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Comment des chercheurs de Monaco veulent sauver les coraux

Mis à jour le 23/12/2018 à 17:32 Publié le 23/12/2018 à 17:31
L’installation des échantillons de corail dans ces aquariums alimentés à l’eau de Méditerranée permettra à François Seneca d’établir si les anomalies de croissance observées sont dues à l’environnement, et donc peut-être à l’activité humaine.

L’installation des échantillons de corail dans ces aquariums alimentés à l’eau de Méditerranée permettra à François Seneca d’établir si les anomalies de croissance observées sont dues à l’environnement, et donc peut-être à l’activité humaine. (Photo L.M.)

Comment des chercheurs de Monaco veulent sauver les coraux

Une équipe du Centre scientifique de Monaco s’est rendue à Hawaï dans le cadre des explorations de Monaco pour observer d’étranges anomalies de croissance des coraux, qui évoquent des tumeurs.

"On ne parle pas encore de tumeur, mais il y a clairement des anomalies de croissances, et sur plusieurs espèces. Et elles sont différentes selon les espèces" explique François Seneca, docteur en biologie moléculaire au Centre scientifique de Monaco.

Ces anomalies de croissance, ce sont des masses rondes au milieu des délicates branches du corail, ou ces plaques roses qui recouvrent les polypes. S’il n’y a nul besoin d’être très savant pour se rendre compte que quelque chose coince, il faut toute la science des chercheurs du Centre scientifique de Monaco pour répondre à cette question cruciale: mais qu’est-ce qui cloche? C’est bien cela qui a convaincu François Seneca d’aller à Hawaï et d’embarquer dans sa valise son masque, son tuba et le Dr Dorota Czerucka. Elle est docteur en médecine. Ensemble, ils sont partis l’été dernier à bord de la goélette de l’expédition Tara, au nom des explorations de Monaco pour explorer le récif hawaïen. Rebelote au début du mois de décembre. Cette fois ils ont collecté 140 échantillons.

Ces plaques roses sont des anomalies de croissance.
Ces plaques roses sont des anomalies de croissance. (Photo Explorations de Monaco)

Rendez-vous en terrain connu

Ce territoire, il le connaît particulièrement bien parce qu’il y a effectué ses études au début des années 2000. "Ces anomalies de croissance, on les repère partout dans le monde. Quand j’ai quitté Hawaï en 2002, il y en avait quelques-unes. Aujourd’hui, il y en a partout" explique le scientifique. La raison est suffisante pour aller gratter un peu et voir ce qui se trame là dessous.

"Nous avons récupéré des échantillons de tissus sains et de tissus comportant des anomalies. Maintenant, nous cherchons si c’est tumoral, si ce sont des mutations, si c’est dû à des éléments de l’environnement extérieur ou si c’est génétique" explique Dorota Czerucka.

Ces recherches sont menées dans l’extraordinaire laboratoire du centre scientifique de Monaco, quai Antoine-1er. Derrière les nombreuses portes à l’accès réglementé, des petits bouts de mers du bout du monde sont reproduits dans des aquariums. On les observe et on analyse.

Dorota Czerucka a participé à la collecte : ici elle panse les plaies du corail avec une résine pour éviter d’éventuelles maladies.
Dorota Czerucka a participé à la collecte : ici elle panse les plaies du corail avec une résine pour éviter d’éventuelles maladies. (Photo Explorations de Monaco)

Le but? Comprendre ce qui se passe pour faire avancer la science sur le plan environnemental et sur le plan de la santé. Côté médecine, le Dr Czerucka explique: "Comprendre ce qui se passe dans ces micro-organismes peut permettre aussi de comprendre ce qui se passe chez l’homme. S’il y a des homologies, cela peut nous mettre sur la piste de nouvelles voies thérapeutiques."

Eh oui. C’est que physiquement, la surface du corail ressemble furieusement à celle de l’intérieur de notre intestin.

Éviter une crise migratoire majeure

Et côté environnement, comprendre permettrait peut-être de sauver ces coraux, ce qui représente un enjeu majeur d’après François Seneca: "Pour de nombreuses populations, les récifs coralliens représentent la seule source de protéine. Si le corail disparaît, toute la faune qui l’habite disparaît aussi. De plus, les barrières de corail agissent comme des petits brise-vagues qui empêchent une trop forte érosion du littoral. Sans les coraux, de nombreuses populations devront se délocaliser, et on assistera à des flux de migrants. Mais cette fois, ce ne sera plus pour des raisons géopolitiques."


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