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Echanges peu urbains autour du PLU

Mis à jour le 26/05/2016 à 05:11 Publié le 26/05/2016 à 05:11
La concertation publique s'est transformée en recueil de doléances à l'encontre de Marie-Christine Throuret, entourée ici de Dominique Cesarini, adjoint à l'urbanisme, et Catherine Estellon du cabinet d'études Es-pace.

La concertation publique s'est transformée en recueil de doléances à l'encontre de Marie-Christine Throuret, entourée ici de Dominique Cesarini, adjoint à l'urbanisme, et Catherine Estellon du cabinet d'études Es-pace. Julien Avinent

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Echanges peu urbains autour du PLU

Il devait être question d'aménagement et de développement durable, mardi soir, à la salle multimédia. Mais la réunion publique au sujet du Plan local d'urbanisme a viré à la foire d'empoigne

Nous allons remettre un tout petit cadre à la réunion. Nous ne sommes pas ici pour régler les problèmes personnels », centre Marie-Christine Thouret. À maintes reprises, le maire appelle à l'apaisement. Convoque l'intérêt commun et la vision globale plutôt que le cas par cas et les tracas de chacun. Mais non. Rien n'y fait. Rien ne calme les remous de la salle multimédia. Autour du Plan local d'urbanisme, les échanges étaient tout sauf urbains lors de la réunion publique organisée mardi soir.

La soirée débutait pourtant dans le calme. Au micro, sur l'estrade, Catherine Estellon, co-gérante de l'agence Es-pace Urbanisme Architecture en charge de l'élaboration du PLU de Sospel, et Chloé Dervaux, chargée d'études, font défiler l'avancement du Plan local d'urbanisme. Elles viennent de boucler le projet d'aménagement et de développement durable (PADD). La phase 2 du PLU. « Un document cadre qui révèle le projet communal pour les 10 à 15 ans à venir. » Les deux professionnelles égrènent, au fil des diapositives powerpoint, les axes prioritaires pour l'avenir de la commune. Une sorte de diagnostic d'avenir. Pas rien.

Et le pré Saint-Etienne ?

« L'aménagement du territoire harmonieux et durable », « la protection du patrimoine naturel, agricole et forestier », « la maîtrise du développement urbain, la mixité sociale », « la limitation des zones constructibles ». Elles évoquent encore l'importance d'assurer « une croissance raisonnée de 1 % par an, soit environ 40 habitants et une vingtaine de logements par an. » Elles mettent l'accent sur « les réseaux et les transports qui devront être adaptés », « la pérennisation du dynamisme et l'attractivité de la commune », « le maintien de l'activité locale, de l'offre hôtelière, de la promotion du tourisme vert. » Elles parlent encore du renforcement de la cohésion sociale par la création de jardins partagés…

Mais au lieu de la verdure, ce sont les piques et les critiques à l'encontre de la majorité municipale qui bourgeonnent dans la salle remplie d'une cinquantaine de personnes. Et dans un langage fleuri, si possible.

« Et les problèmes qui existent déjà aujourd'hui… Comment y palliez-vous ? À la Vasta, il y a des soucis d'eau et d'électricité… », lance une dame au fond. Elle embraye sur les ruissellements issus d'une terre agricole. « Sales. » Et dit encore : « Allez-vous faire venir des gens là ? Et faire les réseaux avec des bouts de ficelle ? »

Chloé Dervaux, du cabinet Es-pace, indique que « l'idée est de maîtriser le développement excessif de cette zone. Pas de combler les dents creuse ».

« Quid du quartier Fontan ? » questionne un monsieur. Le stationnement de l'avenue Jean-Médecin, le cadastre obsolète y passent aussi. « Et la Condamine ? » fulmine un habitant. Il parle de « mitages », de « zones constructibles inconstruites », de « flou artistique de la loi ». « Vous avez comme stratégie de mettre les habitants devant les tribunaux », s'énerve-t-il contre le maire.

Dans la salle, on ne suit plus. Brouhaha inaudible. Ambiance foire d'empoigne. Le PLU et le PADD sont bien loin.

Marie-Christine Thouret invite les mécontents à inscrire leurs doléances dans le cahier de consultation publique et tente de ramener le débat vers « un cadre commun d'orientations. Vos observations vont nous servir à faire le zonage et à travailler plus en précision ».

Mais la salle est ailleurs. Une dame à cheveux courts bouclés prend la parole. Trois mots pour un projet enlisé depuis des décennies : « Pré Saint-Etienne. » Papier en main, elle lit : « Pourquoi y a-t-il un blocage sur le projet alors que le POS a été spécifiquement révisé le 29 mai 2008 pour répondre aux besoins de la commune ? » Cette proche du propriétaire du terrain, à qui le permis de construire a été retoqué en 2014, vise aussi le cabinet Es-pace « qui a présidé à l'étude et à la révision du POS et qui procède actuellement à l'étude du PLU et du PADD. Comment peut-il dire que ce qui était blanc hier est noir aujourd'hui ? »

« On se croit au tribunal ! »

Mise au point de la co-gérante du cabinet. « Un PLU n'est pas établi par un bureau d'études. Mais il s'imprègne d'un projet politique d'une municipalité. » Puis, une remarque plus loin, Catherine Estellon explose : « Il faut cesser ! On se croirait devant un tribunal ! »

Marie-Christine Thouret, elle, bouillonne en silence. Autre pique sur les logements sociaux que permettrait de créer le projet du Pré. « Nous avons aujourd'hui un déficit de 388 logements sociaux. Demain, nous pouvons créer un quartier avec seulement des logements sociaux. Mais je ne suis pas sûre que cela convienne à tout le monde », répond le maire. Jean-Mario Lorenzi, « l'ancien maire », remet une couche sur le Pré. « Et les dix-huit ans d'études et de travaux avec les services de l'État… Nous avions tout fait pour que ce site soit constructible… Quel est votre point de vue aujourd'hui ? » Marie-Christine Thouret balance en piqûre de rappel « les trois semaines restantes pour l'instruction du permis quand nous sommes arrivés. Quant à une solution sur le dossier, nous y travaillons, nous y réfléchissons ». Fin de séance.

Les jardins partagés patienteront…


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