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Face à la mer, un banc érigé avec des déchets plastiques à Monaco

Ce mardi en Principauté, le prince Albert II a inauguré une œuvre en forme de mobilier urbain réalisée par Stéphanie Natera. La plasticienne a utilisé 350 kg déchets plastiques, issus d'une vaste collecte, et invite à la réflexion.

Thibaut Parat Publié le 24/11/2021 à 17:00, mis à jour le 24/11/2021 à 11:34
La construction de ce banc, allure bronze, a nécessité 350 kg de déchets plastiques. Photo Jean-François Ottonello

À deux pas du Musée océanographique, sur le parvis niché au-dessus de la maison d’arrêt de Monaco, un nouveau mobilier urbain attire mécaniquement l’œil des badauds perdant leur regard vers l’immensité bleue.

Un banc, imitation bronze, dont les fondations prennent la forme de queues de baleine et de dauphins. Deux espèces menacées par les activités de l’être humain qui confond, trop souvent, les mers et océans avec des poubelles à ciel ouvert.

" Cette œuvre a été réalisée avec 350 kg de déchets en plastique, issus d’une large collecte, notamment grâce à des enfants. Je l’ai mélangé avec de la résine et j’ai réussi à trouver une solution chimique pour donner cet aspect de dureté ", confie Stéphanie Natera, la plasticienne beausoleilloise qui a conçu ce banc en partenariat avec Accobams *, dont le logo sert d’ailleurs d’assise.

 

Trois empreintes
de pieds princières

En baissant le regard, on aperçoit trois empreintes de pieds. Celles du prince Albert II, hérault de la cause environnementale, entourées de celles de ses enfants, le prince héréditaire Jacques et la princesse Gabriella. Et cette citation, puissante, écrite en arc de cercle : " Toute puissance est faible à moins d’être unie. Agissons ensemble pour la protection des cétacés. "

Objectif : réveiller les consciences, montrer que chacun, même à une modeste échelle, possède un rôle à jouer dans la préservation de la planète.

" On a placé ces empreintes et ce banc dans ce sens-là pour que, de façon ludique, tout un chacun puisse se poster face à la mer, face à ses responsabilités. L’idée est d’inviter à une réflexion sur l’avenir, à prendre du recul sur soi-même. La démarche d’Accobams et la mienne se rejoignent : on doit changer notre façon de vivre, de voir les choses, en utilisant moins de plastiques. Il faut du temps. Le problème, c’est que notre société nous enlève ce temps ", poursuit Stéphanie Natera.

À côté du banc, un totem rempli de déchets plastiques possède aussi une symbolique forte. " Il sert à démontrer que la mer fait une prière en disant ‘‘S’il vous plaît, arrêtez votre carnage’’."

Un écho direct à l’intitulé de l’œuvre urbaine : Ainsi soit-il.

 

* Accord sur la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente.

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