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Monaco va tester un convertisseur d'énergie grâce au mouvement des vagues (et il pourrait remplacer les centrales nucléaires)

Mis à jour le 05/11/2019 à 08:19 Publié le 05/11/2019 à 07:55
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Illustration Photo JFO

Monaco va tester un convertisseur d'énergie grâce au mouvement des vagues (et il pourrait remplacer les centrales nucléaires)

Et si la SBM Offshore fabriquait du courant dans l’eau? Son convertisseur d’énergie houlomotrice unique au monde sera testé avec l’aide de l’État, en 2021, dans l’espoir d’une commercialisation

Monaco est une terre de défis. Et en matière d’environnement, un État pionnier. Conçu et développé par la SBM Offshore dans ses laboratoires de Carros, un convertisseur d’énergie houlomotrice unique au monde sera expérimenté dans les eaux monégasques à horizon 2021.

Durant douze mois, de longs tubes en caoutchouc immergés épouseront les mouvements des vagues pour les convertir directement en électricité. Un système présenté comme fiable, efficace, et respectueux de l’environnement.

Sollicités par la SBM Offshore, les services du gouvernement ont accepté de mettre à disposition un site interdit à la navigation s’étendant du bout de la digue de Fontvieille à la frontière de Cap-d’Ail, au large de l’héliport, pour réaliser un test préalable à une éventuelle commercialisation.

Décryptage d’une technologie révolutionnaire qui permettrait de produire de l’énergie propre à bas coût [50 euros/MWh, inférieur à l’éolien et au solaire, ndlr], sachant qu’un parc de machines pourrait produire 1.000 Mégawatts, soit l’équivalent de la puissance d’un réacteur d’une centrale nucléaire!

Pourquoi l’État monégasque s’engage?

"Si nous sommes aux côtés de la SBM Offshore pour cette première mondiale, c’est que la Principauté, sous l’impulsion de ses Princes, est depuis longtemps une terre d’innovation. Ici sont nées bien des initiatives, comme les premiers essais d’asphalte ou les prémices de vols en hélicoptère au Musée océanographique", a rappelé, ce lundi, Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement et de l’Environnement, évoquant "une Ville-état qui garantit des circuits courts de réflexion et de décision".

Une Principauté qui, pour répondre aux engagements du prince Albert II lors de la COP21, multiplie les innovations comme la centrale solaire sur le toit du Grimaldi Forum ou les boucles thalasso thermiques déployées dans les quartiers de la Condamine et du Larvotto.

Soixante ans après l’installation des premières pompes à chaleur, ces dernières couvrent d’ailleurs aujourd’hui "17% de l’énergie totale consommée en Principauté".

Des tubes en caoutchouc seront disposés 4 à 5 mètres sous la surface de l’eau, face à l’héliport de Monaco.
Des tubes en caoutchouc seront disposés 4 à 5 mètres sous la surface de l’eau, face à l’héliport de Monaco. Photo SBM Offshore

Grâce à la société Monaco Énergies Renouvelables, créée en partenariat avec la SMEG, l’État a même fait l’acquisition de huit centrales solaires en France, couvrant "10% de la consommation électrique de la Principauté".

Cette fois, le "risque" financier sera à la charge d’une entreprise privée, SBM Offshore. Mais Monaco a tout à gagner selon Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la Transition énergétique.

"Même si on ne peut pas bénéficier directement du résultat parce qu’il ne sera peut-être pas optimal en Méditerranée; promouvoir les énergies renouvelables, apporter notre pierre à l’édifice fait partie de l’ADN de la Principauté. En termes de convergence d’intérêts et d’objectifs, ce test est à l’image de Monaco."

"La Méditerranée n’est pas une zone à objectif commercial, c’est clair.Mais les conditions sont parfaites à Monaco pour tester l’intégralité de notre système", affirme Ambroise Wattez, directeur du développement des affaires Énergies renouvelables et systèmes énergétiques extra-côtiers pour la SBMOffshore.

Le savoir-faire de la SBM Offshore

Le chemin qui mène à la commercialisation est encore long pour la SBM Offshore. D’ici là, la prudence est de mise, notamment au regard des échecs cuisants de certains concurrents.

Implantée à Edimbourg (Écosse), la société Pelamis Wave Power avait par exemple installé trois "serpents de mer" au large du Portugal avant que tout ne s’arrête avec la faillite de sa société exploitante.

D’autres programmes ont également capoté de l’Atlantique au Pacifique. Mais dans cette course à l’innovation, la SBM Offshore affiche des garanties. "Nous sommes convaincus que les océans vont contribuer majoritairement au mix énergétique de demain.Ce n’est pas seulement une phase mais une transition."

Didier Beynet, directeur de l’antenne monégasque de la SBM Offshore, rappelant le savoir-faire maison "en matière de conception, fabrication et commercialisation de systèmes et d’équipements maritimes à destination de l’industrie de l’énergie". Energie longtemps fossile et de plus en plus « verte » depuis 2005.

Une première mondiale

"Le problème majeur de l’houlomoteur, c’est que ce sont des structures pour la plupart en acier qui subissent la corrosion et de très fortes charges liées aux vagues et nécessitent donc beaucoup de maintenance. C’est un cercle vicieux avec des structures houlomotrices classiques d’une tonne pour 1 MegaWatt. Il faut sortir de ce paradigme et ça ne peut se faire qu’avec du flexible", résume Ambroise Wattez.

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Illustration Photo SBM Offshore

Et la clé de la flexibilité, seule la SBM Offshore la détient grâce à une conception "bio-inspirée". Un "biomimétisme" élaboré grâce à des polymères électroactifs "qui assure une efficacité maximale du système".

Le secret? Une conversion directe de l’énergie, sans système intermédiaire hydraulique ou ajout de fluide. Aucune pièce mécanique et donc plus de résistance et moins de maintenance, là où d’autres innovations ont cédé sous l’effet du sel ou des UV.

Quelle production?

"La production nominale de la machine sera de 6 Mégawatts de puissance pour une unité. C’est comparable à une éolienne en mer. Un foyer français consommant à peu près 2 Kilowatts par jour; 6 Mégawatts assurent l’alimentation de 3.000 foyers", avance Ambroise Wattez.

Quel impact sur l’environnement?

Pour un projet commercial, la durée de vie de l’équipement sera de 20 à 25 ans. Avec quel impact sur la faune et la flore? A Monaco, durant le test, un suivi sera réalisé en partenariat avec la Direction de l’Environnement.

L’ancrage du dispositif se fera par des lignes, mais sans socles. Des ancres qui dépendront des sols des sites, selon qu’il s’agisse de sable, de cailloux, de boues…

Ambroise Wattez se veut rassurant: "La SBM Offshore a développé depuis plus de 60 ans l’intégralité des solutions d’ancrage dans le monde pour converger sur les moins impactants d’un point de vue environnemental."

Comment ça marche?

L’électricité sera directement acheminée vers la terre par des câbles électriques isolés, enfouis ou non.
L’électricité sera directement acheminée vers la terre par des câbles électriques isolés, enfouis ou non. Photo SBM Offshore

Après dix ans de recherche en laboratoire, la "faisabilité du concept [inventé par Philippe Jean, ndlr] a été validée en bassin de houle".

Des tubes en caoutchouc flexibles et remplis d’eau, ancrés aux fonds marins, forment des parcs à l’instar des fermes solaires ou éoliennes. L’expert Ambroise Wattez utilise la métaphore "du serpent qui a mangé une souris" pour décrire le mécanisme où, en réponse à la pression exercée par la houle, un mouvement de renflement parcourt chaque tube.

Ce mouvement est alors converti directement en électricité par l’intermédiaire de matériaux innovants : les fameux polymères électroactifs ou "anneaux générateurs". L’énergie créée est alors acheminée par des câbles électriques vers la terre ferme.

Ce projet "Wave Energy Converter S3®" a été lancé dans le cadre d’un partenariat technique avec l’École centrale de Nantes et l’IFP Énergies nouvelles, ainsi que l’aide du gouvernement monégasque et le concours des Investissements d’Avenir de l’État français confiés à l’Ademe.

calendrier

Mi-2020
La SBM Offshore entrera dans une période de "fabrication intensive". "Une grande partie des composantes du système va être construite dans notre laboratoire de Carros et la ligne de production sera 100% opérationnelle, avance Ambroise Wattez. Elle va produire les fameux polymères électroactifs, ces anneaux générateurs qui permettent de convertir l’énergie des vagues en électricité".

Courant 2021
Le prototype sera déployé en pleine mer à Monaco.12 mois d’expérimentation suivront "pour mesurer l’efficacité du système; tester les procédures d’installation, d’opération et d’urgence". Un suivi permanent sera assuré pour garantir "un impact le plus faible possible sur l’environnement".

L’énergie produite lors de cette phase de test sera-t-elle valorisée? "On a plusieurs solutions en tête. Il faut qu’on les arrête avec le gouvernement, mais la machine injectera des électrons dans le réseau électrique et ils vont être utilisés par des installations."

2022-2025
Le prototype éprouvé en mer, restera à franchir l’étape de la "ferme pilote" avant de basculer dans une commercialisation à grande échelle avant 2030.


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