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L'extension en mer de Monaco inquiète l'Aspona

L'association environnementale de Roquebrune demande l'ouverture d'une concertation publique sur les risques encourus et la mise en place de garanties pour limiter les nuisances...

Thibaut Parat Publié le 10/04/2017 à 05:05, mis à jour le 10/04/2017 à 05:05
6 hectares seront gagnés sur la mer à horizon 2025 entre le Grimaldi Forum et le Fairmont.
6 hectares seront gagnés sur la mer à horizon 2025 entre le Grimaldi Forum et le Fairmont.

Titanesque. Quand on cause de l'extension en mer à Monaco, le terme n'est en rien galvaudé. Présentée comme l'écoquartier du XXIe siècle en Principauté, cette avancée de 6 hectares sur la Grande bleue donne toutefois des sueurs froides aux associations environnementales du secteur. Par la durée et la dimension de son chantier, dont les chiffres donnent - il est vrai - le tournis (lire ci-contre). Au premier rang desquelles l'Aspona (1), bien connue pour ses combats locaux. « On ne demande pas à être au milieu mais juste que les associations environnementales agréées aient une information transparente sur la façon dont le chantier va être mené et sur les nuisances que celui-ci va provoquer », prêchent Nadine Niel et Frédérique Lorenzi, les deux porte-paroles de l'association agréée.

« La mer n'appartient à personne »

Le va-et-vient des navires, les herbiers de Posidonie menacés, la pollution visuelle et sonore, la propreté des barges… Autant de dangers, selon elles, qui pourraient impacter la faune et la flore du Cap-Martin. Un site étiqueté Natura 2000. « L'environnement ne s'arrête pas à la frontière monégasque. On ne peut pas faire n'importe quoi sur un bien commun. La mer n'appartient à personne », poursuit Frédérique Lorenzi.

 

Dans une missive (2) adressée le 24 mars à la préfecture maritime, l'Etat, la DDTM 06 et les collectivités locales, l'Aspona formule une kyrielle de requêtes : « disposer de l'étude préalable d'impact sur l'environnement et des études houlographiques et courantologiques, être régulièrement tenue informée des mesures prises pour réduire les pollutions et nuisances sur les personnes et le milieu marin. »

Dans ce même courrier, l'Aspona appelle les collectivités locales à « assumer leurs responsabilités » et à négocier avec la Principauté pour « l'établissement d''une enceinte de concertation publique et de pilotage avec les parties prenantes, une information complète et l'établissement d'un régime d'indemnisation des préjudices subis, en cas de défaillance ou d'insuffisance. »

« On nous attend au tournant »

À Monaco, du côté du gouvernement, on préfère mettre en avant la palette d'études effectuées et les garanties solides mises en place sur le terrain pour « minimiser les atteintes » (lire ci-dessous). Le tout sous l'œil aiguisé de moult experts.

 

« Je sais que l'on nous attend au tournant, nous confiait, il y a peu, le prince Albert II. Il faut que nous soyons exemplaires sur son exécution et j'y veillerai personnellement (...)Il n'y aura pas zéro impact mais les procédures de travaux que nous avons déterminées doivent avoir le moins d'impact possible.»

Du côté des élus locaux, Jean-Claude Guibal refuse de tomber dans la suspicion et le soupçon.

« Sans être naïf, j'ai une réelle confiance dans ce que j'ai vu, entendu et compris sur les précautions prises par les parties prenantes de l'extension en mer. Il y a un souci de transparence avec les territoires voisins. Ce sont des gens très sérieux et exemplaire dans le domaine environnemental », confie le président du comité de pilotage du site Natura 2000 « Cap Martin », qui a récemment reçu une délégation monégasque.

Conscient que le combat a des allures de David contre Goliath, l'Aspona a sollicité la puissante ONG WWF (fonds mondial pour la nature). Pour peser plus lourd dans la balance ?

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