le monde et une menace critique pour nos océans et mers. Huit millions de tonnes de plastique se retrouvent dans nos océans chaque année. Cela pollue nos mers, tue la vie marine, détruit les écosystèmes, ruine les moyens de subsistance, nuit à notre économie et à notre santé humaine. Notre tâche consiste à arrêter la destruction du monde naturel afin que nous puissions maintenir toute vie sur terre. Y compris la nôtre. »

Pour Inger Andersen, cela passe, d’abord, par une volonté sans relâche de sensibiliser.

Au Musée océanographique, par exemple, l’un des bassins a été baptisé « Profanation ». Au fond, on y retrouve des bouteilles, des canettes, des assiettes en plastique. Et même une cuvette de WC. Funeste vision. Eh bien, les déchets collectés l’ont été lors d’une plongée opérée par l’artiste militant Philippe Pasqua.

« Ce bassin avait fait débat en interne. On s’interrogeait sur le fait de le présenter, ou non, au public. J’ai tranché, retrace Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique. Avec le recul, on a bien fait. C’est sans doute le bassin le plus photographié par les visiteurs. Depuis le début de cette campagne, de grands progrès ont été faits comme l’abandon du plastique à usage unique. Le message n’était pas aussi clair, il y a trois ans. »

Une nouvelle coalition

Autre temps fort de cette matinée : le lancement d’une nouvelle coalition, cette fois pour la biodiversité. Laquelle, pilotée par la Commission européenne, ratisse plus large : aquariums, jardins botaniques, zoos, parcs nationaux, musées des sciences et d’histoire naturelle. « Le champ est plus large, précise Robert Calcagno. La coalition comprend toutes les pollutions : plastique, métaux lourds, gaz à effet de serre. On va travailler à des expositions. Depuis plusieurs mois, on travaille sur celle de cet été, Immersion, qui plongera littéralement le visiteur au sein de la plus grande barrière de corail. »

Virginijus Sinkevicius, commissaire européen chargé de l’environnement, des océans et de la pêche, a déclaré à ce propos : « La crise de la biodiversité constitue une partie importante du changement climatique. La protection et la restauration de la biodiversité non seulement assureraient la préservation de la nature pour les générations futures, mais contribueraient aussi à lutter contre le changement climatique et à éviter des conséquences négatives pour notre alimentation, notre santé et notre économie. Il est urgent de prendre des mesures à l’échelle mondiale, sinon la seule possibilité qui nous restera d’observer la nature sera de nous rendre dans les zoos et les jardins botaniques, ce qui représenterait un échec pour l’humanité. »

Le lancement de cette nouvelle coalition n’est, semble-t-il, pas un hasard du calendrier. En octobre 2020, se tiendra la quinzième réunion, ô combien cruciale, de la convention sur la diversité biologique en Chine. La COP 15. Les 196 parties devraient y adopter un nouveau cadre mondial, destiné à protéger et à restaurer la nature. Un cadre qui, dans le milieu, serait tout aussi indispensable que l’accord de Paris portant sur l’urgence climatique.

« Aujourd’hui, nous sommes conscients des dangers qui menacent nos océans : pollution, impact du changement climatique, surpêche, destruction des côtes… Il existe une cause majeure : l’activité humaine. Pour lutter contre ces dangers, il ne suffit donc pas de changer les normes ou de négocier des accords internationaux, même si cela est bien sûr nécessaire et essentiel. Il s’agit de sensibiliser le plus largement possible nos contemporains. Les changements les plus profonds et les plus essentiels ne peuvent venir que d’eux. Ils viendront de leur attitude de consommateurs responsables. Ils viendront de leur capacité à changer leurs habitudes, même les plus infimes. Ils viendront de leur propre changement. »

Mardi 3 mars, à l’Institut océanographique.

Virginijus Sinkevicius, commissaire européen chargé de l’environnement, des océans et de la pêche, a annoncé le lancement de la nouvelle coalition pour la biodiversité.
Virginijus Sinkevicius, commissaire européen chargé de l’environnement, des océans et de la pêche, a annoncé le lancement de la nouvelle coalition pour la biodiversité. Sébastien Botella
Le Programme des Nations unies pour l’environnement, dont Inger Andersen est la directrice exécutive, coordonnera désormais la coalition des aquariums contre les déchets marins.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement, dont Inger Andersen est la directrice exécutive, coordonnera désormais la coalition des aquariums contre les déchets marins. Musée océanographique

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