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Comment le prince Albert II est devenu le leader de la protection des océans

Mis à jour le 26/03/2019 à 08:31 Publié le 26/03/2019 à 08:30
Le prince Albert II entouré des 145 participants à la 10e Monaco Blue Initiative.

Le prince Albert II entouré des 145 participants à la 10e Monaco Blue Initiative. Photo Jean-François Ottonello

Comment le prince Albert II est devenu le leader de la protection des océans

Près de 145 experts et décideurs ont planché, dimanche et lundi, sur le développement et le renforcement des aires marines protégées. Le souverain estime qu’il faut aller plus vite et plus loin. La France reconnaît le leadership du souverain en la matière et lui assure tout son soutien.

"Pour la traduction simultanée des interventions en anglais, bouton 1. En chinois, bouton 2. En français, bouton 3." Le ton est donné dès l’entrée dans la grande salle de conférences du Musée océanographique. Les 145 participants à la 10e Monaco Blue Initiative viennent du monde entier pour faire avancer la réflexion sur la sauvegarde des mers et océans et, singulièrement, plancher sur les Aires marines protégées (AMP).

La traduction simultanée en chinois était sans rapport avec la visite officielle de Xi Jinping, la veille, à Monaco et à Nice. Elle était due à la présence dans la salle d’un certain Chuanlin Huo, qui n’était autre que le ministre de l’Écologie et de l’Environnement de la République populaire de Chine. Pas étonnant quand on sait que la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) aura lieu à Pékin en octobre 2020. Et que ce rendez-vous s’annonce majeur en matière d’aires marines protégées. Le sujet qui était justement au menu des discussions d’hier.

"Nous avons besoin de forces, de moyens et d’énergie"

À tout seigneur tout honneur, le prince Albert II, en français puis en anglais, a prononcé le discours d’ouverture de cet événement qui est né ici, à Monaco, avant de se dérouler une année sur deux en alternance à l’étranger et en Principauté, puis de revenir de façon permanente, désormais, sur le Rocher. Un souverain heureux d’accueillir cette dixième édition et de constater tout le chemin parcouru en neuf ans.

"Nous sommes toujours là, vous êtes toujours là et d’autres nous ont rejoints. Cet intérêt est pour nous une excellente nouvelle, car, face à une menace toujours plus précise, nous avons besoin de forces, d’idées nouvelles, de moyens et d’énergies."

Le constat est là: "Nous sommes encore loin de l’objectif de 10 % [des mers et océans préservés dans des AMP] convenus à Aichi." Or, enchaîne le souverain, "face aux menaces majeures, nous savons avec certitude que les aires marines protégées jouent un rôle, car elles peuvent servir de bastion contre la montée du niveau de la mer et la plupart des catastrophes naturelles".

"Le moment est venu d’accélérer le mouvement."
"Le moment est venu d’accélérer le mouvement." Photo Jean-François Ottonello

Et le prince Albert II de tracer le chemin à suivre: "Le mouvement en faveur de la protection de la mer gagne du terrain chaque année. Le moment est venu d’accélérer le mouvement avant qu’il ne soit trop tard. Le premier défi est de renforcer les aires marines protégées existantes, politiquement et juridiquement. Le deuxième défi est l’expansion de ces zones marines protégées, qui devraient couvrir un tiers de nos mers pour assurer une protection efficace."

Le souverain lance alors: "L’avenir de la planète est en jeu!"

Ambitieuse, la feuille de route que le souverain défend et va continuer de défendre sur la scène internationale, d’ici à la COP15 sur la biodiversité, en Chine. Initialement, l’objectif était de parvenir à la protection de 10 % des mers et océans à cet horizon. Nous n’y serons pas.

"Monseigneur, vous pouvez compter sur la France"

L’ambition du prince Albert II, affichée en ouverture de la 10e MBI, a été saluée par de nombreux participants, parmi lesquels la Française Brune Poirson, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. "Merci Monseigneur, nous manquons d’ambition et de leadership dans ce domaine", lui a-t-elle lancé, au début de son intervention.

Puis, dans un anglais parfait - Brune Poirson est née à Washington et a la double nationalité franco-américaine -, la représentante du gouvernement français, nommée le 20 mars dernier vice-présidente de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement, lui emboîte le pas: "Il faut être ambitieux. Et être ambitieux, c’est être réaliste: l’océan est notre poumon droit (...). On parle plus du climat que des océans. Or, le climat, la biodiversité et les océans doivent être placés au même niveau."

Brune Poirson s’adresse alors de nouveau au prince Albert II au moment de conclure son propos: "D’ici à la COP15 en Chine, vous devez pousser les gouvernements à être plus ambitieux. Monseigneur, vous pouvez compter sur la France. Nous serons toujours là pour soutenir votre leadership."

Hier matin, lors de la première session, Jane Lubchenco, professeur émérite et conseiller en études marines à l’Université de l’Oregon (Etats-Unis), a souligné que les AMP ne couvraient que 5 à 8 % des mers et océans.

Une surface d’à peine 2,2 % serait totalement sanctuarisée. Selon le député européen Ricardo Serrao Santos (Portugal), une bonne partie de ces AMP ne sont que "des parcs de papier", "des lignes sur une carte" sans consistance ni mesures de protection, "des fake news qui ne permettent pas de protéger l’écosystème".

Brune Poirson, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire: "L’océan est notre poumon droit."

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