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Il vient de Slovénie, un bout du glacier Triglav fait escale au Palais princier

C’est l’idée insolite de la Slovénie: sensibiliser le public aux changements climatiques, avec un fragment de glacier qui va voyager jusqu’aux JO d’hiver en Chine. Le Prince apporte son soutien.

CEDRIC VERANY Publié le 20/12/2021 à 12:15, mis à jour le 20/12/2021 à 12:14
Le souverain et Ciril Komotar qui lui presente un fragment du glacier Triglav, parti pour un voyage d’Europe jusqu’en Chine. Photo Jean-François Ottonello

Réputé comme étant le plus haut sommet de Slovénie, le mont Triglav culmine à 2.864mètres. Sur ses flancs, ce qui était auparavant le deuxième plus grand glacier du pays, fond comme neige au soleil. Cette mer de glace couvrait plus de 45 hectares à la fin du XIXe siècle, elle se limite aujourd’hui tout juste à la taille d’un terrain de football.

Face à cette érosion catastrophique due aux variations de climat, des représentants du Comité olympique slovène ont choisi de partir en croisade. Ce périple activiste a démarré de la capitale, Ljubljana pour sillonner plusieurs anciennes villes olympiques d’Europe et de Russie jusqu’à Pékin afin d’arriver, le 4 février pour l’ouverture des XXIVe Jeux olympiques d’hiver.

"La fonte des glaces va tous nous impacter"

Dans leurs bagages, des fragments du glacier transportés dans une boîte constamment réfrigérée par un système électrique pour arriver entier à Pékin. C’est cet attelage inédit qui est arrivé samedi dans les jardins du Palais pour se présenter au souverain.

"Ces prélèvements ont été effectués il y a deux semaines au sommet du glacier et étaient destinés à une opération scientifique, pour analyser les variations du temps contenues dans ces blocs. Nous avons eu la chance de récupérer certains de ces prélèvements pour entamer un périple ou nous allons éduquer, en chemin, celles et ceux que l’on croise parce que la fonte des glaces va tous nous impacter et nous montre bien ce qui est en train d’arriver à notre planète", détaille Ciril Komotar, qui guide le projet.

Il a reçu une oreille attentive du souverain, qui a apporté son patronage – tout comme le président slovène Borut Pahor – à ce road-trip environnemental à bord d’un véhicule hybride.

 

En effet, les fragments du glacier vont voir du pays, notamment plusieurs anciennes villes hivernales olympiques: Turin, Cortina d’Ampezzo, Garmisch-Partenkirchen. Puis Oslo, Lillehammer, Stockholm, Helsinki. Début janvier, l’équipe traversera la mer Baltique en direction de Saint Petersbourg en Russie. Puis Moscou, la Sibérie, la Mongolie pour atteindre la Chine et enfin Pékin, la capitale.

Un questionnement pour les prochains JO

"C’est une aventure, mais aussi une mission avec une grande responsabilité d’informer les publics sur ce qui se passe", poursuit Ciril Komotar, soucieux de sensibiliser les opinions à l’impact du changement climatique sur les glaciers alpins ainsi que sur les problèmes que rencontreront dans l’avenir les pays organisateurs des Jeux olympiques d’hiver. Plusieurs athlètes slovènes avaient d’ailleurs l’habitude de s’entraîner sur le Triglav pour pratiquer leur discipline… ce qui est aujourd’hui presque impossible.

Au terme de l’aventure, l’équipe du comité olympique slovène espère faire entendre son message. Les pains de glace seront eux fondus à Pekin. L’eau de glacier rejoindra un musée slovène. Une bouteille de cette eau, d’anciens fragments déjà fondus, a déjà été remise au prince Albert II pour le remercier de son soutien.

Arrivée à Pékin, la glace sera fondue en eau de glacier.
L’équipe du comité olympique slovène reçue au Palais princier.

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