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DOSSIER. Un an après son retour dans la région, la consigne du verre fait sensation

Mis à jour le 17/02/2020 à 12:00 Publié le 17/02/2020 à 11:00
Objectif de l'opération initiée par l'association Ecoscience Provence : relancer le principe de la consigne en créant un atelier de lavage dans la région.

Objectif de l'opération initiée par l'association Ecoscience Provence : relancer le principe de la consigne en créant un atelier de lavage dans la région. G.A.

DOSSIER. Un an après son retour dans la région, la consigne du verre fait sensation

COMMENT RÉDUIRE CES DÉCHETS QUI NOUS POLLUENT LA VIE. Episode 4. L’association varoise Ecoscience Provence est bien partie pour réussir son pari: créer une véritable filière locale de collecte, de lavage et de distribution de bouteilles de vin. Après une première série d’expériences concluantes, les vignerons de la région sont de plus en plus nombreux à vouloir se lancer dans l’aventure...

C’est bien connu: les meilleures soupes sont souvent faites dans les vieilles marmites. Parfois, c’est aussi dans les pratiques anciennes qu’il faut puiser pour réduire nos déchets. Et préserver la planète. Disparue au tournant des années 90 avec la new wave et les joggings en nylon, la consigne en verre est en train de signer son retour en France. Un retour prometteur et ambitieux...

Basée à Brignoles, l’association Ecoscience Provence travaille sur le sujet depuis près de deux ans. Son objectif: créer une filière locale de collecte et de lavage des bouteilles en verre.

Car "le recyclage ne suffit plus". Aujourd’hui, l’heure est au "réemploi"...

C’est quoi le problème?

Avant de se lancer dans l’aventure, l’association brignolaise a fait ses petits calculs. Avec "40 millions de bouteilles de vin produites et consommées chaque année dans la région", il y a effectivement un créneau à prendre... D’autant plus que, d’après une étude menée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), "78% des consommateurs seraient prêts à rapporter leurs bouteilles vides vers un point de collecte", tandis que 82% des viticulteurs sondés par l’association seraient favorables au recours des bouteilles consignées. 

Pierre Sautou, propriétaire du domaine de La Marseillaise à La Crau, a été le premier dans la région à participer à l'aventure.
Pierre Sautou, propriétaire du domaine de La Marseillaise à La Crau, a été le premier dans la région à participer à l'aventure. G.A.

Preuve que le concept s’inscrit plus que jamais dans l’air du temps, "la nouvelle loi "anti-gaspillage et pour une économie circulaire" adoptée en janvier indique clairement que la consigne et le réemploi des bouteilles est la direction à suivre pour toutes les boissons", appuie Marion Leclerc, chargée de communication pour l’association varoise. 

"Aujourd’hui, ajoute de son côté Bastien Vigneron, chargé de projet chez Ecoscience Provence, "tous les territoires français ont une structure équivalente à la nôtre qui remet en place une filière de consigne."

Premiers tests concluants

La première expérimentation a eu lieu au domaine de la Marseillaise à la Crau, fin 2018. Grand adepte de l’économie circulaire, Pierre Sautou, le patron des lieux, n’a pas hésité à prendre la brèche, convaincu que les consommateurs sont "de plus en plus réceptifs à ce genre de démarche", écologique et économique.

Après avoir testé le lavage d’un premier lot de 2000 bouteilles, le vigneron a remis ça en 2019. Heureux de constater que "les clients, et surtout les restaurateurs ont joué le jeu en rapportant les bouteilles vides."

>> RELIRE : VIDÉO. Économique et écologique, comment les consignes de verre ont fait leur retour en Provence

Près de 8000 bouteilles provenant des domaines de la Marseillaise (La Crau) et du Val d’Astier (Cogolin) ont été envoyées la semaine dernière à Chabeuil (Drôme), dans les locaux de "Ma bouteille s’appelle reviens".
Près de 8000 bouteilles provenant des domaines de la Marseillaise (La Crau) et du Val d’Astier (Cogolin) ont été envoyées la semaine dernière à Chabeuil (Drôme), dans les locaux de "Ma bouteille s’appelle reviens". Ecoscience Provence

Pour Ecoscience Provence, l’équation est purement mathématique. Le lavage d’une bouteille coûte environ 20 cts d’euro, alors que le prix d’une bouteille neuve peut vite atteindre le double.

"Beaucoup de domaines misent sur des bouteilles lourdes et originales pour se démarquer, ce qui fait qu’elles sont de plus en plus chères à fabriquer", rappelait Bastien Vigneron, chargé de projet, lors du premier test effectué à l’hiver 2018, avec une usine de lavage située en Bourgogne.

L’équipe varoise vient récemment de trouver un prestataire plus proche. Près de 8000 bouteilles provenant des domaines de la Marseillaise (La Crau) et du Val d’Astier (Cogolin) ont ainsi été envoyées la semaine dernière à Chabeuil (Drôme), dans les locaux de "Ma bouteille s’appelle reviens", une association qui dispose de sa propre unité de lavage. Ce nouvel essai s’est avéré "très concluant"

L’opération "représente 4 tonnes de déchets évités et une économie de 968,5 kg de CO2 non émis", calcule ainsi Marion Leclerc. Et d’ajouter, enthousiaste: "ce lavage nous a aussi permis d’un point de vue plus technique de valider les propriétés d'une nouvelle colle d'étiquette spécialement prévue" à cet effet.

Selon l'association varoise, le lavage d’une bouteille coûte environ 20 cts d’euro, alors que le prix d’une bouteille neuve peut vite atteindre le double.
Selon l'association varoise, le lavage d’une bouteille coûte environ 20 cts d’euro, alors que le prix d’une bouteille neuve peut vite atteindre le double. Ecoscience Provence

Et après?

En moins de deux ans, l’association varoise a donc lavé quelque 33.000 bouteilles (soit plus de 16 tonnes de déchets évités et 4000 kg de CO2 non émis). Le succès de ces expérimentations a surtout fait des émules. Le domaine du Bercail à Fréjus et les vignerons de Correns ont eux aussi annoncé qu’ils se mettraient à la consigne, dès cette année. 

"Aujourd’hui, résume Bastien Vigneron, l’idée centrale est toujours de créer une filière complète localisée au plus proche des consommateurs d’ici à l’horizon 2025." Autrement dit, disposer d’une usine de lavage implantée dans la région. Or, "pour justifier l’investissement d’une laveuse de bouteilles propre à la Provence et l’autofinancer, il faudrait collecter environ un million de bouteilles par an", précise le chargé de projet. 

Dit comme ça, cela peut paraître un tantinet ambitieux. Mais Bastien Vigneron est du genre à voir le pichet à moitié plein: "Un million de bouteilles sur les 40 millions qui sont produites et consommées chaque année en Provence, c’est raisonnable", estime-t-il. A condition toutefois de "continuer à travailler dans ce sens", en sensibilisant aussi bien les vignerons que les consommateurs, afin de créer une "vraie dynamique collective"

Une fois lavées, les bouteilles sont prêtes à être réutilisées.
Une fois lavées, les bouteilles sont prêtes à être réutilisées. Ecoscience Provence

Là encore, le chargé de projet varois se veut optimiste. "Plus on aura de volume, plus l’on sera efficace. Ce qui est encourageant, conclut-il, c’est que de plus en plus de consommateurs des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes se montrent intéressés par notre démarche." 

Preuve, s’il en est, que "tous les signaux sont au vert".


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