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Les apiculteurs Lavoriero : Le travail de toute une vie détruit par cet insecte

Des ennemis, le couple d'apiculteurs en a un paquet.

Publié le 17/05/2016 à 05:06, mis à jour le 17/05/2016 à 05:06
Catherine et Marc Lavoriero ont débuté leur exploitation en 1985.
Catherine et Marc Lavoriero ont débuté leur exploitation en 1985.

Des ennemis, le couple d'apiculteurs en a un paquet. Il y a d'abord les conditions météo, toujours très aléatoires. Et puis, il y a ce foutu acarien parasite au nom barbare de Varroa destructor. Sans oublier le poison des pesticides, du fait de la main même de l'homme.

Mais s'il y en a bien un que Catherine et Marc Lavoriero haïssent au plus haut point, c'est ce satané frelon asiatique. Ennemi numéro un pour leurs ruches. Prédateur sans pitié pour leurs abeilles dont il ne fait qu'une bouchée. Si la première trace du frelon asiatique à Sospel remonte à 2011, c'est l'été dernier que l'insecte a fait des ravages.

Un carnage même.

 

« Toutes les conditions étaient parfaites pour une bonne récolte de miel de forêt, se rappelle Marc, bacchantes tombantes et béret noir vissé sur la tête. Et puis, il est arrivé ! »

L'attaque est rapide. Fulgurante. En dix jours, c'est l'hécatombe. « Sur cent ruches, on envisageait une tonne de miel sur tout l'été. Finalement, on a fait 70 kg… » Un grand écart de chiffres. Un désastre pour leur affaire, vieille de trois décennies. Car, bien sûr, il y a les abeilles qui tombent entre les crocs du frelon asiatique. Mais, il y a aussi les survivantes qui n'osent plus sortir de la ruche, de peur de connaître le même funeste sort. « Les reines voient leur capacité de pondre bloquée », s'attriste Marc Lavoriero.

Alors le couple de Sospellois a bien pensé aux pièges artisanaux. Pas suffisant pour endiguer le fléau, déjà bien ancré avec 60 nids recensés sur la commune en 2015. « C'est comme enlever le sel de la mer », caricature l'apiculteur. Il n'y a pas de solutions, on se sent démunis et abandonnés. »

La seule solution trouvée ? « Fuir ! », martèle Catherine Lavoriero, qui a pris la décision d'exporter bon nombre de ses ruches dans des départements préservés du frelon asiatique. Ain, Isère, Alpes-de-Haute-Provence… La conséquence directe de cette migration ? « Moins de revenus et plus de travail, regrette l'apicultrice. On a été obligés de tout repenser. On ne pourra plus faire le miel d'avant. »

 

Celui qui les a auréolés de 38 médailles. Celui qui a forgé la notoriété et le professionnalisme des Lavoriero.

En l'absence d'indemnisations, les deux sexagénaires s'inquiètent fortement pour leur exploitation. « On ne sait pas si notre fils, Guillaume va la reprendre, au vu des conditions actuelles. Franchement, c'est le travail de toute une vie détruit par cet insecte. On a que nos yeux pour pleurer… »

Et sans doute que le couple n'est pas au bout de ses peines. Car un nouveau prédateur fait son apparition autour des ruches. L'Aethina tumida. Un petit coléoptère, un nom lui aussi à consonance barbare, présent depuis peu sur le territoire européen.

Une menace réelle.

Un danger de plus pour ces apiculteurs, travailleurs passionnés du miel…

Offre numérique MM+

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