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L’art de Kobra au secours de la planète Hamilton possède un de mes portraits de Senna

Mis à jour le 16/03/2019 à 10:01 Publié le 16/03/2019 à 10:00
Réputé pour ses portaits géants d’artistes et icônes de la paix (ici Dali et Mandela), Kobra doit terminer sa fresque sur l’environnement ce samedi, devant le Yacht-club de Monaco.

L’art de Kobra au secours de la planète Hamilton possède un de mes portraits de Senna

A l’initiative de l’association Brasil Monaco Project et avec la bénédiction du prince Albert II, le street-artist brésilien Eduardo Kobra peint actuellement une fresque sur le thème de l’environnement, qui sera accrochée, dès lundi, sur les remparts du Fort Antoine

Créée en 2012 par Luciana de Montigny, son époux et consul honoraire du Brésil à Monaco, André de Montigny, et Ramon Reiso, l’association Brasil Monaco Project « essaye de faire le pont entre le Brésil et Monaco dans des domaines tels que l’environnement, la santé, l’éducation et aussi les affaires ». L’association a notamment œuvré aux côtés des institutions monégasques lors de la Blue Initiative délocalisée au Brésil en 2015.

Chaque année, en juin, l’association organise également son grand gala caritatif en Principauté, en présence du prince Albert II. « 110 Brésiliens habitent à Monaco et de plus en plus de touristes viennent du Brésil », se réjouit Luciana de Montigny.

À moins d’être sociétaire du Yacht-club de Monaco ou licencié de la Société nautique, voire d’avoir flâné ces derniers jours sur le quai Louis-II, vous n’avez sûrement pas encore vu Eduardo Kobra à l’œuvre. Depuis quelques jours, le street-artist brésilien réalise pourtant une fresque de 7 mètres par 12 sur une bâche tendue au pied au Yacht-club.

Réputé pour ses murs colorés et ses portraits XXL d’icônes de la paix (lire page suivante), Kobra n’avait jamais eu à composer sur une “toile” aussi souple. « On n’a pas trouvé de mur à Monaco, alors on a décidé de le faire comme ça. J’espère revenir faire un vrai mur ! », plaisante l’artiste entre deux coups de bombe.

« Un an de travail »

À l’initiative de cette performance, la présidente et fondatrice de l’association Brasil Monaco Project, Luciana de Montigny (lire ci-dessous). « C’est la responsable de la Direction du Tourisme et des Congrès au Brésil, qui le connaît depuis des années, qui m’a donné l’idée de le faire venir à Monaco. Il y a un an qu’on travaille sur ce projet et, après l’inauguration de l’œuvre lundi prochain [à 11 h 30, devant le Yacht-club, NDLR], Monseigneur nous a donné l’autorisation de l’accrocher sur les remparts extérieurs du Fort Antoine pendant neuf mois. »

Une vitrine de choix pour cet artiste aux quelque 750 000 abonnés sur Instagram, dont chaque œuvre est porteuse de messages engagés. Parmi ses marottes : la dénonciation de la tauromachie, la surpêche ou encore le réchauffement climatique. À Monaco, ce dernier thème, et particulièrement la protection des océans, s’est imposé au vu de l’engagement du prince Albert II en la matière.

Kobra a choisi de réinterpréter un tableau de Dali, La persistance de la mémoire (1931), et ses fameuses montres molles. Sauf que là, ce monde se meurt. A Monaco, une banquise molle, fondant inexorablement, remplace la plage méditerranéenne et ses inaltérables rochers de Dali. Les montres faisant office de compte à rebours face à l’urgence d’agir à la sauvegarde de la Planète bleue.

« J’avais des larmes qui coulaient »

Technique et éthique, un diptyque indissociable du parcours de Kobra qui, chaque fois, emprunte les codes d’un de ses pairs pour y apposer son message.

« Au départ, je voulais faire quelque chose lié à l’Amazonie, mais c’est un peu compliqué avec le nouveau gouvernement brésilien. Ce sujet s’est finalement imposé au regard de l’engagement du Prince, révèle Luciana de Montigny. Eduardo m’a envoyé plusieurs photos de ses idées et quand j’ai reçu celle-là, j’avais des larmes qui coulaient. C’était exactement ce que je voulais. Il a même choisi Dali, sans savoir qu’il sera l’artiste de l’exposition d’été du Grimaldi Forum ! »

Timing parfait aussi, puisque la fresque sera livrée à l’aube du lancement de la 5e Monaco Ocean Week (du 24 au 30 mars).

Quant à l’unique réplique en petit format de l’œuvre, elle sera, dès que possible, vendue au profit de la Fondation Prince Albert II.

Perché sur sa nacelle, masque de protection sur le visage et doigts saupoudrés de résidus de bombes, Eduardo Kobra est dans son élément. Concentré et complice avec ses deux fidèles compatriotes qui usent généreusement du pistolet à peinture. Les pieds sur terre et le masque tombé, Eduardo relève son chapeau marron d’une classieuse pichenette, dégaine son plus franc sourire et vous aborde avec une “coolitude” toute brésilienne : « Tudo bem ? »

À São Paulo, ville d’origine d’Eduardo Kobra, la peinture clandestine est apparue sous la dictature militaire (1964-1985). Cryptés ou non, des slogans politiques ont alors fleuri dans les rues notamment grâce aux jumeaux Pandolfo (Os Gêmeos), véritables stars au Brésil.

Né le 1er janvier 1976, Eduardo Kobra n’est pas fait pour les bancs de l’école et s’épanouit dans la rue. « La rue est le moyen de se sociabiliser, de se distraire et aussi de protester contre l’exclusion. »

Autodidacte, il crée le Studio Kobra en 1995, use du noir et blanc puis peaufine un style coloré et une technique en 3D qui font de ses gigantesques fresques des toiles de cinéma. « Mon travail est l’association de la tendance tag, du graffiti américain, des muralistes mexicains et du graphisme géométrique », résume celui qui a battu son propre record du monde, en 2017, en réalisant une fresque de 6 000 m2 ! Un hommage aux petites mains du cacao commandé par une usine de chocolat de São Paulo.

Engagé dans la cause environnementale avec son opération « Green Pencil », Kobra poursuit un idéal : « transformer le paysage urbain à travers l’art et raviver les souvenirs de la ville ». Un devoir de mémoire incarné par une fresque, à Times Square, où un marin américain embrasse sa compagne le jour de la victoire des États-Unis sur le Japon. Œuvre réalisée à deux pas du cliché originel de ce baiser synonyme de victoire de l’amour sur la guerre.

L’année dernière, Kobra a peint pas moins de 18 murs à New York ! À travers le monde, il a déjà réalisé les portraits de Nelson Mandela, Gandhi, John Lennon, David Bowie, Bob Marley, Edith Piaf, Salvador Dali, Albert Einstein… Toujours avec se style envoûtant de kaléidoscope bariolé.

Le marin embrassant sa compagne à New York.  (DR)

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