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"Le plastique en mer sert de nourricière pour les méduses", selon le directeur de l'Institut océanographique de Monaco

Mis à jour le 12/07/2019 à 09:48 Publié le 12/07/2019 à 09:55
Reconnaissable à sa couleur violette, la pelagia noctiluca est la méduse la plus répandue sur la côte méditerranéenne.

Reconnaissable à sa couleur violette, la pelagia noctiluca est la méduse la plus répandue sur la côte méditerranéenne. Photo Hervé Lillini

"Le plastique en mer sert de nourricière pour les méduses", selon le directeur de l'Institut océanographique de Monaco

Alors qu’elles pullulent sur nos côtes, Robert Calcagno, directeur de l’Institut océanographique, explique les raisons de leur prolifération.

Elles sont la plaie des vacanciers et des Azuréens. Les méduses pullulent sur la Côte d’Azur. Villefranche, Antibes, Cannes, elles sont partout ou presque. Les baigneurs piqués sur les plages du département se comptent par centaines.

>> RELIRE. Ces chercheurs de la Côte d'Azur ont mis au point une application pour géolocaliser les méduses (et ils ont besoin de vous)

Monaco a même dû hisser le drapeau orange. Pas à cause du vent ou des vagues, mais en raison de leur présence massive.

Où se baigner alors? La société biotoise Acri-ST propose un site Internet - meduse.acri.fr - qui permet de localiser les méduses sur chaque plage de la Côte d’Azur. Et ils font appel à vous. Une forme de "balance ta méduse".

Cela s’appelle de la science participative. En trois clics, vous pouvez signaler leur présence tout en aidant les chercheurs à mieux les observer.

Pourquoi infestent-elles nos côtes? "Le meilleur ami des méduses, c’est l’homme." Ce n’est pas une citation, mais le sous-titre du livre de Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco.

Son ouvrage "Méduses à la conquête des océans" est édifiant*. "Dans les années 70-80, les cycles étaient d’une douzaine d’années. On rencontrait des méduses durant trois ou quatre ans et elles disparaissaient quasiment durant six ou sept ans." Aujourd’hui, souligne Robert Calcagno, l’apparition des méduses est annuelle. On les voit même en hiver, dans des eaux plus froides.

Le plastique sert de nurserie

Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, a écrit un livre sur les méduses.
Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, a écrit un livre sur les méduses. Photo Mickaël Alesi

"Le réchauffement climatique est un facteur facilitant. La Méditerranée est en ce moment anormalement chaude. Il y a aussi la pollution plastique. Les déchets, barquettes, polystyrène, servent littéralement de nourricières aux méduses. Le polype aime se fixer dessus puis les vents et les courants amènent toute cette nurserie à la côte."

Selon le directeur général de l’Institut, le facteur le plus important de prolifération est le rejet de matières organiques et d’engrais en mer. "Ils permettent le développement du plancton. Hors c’est la nourriture principale des méduses. Par ailleurs, l’homme provoque la disparition d’espèces plus importantes comme les tortues marines et les thons, qui sont des prédateurs des méduses."

Selon Robert Calcagno, le déséquilibre dans la chaîne alimentaire, provoqué par la main de l’homme, favoriserait leur développement.

Doit-on alors s’attendre à ce qu’elles pullulent de plus en plus sur nos côtes à l’avenir? "Si l’homme n’arrive pas à se réconcilier avec l’océan et à avoir une attitude plus raisonnée, on peut être certains qu’elles vont continuer à proliférer. Ce n’est qu’en laissant l’océan se régénérer qu’on lui permettra de retrouver une chaîne alimentaire équilibrée où la présence de prédateurs permettra de contenir la présence des méduses."


*Robert Calcagno, Jacqueline Goy, éditions du Rocher


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