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Et si les nouvelles technologies venaient à notre secours pour mieux gérer notre consommation en eau?

Objets connectés ou applications numériques, les outils high-tech se développent pour aider les entreprises et les usagers de l’eau à préserver la ressource. Le délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau fait un tour d’horizon des solutions technologiques qui existent déjà.

Virginie Rabisse Publié le 20/06/2022 à 19:15, mis à jour le 20/06/2022 à 21:01
À l’instar d’appli développées par certains opérateurs de service public de l’eau, les nouvelles technologies peuvent venir à notre secours pour économiser de l’eau. (Photo DR)

Face à la problématique du manque d’eau et des ressources mises à mal par le changement climatique et les pratiques humaines, de nouvelles solutions doivent être trouvées. C’est la conviction de Tristan Mathieu. Délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, qui rassemble les sociétés délégataires de service public de l’eau en France, il est persuadé que l'évolution du métier passe par sa digitalisation et surtout celle des infrastructures. 

Ainsi, les nouvelles technologies peuvent-elles venir au secours des professionnels, mais aussi des usagers de l’eau lorsqu’il s’agit de l’économiser. Grâce notamment à celle déjà à l'œuvre, "on est passé en vingt ans d’une gestion qui consistait à assurer qualité et disponibilité de l’eau à une notion de service et de sobriété".

Tristan Mathieu est le délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, qui rassemble les délégataires privés du service public de l’eau. (Photo DR).

Des sondes connectées pour repérer les fuites

Pour économiser l’eau, il faut d’abord faire en sorte de ne pas en perdre. Autrement dit, il faut lutter contre les fuites et améliorer les rendements. "Aujourd’hui, les entreprises de l’eau affichent des rendements un peu supérieurs à 81%, souligne d’abord Tristan Mathieu. Soit 1 à 2 points au-dessus de la moyenne nationale, grâce à une attention particulière portée aux réseaux."

Parmi les mesures qui ont, dit le délégué général, permis d'économiser 700 millions de mètres cubes d’eau par rapport à il y a quinze ans: les sondes acoustiques connectées et installées sur les réseaux.

 

"Des capteurs enregistrent le bruit que fait l’eau lorsqu’il y a une fuite", explique Tristan Mathieu. Ces sondent détectent ainsi les déperditions, les localisent le plus précisément possible, et surtout, connectées, transmettent ces informations. Elles permettent ainsi une intervention et une prise en charge rapide de la fuite.

La plupart du temps, on cherche les fuites grâce à des sondes acoustiques. Mais leur version connectée, installée sur un peu moins de 5% canalisations à travers la France permet d’alerter dès qu’elles se produisent. (Photo doc. S. H.).

Bien sûr, insiste le patron de la Fédération des entreprises de l’eau, sur les quelque dix millions de kilomètres de réseau d’eau que compte la France, "il est impossible qu’il n’y ait aucune fuite". On imagine cependant aisément les économies supplémentaires qui pourraient encore être réalisées, si une plus grande partie du réseau était équipée de sondes de détection. Aujourd’hui en effet, moins de 5% des canalisations sont surveillées par ce système avant que l’eau n’arrive aux compteurs des usagers.

À noter que ces derniers peuvent aussi bénéficier de tels dispositifs, qu’il est par exemple possible d’installer dans les copropriétés ou même chez les particuliers: on peut trouver des sondes antifuite dans les magasins de bricolage et encore plus facilement sur Internet.

La télérelève pour surveiller la consommation d’eau

C’est le Linkie de l’eau. Un compteur intelligent et lui aussi connecté qui permet à la fois aux entreprises de l’eau de relever à distance la consommation de leurs abonnées et à ceux-ci de surveiller leur consommation.

 

Pour l’heure, 40% des usagers de l’eau via des entreprises privées sont équipés de la "télérelève". C’est par exemple le cas à Hyères. Ce dispositif a, à en croire Tristan Mathieu, plusieurs avantages. D’abord, à l'instar des sondes acoustiques, les compteurs intelligents permettent de détecter les fuites, après compteur. "Si on voit qu’un utilisateur continue d’avoir du débit entre minuit et 4 heures du matin, c’est sûrement qu’il y a une déperdition." Celle-ci peut donc lui être signalée, afin qu’il prenne les mesures nécessaires. "Grâce à la télérelève, plus de 100.000 fuites ont pu être détectées", compte Tristan Mathieu.

Au-delà de ce bénéfice très concret, la télérelève permet aussi aux abonnés de l’eau de surveiller leur consommation. "On peut imaginer qu’en ayant des informations plus complètes sur la quantité d’eau qu’ils utilisent, les abonnés pourront rendre des dispositions pour la réduire", espère le délégué général.

La télérelève, c’est la mise en place d’un compteur intelligent qui suit la consommation d’eau en temps réel. (Photo DR).

Et si ce n’est pas suffisant, les communes, ainsi capables de savoir précisément quand les besoins en eau se font plus pressants, pourraient prendre des mesures incitatives, comme un "signal prix". "C’est-à-dire, quand il y a sept fois plus de monde en été, la collectivité pourrait faire varier les prix à la hausse pour amener les consommateurs à plus de mesure dans leur consommation." Quitte à revoir les tarifs à la baisse en hiver, afin de conserver des prix moyens sur l’année.

Des applis et alertes "push" pour sensibiliser les usagers

La question de la sensibilisation des usagers est au cœur de la gestion de l’eau. "Les entreprises de l’eau s’appuient notamment sur les smartphones pour mener des campagnes numériques", détaille Tristan Mathieu.

Les abonnés peuvent ainsi, via l’application de leur fournisseur, s’inscrire à des alertes. Par "push", ils sont ainsi informés des périodes de sécheresse, de restriction, ou tout simplement de vigilance. Ils reçoivent aussi des informations sur l’économie d’eau et les niveaux de consommation. "Des personnes paramètrent, par exemple, leur application pour recevoir des alertes lorsqu’elles atteignent un seuil de consommation qu’elles ont prédéterminé", illustre le patron de la fédération.

Des simulateurs pour situer sa consommation

Savoir qu’on a consommé X milliers de litres d’eau, c‘est un premier pas dans la connaissance des ses usages. Mais encore faut-il pouvoir les analyser, afin de déterminer si cette consommation est "normale" selon la configuration de son foyer. "Ce sont des questions qui revenaient souvent de la part des usagers", indique Tristan Mathieu. Auxquelles les simulateurs de consommation, que mettent à disposition les entreprises de l’eau sur leurs sites Internet, permettent de répondre.

"Vous rentrez vos données, vous dites où vous habitez, qui compose votre foyer, si vous avez un jardin, etc. À partir de là, on vous donne la consommation moyenne qui devrait correspondre à vos usages", explique l’expert. Autrement dit, si l’estimation est inférieure à la consommation réelle, peut-être est-ce le moment de prendre des mesures pour économiser la ressource. Ou de poursuivre les efforts si la consommation constatée est inférieure à son estimation.

 

Si vous voulez savoir comment se situe votre consommation, vous pouvez par exemple remplir le simulateur du Centre d’information sur l’eau.

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