“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Gros plan sur les méduses, ces créatures qu’on adore détester au Musée océanographique de Monaco

Mis à jour le 21/08/2020 à 11:41 Publié le 21/08/2020 à 11:41
Thomas Richard est en charge des méduses au Musée océanographique. Il en connaît un rayon sur ces étranges animaux.

Thomas Richard est en charge des méduses au Musée océanographique. Il en connaît un rayon sur ces étranges animaux. Dylan Meifret

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Gros plan sur les méduses, ces créatures qu’on adore détester au Musée océanographique de Monaco

Généralement annonciatrices d’une journée plage ratée, personne n’a envie de les voir pendant ses vacances. On est allé à la pêche aux infos sur les méduses au Musée océanographique.

Elles n’ont ni cœur, ni cerveau, ni squelette, et pas d’yeux. Est-ce pour cela qu’on adore les détester? Ou pour leur mouvement gracile, fluide et hypnotique?

On n’a pas vraiment la réponse à cette question. Ce qui est sûr, c’est que le bassin des méduses, au Musée océanographique de Monaco, est l’une des attractions préférées des visiteurs. Thomas Richard, technicien aquariologiste au musée, en charge du bassin des méduses, a sa petite idée à ce sujet: "C’est un animal particulier. C’est très hypnotique."

 À sa façon d’en parler, on comprend assez vite qu’on a affaire à un mordu des cnidaires (la famille à laquelle appartiennent les méduses). Alors on en a profité pour faire un tour d’horizon du sujet en quelques points.

Les méduses de chez nous

Elles sont rouges ou violettes, selon la perception que l’on a des couleurs, et elles font frémir le baigneur qui sommeille en chacun de nous. Ce sont les pélagies. Des créatures particulièrement désagréables. "Elle a des longs filaments, jusqu’à deux ou trois mètres. Quand vous la voyez, c’est déjà trop tard."

On est un peu surpris de ne pas les voir dans les bassins, mais il y a une bonne raison: "Nous n’avons pas de pélagies parce qu’elles mangent d’autres méduses. Donc, il faudrait élever d’autres méduses pour les nourrir." Quand on vous dit qu’elles ne sont vraiment pas sympathiques…

Seul bon point pour elles : elles sont un mets de choix pour les tortues.

Une reproduction étrange

"Les méduses partent de presque rien. D’un petit polype", explique Thomas Richard. Ce polype va donner naissance à une multitude de petites méduses.

Il y a même une méduse, au Japon, qui est presque éternelle. "Quand elle sent qu’elle arrive à la fin, elle redevient un polype, et de là, sortent plein d’autres méduses, avec le même patrimoine génétique."

 Une sorte d’immense tribu de clones. Autant dire que si les prédateurs ne sont plus dans les parages, c’est l’invasion assurée.

Tentacules fatals

"Il y en a qui sont plus ou moins urticantes. Il y a des spécimens très agréables à observer et très peu urticantes, comme la méduse “œuf au plat”. Les pélagies sont très urticantes, mais il y a pire", poursuit Thomas Richard.

Il y a toujours pire ailleurs. Et comme souvent, cet ailleurs, c’est l’Australie. Au milieu des grands requins blancs et des crocodiles de mer, vit un spécimen qu’on n’a pas du tout envie de rencontrer: "La chironex est une petite méduse qui vit dans les eaux australiennes. Elle est quasiment invisible avec de très longs filaments, et elle est mortelle."

Finalement, tout bien réfléchi, les pélagies, c’est pas si mal.

Une carte participative permet de repérer les méduses

Aller à la plage avec la peur de la piqûre, c’est pas super. Pour les grands inquiets, il existe un site qui permet de répertorier les apparitions de méduses. Issu du travail d’une entreprise biotoise, le site Méduse Acri permet à tout un chacun de signaler ses observations, sur une carte.

Y compris s’il n’y a pas de méduses. Ainsi, avant d’aller à la plage, ou de glisser ses orteils dans l’eau, l’utilisateur peut repérer si une méduse a été observée à cet endroit dans les 24 heures, les 48 heures, ou plus. Un picto en forme de méduse rouge, orange ou jaune apparaît alors. Si les utilisateurs ont signalé que la voie était libre, alors c’est un drapeau vert qui apparaît. Plus ou moins clair suivant la date de l’observation.

On peut sélectionner les observations cumulées sur 7 jours, 30 jours ou 90 jours. Les données ainsi récoltées peuvent ensuite servir aux scientifiques pour l’étude de ces étranges animaux. De là à imaginer que l’on pourrait avoir une carte météo des méduses, il n’y a qu’un pas. Qu’on se gardera bien de franchir. À Nice-Matin, nos collègues antibois avaient interrogé l’année dernière Antoine Mangin, directeur scientifique de la société, qui avait expliqué les difficultés pour établir un système de prévision: "Il n’est pas possible de prévoir exactement où elles vont se déplacer. Trop de critères sont en jeu. De plus, une erreur dans une prévision peut s’avérer problématique."

Il faudra donc se contenter des observations avant de choisir où planter le parasol. Ce qui, avouons-le, est déjà précieux.

Des méduses de différentes couleurs indiquent si des spécimens ont été observés dans les jours précédents.	(Capture d’écran du site meduse.acri.fr)
Apparition "miracle"

Vous ne la verrez pas vraiment. Pas plus dans cet article que dans les bassins du Musée océanographique. Car Lipkea Ruspoliana est toute petite, et peut-être un peu timide.

Mais ce que cette espèce a de remarquable, c’est sa présence dans les bassins du musée. Elle y a été découverte en 1998, dans plusieurs bassins à la fois, sans qu’il n’y ait nulle part la trace de son entrée. Pas de ticket, pas de numéro, pas de registre. Rien. Nada.

"Elle semble s’y plaire puisqu’elle est toujours discrètement présente", nous indique-t-on du côté du musée. L’anecdote ne s’arrête pas là: "C’est le seul site au monde, connu pour héberger cette espèce qui n’a jamais été retrouvée en Méditerranée depuis la première description en 1886 par Carl Vogt, d’après un spécimen pêché sur les côtes nord-ouest de la Sardaigne."

Et si en plus on vous dit que d’après le spécialiste japonais Tohru Uchida, il s’agirait de "la forme ancestrale de tous les cnidaires (famille à laquelle appartiennent les méduses, ndlr)"… Vous le voyez le miracle?

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.