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Monaco va aller plus loin que les autres

Mis à jour le 22/10/2018 à 05:15 Publié le 22/10/2018 à 05:15
Les croisiéristes ont obligation de passer au fioul léger.
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Monaco va aller plus loin que les autres

La pollution atmosphérique ne connaît pas de frontières.

La pollution atmosphérique ne connaît pas de frontières. Sur terre comme en mer, la vigilance est de rigueur. En juillet dernier, Monaco a décidé, par ordonnance souveraine, « d'obliger tous les navires présents dans les eaux monégasques à utiliser un carburant raffiné ou à avoir un dispositif de traitement des fumées », rappelle ainsi Marie-Pierre Gramaglia.

Une décision exemplaire selon Armelle Roudaut-Lafon, directeur des Affaires Maritimes, qui prévient : « Monaco va aller plus loin que ce qui a été décidé sur le plan mondial. »

Si l'Accord de Paris n'a pas visé directement le transport maritime, « le caractère global et la dynamique de cet accord ont eu des répercussions positives sur l'ensemble des secteurs à l'origine de l'émission de gaz à effet de serre », se réjouit le Directeur des Affaires maritimes monégasques. Une « onde de choc » qui a conduit l'Organisation Maritime Internationale (OMI) à s'engager, en 2 016 à Londres, « à limiter à 0,5 % de soufre la teneur des combustibles lourds à compter du 1er janvier 2020 ». Une avancée jusque-là freinée pour des raisons « d'ordre économique » par certains États.

Des engagements à convertir mais Monaco va d'ores et déjà plus loin avec cette nouvelle réglementation sur le fioul lourd, réputé plus nocif que les autres carburants, notamment pour sa teneur en soufre.

Les navires à quai en Principauté, ou ancrés dans ses eaux, « doivent utiliser un carburant raffiné contenant 0,1 % de soufre, au-delà des 0,5 % imposés en 2 020. S'ils continuent d'utiliser du fioul lourd, ils doivent disposer d'un système de lavage des fumées qui fonctionne en circuit fermé. Ce circuit fermé n'a pas été le choix de l'ensemble des ports mondiaux, mais nous ne voulions pas transférer en mer les polluants habituellement rejetés dans l'atmosphère », justifie Armelle Roudaut-Lafon.

L'utilisation d'un « scrubber » fermé impliquera que les eaux de lavages de ces fumées soient stockées à bord et ensuite déchargées dans des installations à terre. Mais pas forcément à Monaco. « Les navires n'ont pas l'obligation de décharger dans un lieu de réception adapté à Monaco. Nous avons pris contact avec des sociétés en France qui pourront venir, avec des camions citerne, pour puiser et déposer les déchets dans des installations de réception », précise le directeur des Affaires maritimes.

Actuellement, la « quasi-totalité » des navires marchands, en particulier les navires de croisière, carburent au fioul lourd pour une raison simple : son faible coût. 200 dollars de moins à la tonne. Moins cher mais plus nocif.

« Cette nocivité a été démontrée de façon unanime depuis plusieurs années et par de nombreuses études. Les particules émises aggravent considérablement les risques de maladies pulmonaire et cardiovasculaire, réaffirme Armelle Roudaut-Lafon. L'un des principaux dangers vient du dioxyde de soufre. Il y en a jusqu'à 3 500 fois plus dans le fioul lourd que dans la limite autorisée pour les carburants terrestres ou usines ! »

En réalité, les navires de croisière génèrent cette pollution atmosphérique en grande partie à l'arrêt. « Ils utilisent leurs machines de façon permanente pendant l'escale pour pouvoir produire de l'électricité nécessaire aux équipements de bord comme la climatisation ou les ascenseurs. »

Destination phare de luxueux croisiéristes, la Principauté pourrait-elle perdre de son attrait avec ces mesures draconiennes ? Non, selon Daniel Réalini, directeur général adjoint de la Société d'Exploitation des Ports de Monaco (SEPM). « J'avais annoncé cette réglementation monégasque dès mars 2018, à la grand-messe annuelle des croisiéristes à Miami, elle n'a pas eu pour effet d'effaroucher les compagnies de croisière. Pour cause, depuis 2 016 en Europe, les bateaux de croisière qui restent à quai plus de 2 heures sont obligés d'utiliser le fioul léger. Donc, pour 2019, il n'y aura aucune incidence négative des mesures adoptées. »

Dès cet automne, des contrôles aléatoires à quai comme au mouillage débuteront sur les navires - peu importe leur pavillon - qui seront peut-être bientôt surveillés dans toute la Méditerranée selon Armelle Roudaut-Lafon. « L'OMI a instauré quatre zones de contrôle des émissions (Manche, Mer du Nord, Mer Baltique et Amérique du Nord). Un projet à l'étude en Méditerranée est particulièrement appuyé par la France, le Maroc et Monaco. »

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