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La recherche océanique s’organise à Monaco pour peser plus lourd en Europe

Mis à jour le 27/03/2019 à 09:42 Publié le 27/03/2019 à 12:15
Toute la journée d’hier, les pontes de la recherche océanique européenne ont échangé.

Toute la journée d’hier, les pontes de la recherche océanique européenne ont échangé. Photo Michel Dagnino/Musée océanographique

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La recherche océanique s’organise à Monaco pour peser plus lourd en Europe

En se réunissant à Monaco, les plus grands centres de recherche océanique en Europe ont posé les bases d’une fédération. Pour parler d'une voix plus forte auprès des décideurs politiques et du grand public.

Les pontes de la recherche océanique européenne réunis en même temps. Ici, à Monaco, réputé pour son souverain défenseur de l’immensité bleue, sous le toit du Musée océanographique. Le clin d’œil ne pouvait pas mieux tomber. Dans le cadre de la Monaco Ocean Week, tout ce beau monde a pris la parole pour, au terme d’une journée d’échanges, poser les bases d’une fédération capable de peser encore plus face aux décideurs politiques. Capable aussi de mener une stratégie de communication participative auprès du grand public. Olivier Dufourneaud, directeur de la politique des océans à l’Institut océanographique de Monaco, nous en dit plus.

Cette rencontre en un même lieu est plutôt inédite. Pourquoi une telle réunion au sommet?
Les équipes des différents organismes se croisent sur des sujets techniques mais ce type de rencontre est très rare. On leur a proposé un temps de partage informel et stratégique pour identifier ensemble quels pouvaient être les solutions pour améliorer l’impact de la recherche marine. Cela part d’un constat : les questions sur l’océan ont percé dans l’agenda politique international grâce, entre autres, à la mobilisation personnelle du princeAlbert II.Par contre, l’impact sur la société reste assez limité et les grands organismes de recherche ont, parfois, le sentiment de rester en vase clos.Ils ont exprimé le besoin de renforcer le lien avec la société et d’accroîtreleur capacité de persuasion auprès des décideurs politiques.

"Porter cette voix dans les cercles politiques"

Comment s’y prendre ?
Cette rencontre a jeté les bases d’un groupe : Monaco Ocean Federation. L’objectif est d’avoir une parole concertée et de référence sur l’océan, d’élaborer un socle sur les grands enjeux scientifiques de l’océan, de construire un corpus comme la parole du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat sur le réchauffement climatique). Et, surtout, de porter cette voix dans les cercles politiques. Le prince qui était présent s’est engagé à être le relais, la voix de ce groupe.

Les chercheurs ont le sentiment de ne pas être entendus par les décideurs ?
Aujourd’hui, le discours scientifique, lorsqu’il est morcelé entre différents points de vue, apparaît plus comme un ensemble d’interrogations qu’un principe d’actions. L’idée retenue est d’orienter la science et la façon dont on communique, c’est-à-dire montrer que l’océan peut apporter des solutions en termes de santé, de bien-être, de régulation du climat. On n’a pas la prétention d’être aussi large que le GIEC mais, ensemble, on peut construire un discours suffisamment audible, crédible et légitime face aux décideurs politiques. On avait parmi nous le directeur général pour les affaires maritimes de la Commission européenne et le responsable de la science au sein de la branche océan de l’Unesco. Tous deux ont salué la constitution de ce groupe de pensée, de ce socle scientifique.

L’autre objectif est de renforcer les liens entre la science et le grand public. Comment ?
Ce qui est ressorti, c’est la nécessité de mieux former les scientifiques à la communication. Rares sont ceux qui sont à l’aise dans le domaine. Vis-à-vis du public, cela passe par développer les sciences participatives.Comme l’observation des océans avec le recensement d’espèces, l’identification d’espèces à partir de films pris par un robot sous-marin, récolter des données sur les déchets à l’occasion de campagne de nettoyage des plages. Il ne s’agit pas juste de communiquer mais de les associer à la démarche scientifique en partageant les questionnements, en leur expliquant pourquoi on étudie tel ou tel phénomène.

"Intérêt assez limité du public sur l'océan"

Y a-t-il un désintérêt du grand public pour les océans ?
Globalement, il y a un intérêt assez limité du public sur l’océan. On le constate via des enquêtes. Les gens voient la surface de la mer comme un paysage mais sont mal renseignés sur ce qu’il se passe en dessous: la diminution de la biodiversité, la problématique de la pêche… En revanche sur les questions de pollutions par le plastique, le constat collectif parle au public car cela relie l’expérience quotidienne du citoyen dans ses démarches de consommation et la conscience que les déchets peuvent se retrouver à la mer et rentrer dans l’alimentation des espèces marines.

Quelles sont les priorités de cette nouvelle fédération ?
Mettre en lumière les liens entre océan et climat, comment ce premier pâtit du changement climatique et comment celui-ci, en bonne santé, peut résister à ce phénomène. Mais aussi sur les pollutions marines du plastique et les effets sur l’homme et les écosystèmes et également un regard particulier sur les grands fonds marins.


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