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"La situation est inédite", 94 % des Alpes-Maritimes en alerte sécheresse

Des mesures de restriction de la consommation d’eau s’appliquaient déjà dans 98 communes. La préfecture vient d’étendre le périmètre de son arrêté sécheresse. Seules dix communes y échappent.

Eric Galliano Publié le 24/05/2022 à 19:54, mis à jour le 24/05/2022 à 19:58
A Seillans, dans le Var, certains habitants sont désormais alimentés par des camions citernes. Photo Alain Brun-Jacob

"La situation est inédite", insiste le directeur de la DDTM Pascal Joubert. Ce service de l’État scrute l’état des ressources en eau du département. Pour cela la préfecture se base sur différents indicateurs. Tous traduisent le déficit pluviométrique dont souffrent les Alpes-Maritimes depuis plusieurs mois. "Les nappes phréatiques n’ont jamais été à un niveau aussi bas"; "plusieurs cours d’eau sont déjà à sec"; "l’indice d’humidité des sols a atteint un niveau décennal"... Autant d’arguments concrets qui ont conduit le préfet des Alpes-Maritimes à étendre le périmètre de l’arrêté sécheresse en vigueur.

Seul le bassin aval de la Siagne épargné

Le document recensait 98 communes en tension, nécessitant déjà la mise en ouvre de mesures de restrictions. Celles-ci viennent d’être étendues à 153 communes sur les 163 que compte le département. Seul le bassin aval de la Siagne y échappe encore. Pour la seule raison que ce secteur peut être réalimenté en eau par le lac de Saint-Cassien. Cannes, Pégomas, Mougins, Mouans-Sartoux, La Roquette-sur-Siagne, Mandelieu, Vallauris, Le Cannet, Auribeau et Théoule sont désormais les seules communes qui ne font l’objet d’aucune limitation... Même si les services de l’État invitent néanmoins leurs habitants à faire preuve de modération dans leurs usages.

Dans le reste des Alpes-Maritimes, le niveau d’alerte est désormais atteint. Ce seuil exige de réaliser 20% d’économie sur les consommations habituelle. Cela implique pour les particuliers de ne plus arroser leur jardin entre 9 heures et 19 heures ou encore de ne pas faire le plein de leur piscine, sous peine de se voir infliger une amende de 5e catégorie pouvant atteindre 1.500 euros. Les professionnels vont également faire l’objet de contrôle. "Nous ciblons plus particulièrement les gros consommateurs que sont les golfs, les collectivités qui ont la gestion des espaces verts ou encore les ports", détaille Pascal Joubert.

Pas de risque de pénurie à grande échelle selon la préfecture

Mais le représentant de l’État reconnaît que ces contrôles restent limités par le nombre d’inspecteurs susceptibles de les réaliser: trois du côté de la DDTM et 3 plus à l’Office français de la biodiversité. La préfecture mise surtout sur une prise de conscience qui seule permettra de réaliser des économies d’eau. "C’est l’affaire de chacun." Et le seul moyen de ne pas avoir à recourir à davantage d’interdictions. "Si la sécheresse se confirme, les mesures iront forcément crescendo", prévient le directeur de la DDTM.

 

Car pour l’heure les prévisions météorologiques ne sont guère encourageantes. Météo France pronostique un printemps et un début d’été sec. Un nouveau comité ressources doit d’ailleurs se réunir fin juin. En fonction de la situation le niveau d’alerte pourrait alors être renforcé. Ce qui élèverait à 40% le seuil des économies à réaliser. Néanmoins, les services préfectoraux estiment que le risque d’une pénurie d’eau à grande échelle est exclu. Même cet été. Ce qui ne veut pas dire pour autant que certaines communes du moyen et haut pays qui ne sont alimentées que par une seule source ne risquent pas de se retrouver à sec... Comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans le Var.

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