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Comment le yachting veut verdir le secteur à Monaco ?

Mis à jour le 09/06/2021 à 15:25 Publié le 09/06/2021 à 05:05
En Principauté, l’industrie du yachting est un poids lourd dans l’économie, qui commence à réfléchir à rendre ses pratiques plus compatibles avec l’environnement.

En Principauté, l’industrie du yachting est un poids lourd dans l’économie, qui commence à réfléchir à rendre ses pratiques plus compatibles avec l’environnement. Photo Jean-François Ottonello

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Comment le yachting veut verdir le secteur à Monaco ?

La Mission pour la Transition énergétique a fait de ce sujet, le cœur d’une séance d’échanges ce mardi matin avec plusieurs professionnels de ce secteur, conscient de la nécessité du changement

Yachting et développement durable: l’alliance peut paraître antinomique tant la pratique peut paraître éloignée d’une dynamique de protection environnementale. Pour autant, la Mission pour la Transition énergétique (MTE) a pris le pari ce mardi matin, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, d’organiser une rencontre pour mettre en lumière des initiatives dans le domaine.

"Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur l’impact environnemental du yachting qui est réel. Mais nous constatons que de plus en plus d’entités du yachting signent le pacte national pour la Transition énergétique. Et nous avons voulu leur donner la parole et écouter leurs actions phares pour faire évoluer le yachting vers plus de responsabilité et moins d’impact", plaide Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la Transition Énergétique.

Un chemin encore long

Le secteur est aujourd’hui un point fort de l’économie monégasque. Dans le pays où la prétention environnementale est omniprésente, la prise de conscience est réelle chez les professionnels du yachting. Les solutions, encore timides. Mais l’expression dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières? Peut-être… si on veut être optimiste.

"Le chemin va être long, compliqué mais on voit de plus en plus de gens motivés", souligne Bernard d’Alessandri, le secrétaire général du Yacht-club de Monaco, point de focale de tout cet univers.

"Des initiatives pour respecter les océans"

Un signe encourageant ? L’intérêt montré pour la question environnementale par la compagnie Fraser Yachts, leader mondial dans la commercialisation de superyachts.

La société a été la première de son secteur à rejoindre le pacte monégasque. "Il y a une image toujours flouée de notre industrie et de son côté polluant, admet le PDG, Raphaël Sauleau. Mais les océans sont notre lieu de travail et de plaisir, il est naturel de prendre des initiatives pour les respecter et la Covid-19 a été un accélérateur dans ce domaine".

Un discours assez novateur dans une industrie malgré tout polluante. Le patron de Fraser avance un avantage: "Les fonds sont présents dans l’univers du yachting, et notre industrie pourrait être leader en termes d’innovation. Aujourd’hui d’ailleurs, certaines banques refusent de financer des bateaux ou des chantiers navals qui ne sont pas green".

De son côté, Fraser s’astreint à respecter et faire respecter une cinquantaine de mesures instaurées dans un guide maison, allant de l’usage de paille en bambou, à la réduction des lumières à bord d’un yacht. En passant par une réduction de la fréquence de nettoyage d’une cabine. "Bien sûr, on pourrait faire beaucoup plus, souligne le PDG. Mais il est déjà important d’agir pour l’avenir".

Sur les quais, le tri des déchets est possible pour tous les bateaux au mouillage.
Sur les quais, le tri des déchets est possible pour tous les bateaux au mouillage. Photo archives MM
Education environnementale à bord et à quai pour les yachts

Le credo de la société Etyc est de sensibiliser les membres d’équipages des yachts à de bonnes pratiques écoresponsables pour réduire notamment la production de déchets à bord des yachts.

"Nous développons une nouvelle manière de travailler, d’agir, avec des solutions concrètes sur tous les domaines du bateau", détaille Claire Ferandier-Sicard qui connaît bien les contraintes des membres d’équipages d’un yacht (c’est son métier) et qui a développé cette entreprise de solution.

"Bien sûr il faut s’adapter à la taille du bateau et à l’exigence des armateurs, mais nous proposons une norme pour les équipes avec des solutions innovantes".

Son premier terrain de jeu a été un yacht de 60 mètres. "Au départ, il y a eu beaucoup de méfiance et de scepticisme, puis nous avons atteint un niveau de fierté parmi l’équipage », assure-t-elle. Plaidant aussi à réduire les déchets plastiques qui s’accumulent. « C’est tout un processus, ce n’est pas seulement trier les poubelles mais plutôt éviter d’avoir ces déchets. Car dans beaucoup de ports du sud de la Méditerranée ou dans les îles, vous pouvez arriver avec vos poubelles triées, mais sur place il n’y aura pas de réponse disponible pour leur traitement".

En Principauté, où les yachts sont nombreux à mouiller sur les quais, la SEPM a depuis quelques années organisé les lieux pour le traitement des déchets.

Et l’aménagement se poursuit. Notamment lors de la future rénovation du quai Rainier Ier à l’aplomb du Fort Antoine.

le Monaco Energy Boat Challenge est attendu dans le port Hercule du 6 au 10 juillet.
le Monaco Energy Boat Challenge est attendu dans le port Hercule du 6 au 10 juillet. Photo archives C.D.
Un accent mis, en juillet, sur les bateaux à énergie propre

C’est peut-être l’initiative la plus porteuse mise en lumière ce mardi matin au cours de la table ronde: l’éclairage sur le Monaco Energy Boat Challenge attendu dans le port Hercule du 6 au 10 juillet. Cette huitième édition, organisée par le Yacht-club, sera fidèle aux précédentes sur sa philosophie: stimuler la créativité des ingénieurs de demain pour un yachting à énergie propre.

Le résultat donne souvent des embarcations futuristes voire carrément révolutionnaires embarquées dans cette compétition. Cette année, 350 participants formant 32 équipes en provenance d’universités du monde entier s’affronteront.

"En touchant les jeunes générations, on est au cœur du problème pour faire évoluer le yachting", souligne Bernard d’Alessandri.

"C’est un rendez-vous unique au monde. Au Yacht-club nous ne sommes pas des ingénieurs mais nous voulons être cette plateforme pour réunir des gens. C’est le rôle de Monaco qui a toujours été une base d’innovation"

L’exemple de Lanéva Boats

Dans ce filon, la société monégasque Lanéva Boats se pose en pionnière en créant des bateaux 100% électriques et sur-mesure depuis 2019.

"Aujourd’hui, notre objectif est d’évangéliser le marché en poussant les limites de la technologie, tout en proposant des choses qui répondent à l’usage des consommateurs", souligne François Richard chez Lanéva.

Un exemple? Répondre à la tendance du retrofit en équipant d’anciens bateaux à moteurs auxquels leurs propriétaires sont attachés, en y installant un moteur électrique pour cesser de polluer.

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