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La parole sincère d'un chef papou sur notre monde

Mis à jour le 17/05/2018 à 05:14 Publié le 17/05/2018 à 05:14
Dans le Jardin japonais, Mundiya Kepanga retrouve les arbres qu'il aime tant.

Dans le Jardin japonais, Mundiya Kepanga retrouve les arbres qu'il aime tant. L.M.

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La parole sincère d'un chef papou sur notre monde

De passage pour la projection de son film Frères des arbres au Grimaldi Forum, le chef papou Mundiya Kepanga s'est confié sur l'environnement, la nature et la société occidentale

Lorsque tous les arbres auront disparu, les hommes disparaîtront à leur tour. » Des mots clairs, simples, francs. À l'image de celui qui les prononce, le chef papou Mundiya Kepanga. Ces mots clôturent son documentaire Frères des arbres, diffusé l'année dernière sur la chaîne Arte, et dont une nouvelle version plus courte a été diffusée hier matin aux enfants scolarisés à Monaco, et hier soir au public de la Principauté.

Chemise, pantalon, sandales, Mundiya Kepanga a adapté sa tenue, mais conserve sa coiffe en kangourou des arbres et plumes de cacatoès. Un couvre-chef modeste, qui remplace sa spectaculaire coiffe traditionnelle, qu'il a offerte au Musée de l'Homme de Paris.

Regard sage

Ce n'est pas la première fois qu'il vient en Europe et à Monaco, et il en garde un souvenir ému : « Monaco est un endroit minuscule avec des tours qui touchent le ciel. Et j'adore y jouer au casino. En France, j'aime le martini, le pastis, le cassoulet, les cabarets comme le Lido ou le Moulin Rouge. »

Loin des siens, de sa forêt, et de ses terres où l'on parle « 800 langues différentes », il pense à sa famille et à ses amis. Et il ne peut s'empêcher de s'interroger sur certains faits de notre société. Mais il le fait avec énormément de respect, de recul, et sans jamais juger : « Si je dis ce qui me choque, tout le monde va se dire que je critique vos coutumes. Ce ne serait pas très poli de ma part. Je viens d'ailleurs, je n'ai pas le droit de critiquer les coutumes de vos ancêtres. »

Cette délicatesse qui le caractérise ne l'empêche pas d'être intrigué, et à force d'insister, il confie : « D'abord, je dois vous dire que je trouve Monaco très différent de la France. Et ce qui m'étonne chez les Français, c'est qu'ils ont beaucoup de respect pour les animaux, comme les chiens à qui ils donnent à manger. Mais ils ne s'occupent pas de leurs propres frères et sœurs. Il y a des gens dans la rue qui n'ont pas de quoi manger, et personne ne les aide. Quand j'y réfléchis, je me dis que vous laissez ces gens dans la rue pour servir d'exemple à vos enfants, pour leur montrer ce qui les attend s'ils ne travaillent pas bien à l'école. » Un regard sage, impitoyable et naïf à la fois, qui pousse à s'interroger un peu plus sur le monde occidental.

« On ne donne pas d'ordres à la nature »

Cette vision interrogative, il l'applique aussi à nos politiques de protection de la nature. « Je suis triste que certains hommes politiques restent dans leur bureau et ne viennent pas sur le terrain voir la réalité du réchauffement climatique. Parce qu'à ce moment-là, ils deviendraient des défenseurs comme moi. Quand les hommes politiques se réunissent, comme à la COP21, on a l'impression qu'ils veulent donner des ordres à la nature. Mais c'est impossible. Ils veulent arrêter le soleil, changer le cours du vent et de la pluie. Mais personne ne peut dire au soleil d'être moins chaud. Même l'homme le plus intelligent de la Terre ne le peut pas. Il faut juste respecter la nature. »

C'est pour cela qu'il a décidé de faire un film. Pour transmettre ce message au plus grand nombre : « Je crois que la plupart des gens m'écoutent avec attention, tout simplement parce que vos propres terres, votre océan, votre nature est en train de se dégrader. Et ils savent que quand je parle de ma forêt, ça parle aussi de leur nature. »

Du chef au prince

À Monaco, il sait que la population est particulièrement sensible à ce sujet. Quand on évoque avec lui les actions du prince en la matière, le chef sage s'enthousiasme : « Moi je ne suis qu'un petit chef, mais j'aimerais beaucoup rencontrer le grand chef de Monaco. Je sais qu'il est très engagé pour la défense de la nature et j'aimerais en parler avec lui et l'inviter dans mon pays. Si jamais il lit cet article, j'aimerais lui dire que je l'invite dans mon pays pour parler de la protection des océans, pour laquelle il est très actif, et de la forêt. »

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