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Episode 2/6. Alerte rouge sur la biodiversité. Ce qu'il faut savoir sur les menaces

Mis à jour le 17/05/2019 à 14:16 Publié le 12/05/2019 à 20:11
Urbanisation: lorsqu'un habitat naturel est détruit, le retour en arrière est quasi impossible

Urbanisation: lorsqu'un habitat naturel est détruit, le retour en arrière est quasi impossible Franck Fernandes

Episode 2/6. Alerte rouge sur la biodiversité. Ce qu'il faut savoir sur les menaces

Comment estime-t-on les espèces? Est-ce la première fois qu'on se trouve face à une telle extinction? Pourquoi c'est préoccupant? Olivier Gerriet, zoologue et chargé de conservation au Museum d’Histoire naturelle de Nice et Patrice Francour, professeur d’écologie à l’Université Côte d’Azur nous aident à y voir plus clair.

On parle d’un million d’espèces menacées… D’où sort ce chiffre? Et comment a-t-il été calculé?
"8 à 10 millions d’espèces sont estimées, mais ce n’est qu’une estimation. Et moins de 2 millions sont connues, décrites, explique Patrice Francour, professeur d’écologie à l’Université Côte d’Azur." Un organisme (l’Union Internationale pour la conservation de la Nature) s’appuie sur un réseau mondial de spécialistes qui a évalué 100.000 espèces, et parmi elles 30 % sont menacées de disparition.

Est-ce que la première fois que des espèces disparaissent massivement?
Non. On a tous à l’esprit la disparition des dinosaures par exemple. "Il y a eu 5 grandes extinctions, mais elles se sont déroulées sur des millions d’années."

C’est le cas de l’extinction du permien, causée par des impacts d’astéroïdes et l’activité volcanique. Appelée "mère de toutes les extinctions" avec 95 % d’espèces qui se sont éteintes.

"Une espèce a une durée de vie sur terre, l’évolution fait qu’elle apparaît, et disparaît. Ce qui est problématique aujourd’hui c’est que cette durée de vie est très contrainte et raccourcie", précise Olivier Gerriet, zoologue et chargé de conservation au Museum d’Histoire naturelle de Nice.

"Dans cette 6e extinction, ce qui est frappant, note Patrice Francour, c’est la vitesse et l’ampleur de ces disparitions. Tous les groupes sont touchés."

Pourquoi c’est préoccupant ?
"Quand une espèce devient moins abondante, ça modifie très profondément le fonctionnement de l’écosystème", indique Patrice Francour. En mer par exemple : on pêche les sars « prédateurs » des oursins. Donc les oursins prolifèrent et dévastent les « forêts marines » d’algues brunes."

La disparition des forêts est très préoccupante. Car ces grandes algues brunes, accrochées aux rochers, font la photosynthèse et maintiennent la biodiversité. Moules et crustacées ne pourraient pas survivre sans la protection de la canopée. Elles représentent un abri mais fournissent aussi un lieu privilégié de nourricerie pour certaines espèces des eaux profondes.

>>RELIRE. Menacées de disparition, comment sauver les forêts marines?

Peut-on sauver une espèce en voie de disparition?
"Sauvegarder des individus dans des zoos pour éventuellement les réintroduire dans la nature peut être une bonne idée, si par exemple, une chasse excessive a fait baisser la population de cette espèce", explique Olivier Gerriet.

Mais cela ne suffit pas toujours, en particulier lorsque la cause de la disparition n’est pas mécanique: "Malheureusement, aujourd’hui, les problèmes qui impactent le maintien des espèces en milieu naturel ne sont pas en train de s’arrêter. Lorsqu’un écosystème est détruit, il est très difficile de revenir en arrière, cela prend des centaines voire des milliers d’années", poursuit le zoologue.


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