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L'asthme : un fléau moderne qui se soigne

Mis à jour le 21/05/2016 à 05:13 Publié le 21/05/2016 à 05:13
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L'asthme : un fléau moderne qui se soigne

Soins Cette maladie peut apparaître dès l'enfance ou se déclencher tardivement. Elle est liée à l'environnement dans lequel le patient évolue. Pollution et tabac font des ravages sur les bronches

L'asthme est un problème de santé publique. » Le Dr Christophe Perrin, chef du service de pneumologie du centre hospitalier de Cannes, est péremptoire. Plus de 300 millions de personnes seraient concernées dans le monde. En France, 7 % des adultes sont asthmatiques et 9 % des enfants. Des chiffres qui vont croissant : tous âges confondus, la maladie concernait 5,5 % des Français en 1998 contre 7 % en 2006.

« La progression de l'asthme est associée à l'augmentation des allergies qui est elle-même liée à la trop grande protection infantile contre les infections », souligne le médecin. Trop d'antibiotiques en particulier et une alimentation industrielle dépourvue de tout micro-organisme empêcheraient les enfants de développer leurs défenses immunitaires. « On a, par exemple, remarqué que la fréquence des allergies était moins importante en milieu rural, où on est plus exposé aux bactéries environnantes, qu'en milieu urbain. » Et le médecin de citer l'exemple des rhinopharyngites, fréquentes chez les bambins, certes gênantes sur le moment, mais qui les rendraient à terme moins vulnérables. « Des études ont montré que les bébés accueillis en crèche avant l'âge de six mois sont moins allergiques que ceux qui ont fréquenté des structures collectives plus tard », indique le pneumologue.

Des causes multiples

L'autre grand facteur aggravant de l'asthme est la pollution atmosphérique industrielle et aussi celle liée aux transports. « La pollution automobile provoque des effets particulièrement néfastes sur la santé respiratoire. Les particules fines et ultra­fines émises par les moteurs diesels causent des irritations bronchiques et peuvent être responsables de complications cardiovasculaires, déplore le Dr Perrin. Il est également montré aujourd'hui qu'une exposition chronique aux polluants peut engendrer une altération des défenses de l'appareil bronchopulmonaire. »

Insidieuse, la pollution pénètre aussi dans l'habitat et réalise des réactions chimiques avec les revêtements muraux et des sols en produisant des produits toxiques tels que les composés organiques volatiles.

Enfin, « un autre paramètre responsable de l'augmentation de la fréquence de l'asthme est l'obésité », indique le pneumologue. En effet, « le tissu adipeux entraînerait une réaction inflammatoire particulière au niveau bronchique ».

L'influence des états hormonaux

Il est important de comprendre que l'asthme est un état d'hypersensibilité de l'appareil respiratoire qui peut varier en fonction de l'environnement mais aussi dans le temps sous l'influence de certains états hormonaux. « On connaît bien par exemple la disparition des symptômes qui peut survenir au moment de la puberté, l'impact des règles chez une femme, d'une grossesse ou de la ménopause. »

Le médecin reconnaît qu'il est difficile de prédire l'évolution d'un asthme, « certains patients pouvant même développer un asthme à un âge très avancé - on parle alors d'asthme tardif - sans jamais avoir eu de symptômes au cours de leur vie ! ».

Ce qui compte, c'est de suivre les manifestations et de faire le maximum pour normaliser la fonction respiratoire. « Pris à temps, l'asthme est, en effet, une maladie réversible. Par contre, négligé il peut conduire au handicap respiratoire. » Et, les traitements de l'asthme ont beaucoup progressé au cours des dernières décennies. « Depuis les années 2000, la mortalité liée à l'asthme a baissé, se réjouit le pneumologue. Il en est de même pour les hospitalisations chez les patients de plus de 15 ans. Celles des moins de 15 ans restent par contre stables. » Surtout ne pas déposer les armes.

La première mesure à adopter lorsque l'on est sujet à l'asthme est d'assainir son environnement (poussière, acariens, ventilation mécanique, tabac, etc.) et de prendre soin de la sphère ORL (mouchage, etc.). « l'appareil respiratoire commence au bout du nez et s'arrête au fond des poumons ; n'oublions pas que c'est le seul organe en contact avec l'extérieur », insiste le pneumologue.

Concernant le traitement de l'asthme, il repose essentiellement sur les bronchodilatateurs et anti­inflammatoires à base de corticoïdes principalement administrés par voie locale via des aérosols doseurs. « Il est essentiel que le patient comprenne comment les prendre. Et le rôle du médecin est justement de bien expliquer comment les utiliser. Ce temps de la consultation est majeur, il permet aussi de faire comprendre pourquoi, par-dessus tout, le tabac doit être proscrit. Il rend résistant aux traitements… d'où l'urgence de se sevrer ! », martèle le Dr Perrin.

L'asthme sévère bénéficie de progrès thérapeutiques constants. « De nouveaux traitements immunologiques permettent parfois de se passer de cortisone par voie générale ».

Ces progrès ne découragent pas la recherche. « Des techniques de thermoplastie qui visent à chauffer une zone bronchique obstruée par l'asthme afin de permettre à l'air de passer à nouveau sont à l'étude. Mais il faut rester prudent, il s'agit encore de recherche clinique, réalisée dans des centres très spécialisés. »

L'hyperréactivité bronchique qui caractérise l'asthme est liée à deux éléments principalement : une constitution particulière de la bronche dans laquelle les muscles de la paroi sont plus épais et plus contractiles ; et un dérèglement du système nerveux végétatif qui donne une part plus importante au système broncho­constricteur.

Ainsi, une bronche d'asthmatique soumise à des agresseurs (allergènes ou non allergènes), va réagir en se contractant, être le siège d'une inflammation et même en hyper­sécrétant.

Le tabac a un effet dramatique car non seulement c'est un irritant qui va créer une inflammation bronchique mais en plus il rend résistant aux traitements de l'asthme, notamment aux corticoïdes.

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