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"L’impact carbone peut choquer": les transports de déchets des Alpes-Maritimes font réagir dans le Pas-de-Calais

Mis à jour le 16/11/2019 à 06:50 Publié le 16/11/2019 à 06:52
Un camion de déchets ayant pris la direction du nord.

Un camion de déchets ayant pris la direction du nord. Photo Gregory Leclerc

"L’impact carbone peut choquer": les transports de déchets des Alpes-Maritimes font réagir dans le Pas-de-Calais

Nice-Matin a enquêté dans le sillage et le fumet nauséabond des ordures ménagères du département. Avec une découverte assez ahurissante... Depuis le 30 octobre, 500 tonnes d’ordures ménagères ont été expédiées par la route, en camion, depuis le site du Centre de valorisation organique (Smed), au Broc, jusqu’à l’usine d’incinération de... Labeuvrière dans le Pas-de-Calais. Soit 2 400 kilomètres aller-retour!

Après plus de 1.200 kilomètres de route, la noria de camions - emportant depuis le 30 octobre les sacs-poubelles des Cannois ou Grassois - arrivait sur le site de Labeuvrière. Bienvenue dans le Pas-de-Calais, à sept kilomètres de Béthune.

Dans cette usine, les déchets sont brûlés. La communauté d’agglomération de Béthune-Bruay a confié la gestion du site jusqu’en 2026 à la société Valnor (Veolia). À leur arrivée, au terme de plus de dix-huit heures de route, les poids lourds azuréens étaient pesés sur le pont-bascule.

Les chauffeurs vidaient leur chargement dans la fosse d’environ 3.000 m³ avant que les ordures ne passent au brûlage. Pour faire fonctionner ses fours, le Centre de valorisation énergétique de Labeuvrière doit brûler 90.000 tonnes par an pour rester à température. Problème: il n’en reçoit que 75.000 de l’agglo et cherche le surplus à l’extérieur. Mais jusqu’où?

>> ENQUÊTE. Des déchets des Alpes-Maritimes envoyés par camions dans le nord, révélations sur une incroyable pratique

Nous avons contacté La Voix du Nord. Ses journalistes ont mené l’enquête de leur côté et interrogé les autorités.

Un arrêté préfectoral dans les tuyaux

Les questions posées par nos confrères ont provoqué quelque émoi au sein des pouvoirs publics. La préfecture du Pas-de-Calais a ainsi expliqué à La Voix du Nord qu’aucune distance d’approvisionnement en déchets n’avait été spécifiée dans l’arrêté d’installation de 1993. Le but était initialement de dépanner un département limitrophe, et inversement. Mais certainement pas les Alpes-Maritimes...

En réaction, les services préfectoraux du Pas-de-Calais affirment travailler à la rédaction d’un arrêté complémentaire pour inscrire une zone de chalandise d’environ 100 kilomètres autour du centre de valorisation. Il devrait être pris « prochainement », assure la préfecture sans plus de précision.

Veolia sommé de cesser ces pratiques

À la communauté d’agglo de Béthune-Bruay, on affirme comprendre l’émoi autour de ces transports venus de la Côte d’Azur.

On souligne que la gestion quotidienne du site relève de la seule responsabilité de l’exploitant.

C’est la Direction régionale de l’environnement qui aurait, selon le communiqué de l’agglo transmis à nos confrères, "constaté la semaine dernière l’apport de 400 tonnes de déchets (1) en provenance des environs de Nice, situation qui ne s’était jamais présentée, à notre connaissance".

Tout en admettant que ce transport ne contrevient pas aux dispositions de la délégation de service public - cette hypothèse semblait lors de sa rédaction improbable au vu des coûts de transport - l’agglo explique qu’elle va y mettre un terme.

"L’impact carbone de la valorisation, dans le Nord de la France, de déchets produits dans le Sud, peut interroger, voire choquer, comme celui, pour prendre un exemple comparable, des emballages ménagers envoyés dans les pays asiatiques pour y être recyclés. Les services de la Communauté d’agglomération ont donc demandé à l’exploitant de cesser cette pratique." Veolia évoque de son côté une situation "exceptionnelle".


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