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Bernard Fautrier : "L’électrique est passé à la vitesse supérieure"

Mis à jour le 30/03/2018 à 08:36 Publié le 30/03/2018 à 08:35
Bernard Fautrier, engagé très tôt dans ce qu’il est convenu d’appeler maintenant la transition énergétique.

Bernard Fautrier, engagé très tôt dans ce qu’il est convenu d’appeler maintenant la transition énergétique. Photo Jean-François Ottonello

Bernard Fautrier : "L’électrique est passé à la vitesse supérieure"

Le vice-président de la Fondation Prince Albert II, écolo de la première heure, constate une évolution nette du transport propre. De quoi attirer un large public au prochain salon Ever

Le tout écolo, le tout durable, le tout environnemental… Ce qui est considéré comme indispensable aujourd’hui, était audacieux au début des années 2000.

Dans la logique du prince Albert II et de son discours d’Avènement, Bernard Fautrier a fait partie de cette première génération de militants monégasques. Il préside Ever Monaco, l’événement dédié aux énergies renouvelables et à la mobilité durable le plus ancien de la Principauté. Depuis 2005, les constructeurs automobiles et de deux-roues, les énergéticiens et toutes les entreprises en relation avec le secteur lui sont fidèles au travers de la présentation de véhicules nouveaux et de technologies innovantes.

Le salon se tiendra au Grimaldi Forum, du 10 au 12 avril, avec plus de marques, plus de modèles et toujours des conférences et tables rondes pour ne parler que transport électrique.


Rencontre avec Bernard Fautrier, également vice-président et administrateur-délégué de la Fondation Prince Albert II de Monaco.


Quelles sont les nouveautés du salon cette année?
Nous favorisons les start-up. Et nous avons un bon partenariat avec le Riviera Electric Challenge. Nous avons convaincu les Italiens. Cette 4e édition devient internationale, s’appuyant sur trois pays: La France, Monaco et l’Italie. Cette épreuve a pour objectif de réaliser un parcours au moyen d’un véhicule électrique, en utilisant le moins d’énergie possible. Pour la première fois, une soirée étape sera organisée à Dolceacqua, commune de la province d’Imperia, en présence du maire et de personnalités italiennes.


Mais l’électrique n’est-il pas encore marginal?
Nous avons un millier de véhicules à Monaco, entre électriques et hybrides rechargeables.
Ça progresse beaucoup en ce moment. Avant 2020, nous espérons atteindre 5 % de la flotte des véhicules. Ça me paraît plausible. La plupart des voitures ont une autonomie de 300 à 500 km; et même 700 pour la Tesla.

"Une vraie prise
de conscience"


Longtemps les détracteurs de l’électrique ont pointé du doigt le coût des batteries…
Aujourd’hui, les propriétaires de véhicules achètent de moins en moins les batteries. Ils les louent pour 60 à 70 € par mois. La subvention d’État est par ailleurs de 30 %, plafonnée à 9.000 €. Mais je crois surtout qu’il y a une vraie prise de conscience. Il faut également savoir que les moteurs électriques n’ont jamais de problème, contrairement aux thermiques.


Le chemin est long…
Il y a 15 ans, nous n’avions pas les produits d’aujourd’hui. J’étais un missionnaire. Les voitures étaient difficiles à bouger. Aujourd’hui, elles offrent les performances, les reprises et le plaisir de la conduite. C’est une évolution technique mais aussi culturelle qui passe par la désacralisation du besoin de possession de son véhicule. Et le mouvement s’accélère depuis deux ans.


Combien aurez-vous d’exposants au salon?
Une quarantaine. Des grands constructeurs comme Daimler avec la Smart, Kia, BMW… Mais Ever, c’est aussi une série de conférences scientifiques et des ateliers grand public; également sur la maîtrise de l’énergie dans l’habitat.

"La neutralité carbone en 2050 c'est un défi"


Y a-t-il des modèles tendance?
Les SUV et crossover, hybrides et électriques plaisent beaucoup. Tout comme les Smart et les Twizy…


En ville, avec Mobee, la Twizy passe-t-elle à la vitesse supérieure?
La demande monte gentiment en puissance. II y a 250 à 300 abonnés. Le service des vélos à assistance électrique compte, lui, un millier d’abonnements. Le succès de l’électrique dépend des infrastructures de charges. À Monaco, le maillage est dense et les équipements sont dans tous les parkings publics disponibles gratuitement.


Il faut dire que l’ambition est grande en matière de transition énergétique!
Oui, la neutralité carbone en 2050, c’est un défi.

"Je suis tout à fait opposé à l'incinération"


Qu’est-ce qui pollue le plus?
La mobilité, le chauffage et climatisation et le retraitement des déchets. Il va s’agir de changer progressivement les chaudières au fioul puis au gaz à l’horizon 2030 pour des systèmes du type pompes à chaleur qui peuvent être installées dans tout type d’immeuble. Il est vraisemblable qu’il y aura des soutiens financiers à prévoir.


Quelle est votre position sur la gestion des déchets?
Il ne faut pas prendre de décisions précipitées. Il faut limiter le volume à traiter. C’est d’ailleurs la tendance. Il y a, là aussi, une mutation culturelle. Le volume des ordures à traiter se réduit. Nous arriverons à n’avoir plus que des déchets organiques.


Quel avenir pur l’incinération?
Je suis tout à fait opposé à l’incinération. C’est une technologie du passé. L’alternative est à regarder du côté de la méthanisation et du compostage.


Et le retraitement hors Monaco?
C’est une position politique. Je pense qu’il faut retraiter nos déchets intelligemment et chez nous. Un site hors de la Principauté nécessiterait un consensus absolu entre tous les acteurs.


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