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Bactérie Xylella Fastidiosa : la riposte des oléiculteurs

Mis à jour le 14/09/2019 à 10:33 Publié le 14/09/2019 à 10:33
« On ne va pas se contenter d’un arrachage systématique des arbres. »

« On ne va pas se contenter d’un arrachage systématique des arbres. » F. L.

Bactérie Xylella Fastidiosa : la riposte des oléiculteurs

Parce qu’une réunion avec les services de l’État n’a pas apaisé leur inquiétude, les oléiculteurs des A.-M. préparent une contre-offensive. Ils s’opposent au périmètre et pensent indemnisation

Chez les oléiculteurs, l’inquiétude est palpable. Elle se double d’un sentiment de gâchis après l’arrachage d’oliviers à Menton et Antibes. Dans le premier cas, un cailletier avait été infecté par la souche pauca de la bactérie Xylella. Deux arbres voisins ont été déracinés par mesure de précaution. À Antibes, c’est une autre souche, multiplex, qui s’était attaquée à un blanquetier, variété très localisée et donc infiniment moins répandue. Hier après-midi, après la réunion de crise qui s’était tenue le matin avec les représentants des services de l’État, les principaux artisans de la filière se sont concertés sur l’attitude à observer. Au cœur des débats : le périmètre et, déjà, le spectre d’une indemnisation. Jean-Philippe Frère, au double titre de la Chambre d’agriculture et de la FDSEA, est formel : « On ne va pas se contenter d’un arrachage systématique des arbres. »

Il rappelle que le département des Alpes-Maritimes compte environ 1,250 million d’oliviers, dont 450 000 entretenus, autrement dit cultivés. Avant le gel de 1956, le parc s’élevait à 2,5 millions de pieds.

« Avec ce périmètre, plus un arbre »

La perspective, évoquée dans la matinée, d’exposer des plants français à la bactérie en Italie, afin d’évaluer leur résistance, lui paraît tardive. Surtout si l’on tient compte du temps d’incubation pouvant atteindre cinq ans. Il déplore au passage qu’une demande remontant à 2016 et visant à l’arrachage de la polygale sur les 70 foyers repérés dans les A.-M. n’ait pas été suivie d’effet. « Cette plante d’ornement est présente sur de nombreux ronds-points, nous pensions que les communes pouvaient la supprimer. Le préfet n’a pas donné suite. »

Passé le constat, reste la méthode. Pour contrer la propagation de Xylella, des normes européennes risquent de conduire à l’éradication de tous les végétaux sensibles à la bactérie dans un rayon de 100 m. » Dans notre département, la taille moyenne des oliveraies est inférieure à 1 hectare. Autant dire qu’il ne resterait pas un arbre dans ce périmètre. »

Jean-Philippe Frère se demande si toutes les possibilités ont été étudiées : « Pourquoi pas une taille sévère ? En Italie, des oliviers que l’on croyait morts ont fini par repartir. »

« Qui paiera ? »

La filière croit savoir qu’aucune enveloppe n’est encore prévue pour indemniser les oléiculteurs. Avec une accessibilité souvent difficile, l’arrachage, s’il se révèle nécessaire, peut être onéreux pour les 4 000 « apporteurs » (qui fournissent des olives aux moulins) potentiellement exposés, dont une centaine de professionnels disposant d’un statut agricole. Si les insectes suceurs et piqueurs continuent de faire voyager la bactérie, se posera la question de l’indemnisation. « Il va falloir parler dédommagement », prévient Jean-Philippe Frère.

En filigrane se profile une autre inquiétude : celle de voir d’autres départements de production militer pour l’arrachage systématique dans les Alpes-Maritimes, à titre conservatoire. À quoi peut s’ajouter l’influence de la filière viticole qui, dans le Var, pourrait être tentée de peser de tout son poids en cas de menace sur la vigne.


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