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Dépression, bizutage, syndrome d'asperger... Qui est Greta Thunberg, Suédoise de 16 ans devenue le visage de la défense de l’environnement?

Mis à jour le 19/08/2019 à 08:36 Publié le 19/08/2019 à 15:00
Greta a commencé à manifester seule devant le Parlement de Suède à l’été 2018. Depuis elle mène des cortèges dans le monde.

Greta a commencé à manifester seule devant le Parlement de Suède à l’été 2018. Depuis elle mène des cortèges dans le monde. Photo AFP

Dépression, bizutage, syndrome d'asperger... Qui est Greta Thunberg, Suédoise de 16 ans devenue le visage de la défense de l’environnement?

Personnage fascinant et clivant, la Suédoise de 16 ans est devenue le visage de la défense de l’environnement. Partie de Plymouth (Angleterre) le 14 août, Greta Thunberg a embarqué aux côtés de son père, Svante, du cinéaste Nathan Grossman et des deux skippers de Malizia II, Boris Herrmann et Pierre Casiraghi.

C’était le 20 août 2018. Greta fait l’école buissonnière et s’assoit devant le Parlement suédois avec une pancarte sur laquelle elle écrit "Skolstrejk för klimatet" ("Grève de l’école pour le climat").

Une idée née quelques jours après la fusillade de Parkland, le 14 février 2018 aux États-Unis, lors de laquelle 17 personnes avaient péri.

"Les jours suivants, les survivants ont décidé de ne plus aller en cours pour protester contre le danger représenté par les armes à feux aux États-Unis", rappelle celle qui mène aujourd’hui une "guerre" pour l’environnement.

"Pour qu’une action ait de l’effet, il faut qu’elle soit interdite, et illégale", ajoute celle qui a dévoré toute la littérature des conflits civiques et sociaux du XXe siècle.

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"Elle se faisait régulièrement bizuter"

Au premier jour de son sitting, personne ne se joint à elle. Au deuxième, un adolescent prend place à ses côtés. "Ça prouvait qu’il fallait continuer." Depuis, des marches se sont succédé dans le monde avec Greta en première ligne.

"Naïve", "manipulée"… Les critiques n’ont pas tardé à émerger sans que la jeune fille de 16 ans courbe l’échine. 

Si elle a décidé de prendre une année sabbatique depuis quelques temps, Greta avait vu son quotidien bouleversé bien avant. Déménageant et changeant d’école à Stockholm, en 2018. "Elle se faisait régulièrement bizuter", confiait son père dans le magazine Society.

À l’Ouest de la capitale suédoise, dans un quartier cible de l’extrême droite pour son fort taux d’immigration, Greta avait retrouvé un équilibre. "C’est bien mieux ici: personne ne juge personne et élèves comme professeurs sont très tolérants par rapport à ce que Greta fait. ils la soutiennent."

Car Greta a déjà connu la dépression à 11 ans.

Dépression et indigestion

Nous sommes en 2014. On lui diagnostique une forme d’autisme, le syndrome d’Asperger. Elle tombe dans le mutisme et se nourrit de moins en moins mais mettra ce mal-être sur le compte d’une indigestion d’informations négatives sur la santé de la planète.

"Un documentaire sur le Co2 a tout changé pour moi, confiait-elle à Society. Le narrateur y déclinait des solutions pour protéger la planète des émissions de carbone mais il finissait par avouer tristement: “Vu la situation, rien de tout cela n’existera de mon vivant”."

Les prémisses d’une révolte trop lourde pour elle? "C’est complètement injuste que ce soit des enfants qui soient obligés de prendre les choses en mains et de pousser pour qu’un changement puisse peut-être se produire. Mais est-ce qu’on a le choix?"

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Une ado imperméable à la critique

« Il n’y a personne derrière moi », assure Greta.
« Il n’y a personne derrière moi », assure Greta. Photo AFP

Poil à gratter des lobbys et grands dirigeants de ce monde, qui jugent son propos trop alarmiste, voire apocalyptique, Greta Thunberg reste pour l’instant imperméable aux critiques. "Ça me rend heureuse, en fait! Si même les haters parlent du climat et de moi, c’est qu’ils se sentent menacés par ce que je dis."

"Certaines personnes ont choisi de ne pas nous écouter. Ce n’est pas grave après tout nous ne sommes que des enfants. Par contre, vous avez le devoir d’écouter les scientifiques", a-t-elle martelé en juillet dernier, en France, face aux députés.

Recevant les répliques cinglantes de certains à droite de l’hémicycle. "Gourou apocalyptique", dira Guillaume Larrivé. "Prix Nobel de la peur", ajoutera Julien Aubert. "Greta a le courage de faire face à l’ignorance et l’injustice concernant la crise climatique", défend Boris Herrmann.

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On en oublierait presque que la cible n’a que 16 ans et que l’innocence de l’enfance ne l’a pas quittée à lire ses interviews. À bord de Malizia, Greta peut ainsi compter sur son père mais aussi... son doudou.

"Beaucoup de gens aiment répandre des rumeurs disant que j’ai des gens “derrière moi” ou que je suis “payée” ou “utilisée” pour faire ce que je fais. Mais il n’y a personne derrière moi, sauf moi-même."

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Que va-t-elle faire au Sommet de l’ONU?

« Timide », Greta Thunberg se révèle grande oratrice.
« Timide », Greta Thunberg se révèle grande oratrice. Photo AFP

Mettre les pieds dans le plat, rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sous le coude, et secouer le monde sans prendre de gants. Voilà la patte, et assurément le projet de Greta Thunberg le 23 septembre lors du Sommet de l’ONU sur l’action climatique.

Citée pour le prix Nobel de la Paix 2019, la Suédoise multiplie les discours percutants avec l’ombre d’une machine derrière elle.

Ses parents, un acteur et une chanteuse réputés qui ont mis leur carrière entre parenthèses, et un homme, Ingmar Rentzhog.  Cofondateur de la start-up We Don’t Have Time (Nous n’avons pas le temps), il avait été le premier à poster un message larmoyant sur internet le premier jour de la grève de Greta.

Quatre jours plus tard, sortait sa première autobiographie… Un spécialiste des relations publiques qui aurait de plus des ramifications avec les milieux de la finance et de la politique et aurait rencontré les parents de Greta en mai 2018 (trois mois avant sa grève) lors d’une conférence sur le climat.

Un homme qui ne serait pas étranger aux discours coup de poing de Greta, tel celui tenu lors de la COP 24 en Pologne, fin 2018.

"En 2078, je fêterai mes 75 ans, si j’ai des enfants peut-être qu’ils passeront cette journée avec moi, peut-être qu’ils me demanderont de parler de vous. Peut-être qu’ils me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait alors qu’il était encore temps d’agir. Vous dîtes que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur futur devant leurs yeux (...) Nous ne pouvons résoudre une crise sans la traiter comme telle."


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