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"L'océan est un milieu que l'homme a rendu hostile", regrette le directeur de l'Institut océanographique de Monaco

Mis à jour le 23/04/2019 à 11:23 Publié le 23/04/2019 à 11:23
Robert Calcagno a sorti un livre sur les tortues marines.

Robert Calcagno a sorti un livre sur les tortues marines. Photo archives Michaël Alesi

"L'océan est un milieu que l'homme a rendu hostile", regrette le directeur de l'Institut océanographique de Monaco

Directeur de l’Institut océanographique et auteur du livre Tortues marines: La grande odyssée, Robert Calcagno en dit plus sur le centre de soins et sa volonté impérissable de préserver la biodiversité marine.

>>RELIRE. PHOTOS. On vous emmène dans "l'Odyssée des tortues", le nouvel espace du musée océanographique de Monaco

Quelle est la genèse de ce centre de soins?

La genèse, c’est notre souci de contribuer à la conservation de la biodiversité marine. Et le fait que, de temps en temps, nous avons des difficultés avec celle-ci et notamment les tortues qui peuvent être blessées par des bateaux ou avalés du plastique et se retrouver dans l’incapacité de s’alimenter correctement. Il y a cinq ans, les usagers de la mer nous ont signalé une tortue de 125 grammes en hypothermie dans le port de Monaco. On l’a récupéré, soigné pendant quatre ans, sauvé puis relâchée. Son nom ? Rana (lire ci-dessous). Parfois, on nous signalait des tortues beaucoup plus importantes, de 50 à 60 kg. Celles-là, on n’avait pas la capacité de les accueillir. On a donc réfléchi à un centre de soins des espèces marines de Monaco pour pouvoir recueillir les tortues marines. Mais pas que.

Quelles autres espèces?

Tous les animaux blessés de la mer. Les grandes nacres, hippocampes, mérous. En général, on n’aime pas accueillir un animal malade au sein de l’aquarium du Musée parce qu’il peut porter une bactérie, un virus et contaminer tous nos autres pensionnaires. Là, on a pu réaliser ce centre avec un système d’eau indépendant de celui de l’aquarium, que je pourrais qualifier de sanitaire ou d’hospitalier. J’espère que dans quelques semaines, on va pouvoir récupérer et faire grandir des larves des grandes nacres, ces moules qui, aujourd’hui, subissent une épidémie et sont décimées dans toute la Méditerranée. Dans deux ou trois ans, peut-être, quand l’épidémie sera passée, on pourra les réintroduire. C’est un projet que l’on a avec le gouvernement princier. Pour l’heure, rien n’est arrêté mais on travaille dans cette direction.

Par ailleurs, on va faire de la reproduction d’hippocampes qui peuplent la réserve du Larvotto. L’idée est de récupérer des mâles, les aider à accoucher de ses bébés. C’est lors des premières heures, jours, mois que c’est le plus dangereux. En récupérant ces larves, en les faisant grandir puis en les relâchant par centaines, on aidera au repeuplement.

"On est en mesure de bien les accueillir"

Pourquoi un tel intérêt de l’Institut océanographique pour les tortues marines?

C’est un intérêt de longue date. Nous avons écrit un livre sur le sujet. Les tortues marines existent dans nos océans depuis plus de 100 millions d’années. Depuis deux décennies, elles souffrent énormément.

En tant qu’espèce migratrice, après leur naissance sur une plage elles parcourent des milliers de kilomètres pour se nourrir, grandir, se reproduire. Avant de retourner sur la même plage pour pondre les œufs. Dans ce périple, elles croisent bon nombre de périls. L’océan est un milieu que l’homme a rendu hostile. Pour une tortue en chasse, un sac en plastique ressemble à une sèche, à une méduse. Elle va essayer de le manger et ce sac en plastique va rester dans son estomac et empêcher la tortue de s’alimenter correctement.

Peut-on dire qu’aujourd’hui elles sont en voie d’extinction?

Elles sont menacées et inscrites sur la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature). Les sept espèces sont menacées, font l’objet de mesures de protection. La première protection que nous pourrions faire : ne pas polluer l’océan, en attendant que l’attitude de l’humanité soit plus vertueuse. Cela mettra 20, 30 ans. Il faut venir en secours aux tortues marines, d’où la création de ce centre.

Vous vous attendez à en recueillir beaucoup?

J’espère qu’on n’en recueillera pas trop car cela reste des tortues blessées et malades. Aujourd’hui, on est en mesure de bien les accueillir. Nous en avons déjà deux dans le bassin de réhabilitation qui ne sont plus capables de vivre en mer car incapables de se nourrir et de se débrouiller seules.

Et ces dernières années?

Il y a eu Rana qu’on a mise dans un petit bassin spécial dans un coin de notre aquarium. Il y a quelques années, on en avait recueilli deux blessées, encore avant une autre qui avait avalé un hameçon. Pour l’enlever, on avait dû l’opérer. À l’époque, on n’était pas signalé comme un centre d’accueil des tortues, à part si cela se passait dans le port de Monaco.

Quel a été le travail de sensibilisation avec les acteurs de la mer?

Il y a quelques semaines, le gouvernement princier et l’Institut océanographique ont accueilli tous les représentants des usagers de la mer : port, Affaires maritimes, Yacht-club, les pêcheurs pour leur présenter les tortues, leur indiquer ce qu’il faut faire quand ils en voient une en mer. Si vous en voyez une qui va bien, ne l’embêtez pas! Par contre, vous pouvez prendre une photo et nous les signaler. C’est intéressant pour nous de connaître les populations.
Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de tortues marines du côté de Monaco. Mais lors des journées d’observation du yacht-club, il n’est pas rare qu’ils voient des tortues marines, en plus des dauphins et des baleines.


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