Arrêter de planter des palmiers, remplacer les arbres abattus, créer des oasis urbaines... Vos 9 propositions pour des villes plus arborées

Y a-t-il assez d'arbres dans votre ville? C'est la question que nous vous avons posée en ligne. Vous avez été plus de 700 à participer à notre consultation et à suggérer des pistes pour des villes plus arborées.

Sophie Casals Publié le 17/01/2023 à 20:15, mis à jour le 02/02/2023 à 14:22
Vous êtes très nombreux à réclamer la plantation d'arbres, résistants à la sécheresse et qui font de l'ombre. Photo Franck Fernandes

Planter des arbres et remplacer ceux qu'on coupe

"Moins de béton, plus d'arbres. Il n'y a pas vraiment de mystère pour lutter contre le réchauffement climatique. On a vraiment souffert de la chaleur cet été, il y a urgence à planter plus d'arbres rapidement !" estime cette lectrice d'Antibes. Et vous êtes très nombreux, dans notre consultation en ligne, à réclamer la plantation d'arbres.
Notamment sur "les rues et places exposées au soleil", suggérez-vous.
"Il faut créer de véritables oasis d'ombres et de fraîcheur et coulées vertes," note ce Hyérois.
"Toujours plus d'arbres, dans toutes les rues, sur tous les toits, intégrés à de nouvelles architectures."

Si un arbre peut cacher une forêt, il peut surtout cacher le béton, et faire de la ville un espace naturel, adapté aux humains.

Vous proposez aussi de limiter les abattages et "que chaque coupe d'arbre soit remplacée par 2 arbres."
Sans oublier de mobiliser des propriétaires privés pour les "motiver à planter".

Limiter les nouvelles constructions et la place de la voiture

Au-delà de vos appels à augmenter le nombre d'arbres dans les grandes villes des Alpes-Maritimes et du Var, vous suggérez des pistes pour faire de la place à la végétation en ville.

Pour planter un maximum d'arbres dans les villes, il faut les repenser sans ou avec peu de voitures.

Vous appelez aussi à "réduire toutes nouvelles constructions à une taille plus humaine ce qui réduirait la circulation et la pollution. En réduisant les constructions, l'on pourrait augmenter la surface de plantation d'arbres."
Quand vous ne demandez pas tout simplement de sanctuariser des espaces dans les villes pour y implanter des jardins plutôt que des immeubles.

Obliger les promoteurs à prévoir des arbres et espaces verts

"Il faut contraindre les promoteurs à planter des arbres comme ils sont obligés de prévoir des places de parking", proposez-vous.

Certains avancent des chiffres: "obliger chaque constructeur d'immeubles à consacrer 15% de la surface du terrain, aux espaces verts."

"Dans certaines rues de Nice, il était coutume de laisser un peu de place pour de la végétation devant les immeubles, et c’est aujourd’hui les quartiers les plus appréciés et prisés, souligne un lecteur. A Cannes, par exemple, de nouveaux immeubles viennent en limite de trottoir alors qu’un peu de végétation donnerait une valeur certaine et l’entretien de ces espaces verts reviendrait aux copropriétés."

Tandis que ce lecteur varois suggère d' "interdire l'abattage des arbres qui ont plus de 30 ans lors de la construction de lotissements d'immeubles ou de villas."

Photo Franck Fernandes.

Arrêter de planter des palmiers

Vous êtes nombreux à relever les faibles services rendus par les palmiers par rapport au réchauffement climatique.
"Il faut planter de grands arbres pour avoir de l'ombre, également des arbres fruitiers et surtout arrêter de mettre des palmiers (qui ne sont d'ailleurs pas des arbres mais des plantes de la famille des orchidées) qui ne font aucune ombre," estimez-vous.
"Les palmiers de Saint-Raphaël font peine à voir et ne font aucune ombre. Et le réaménagement du bord de mer en prévoit d’autres," pointe ce lecteur.

Ils sont exclusivement décoratifs mais sans aucun intérêt contributif au réchauffement climatique ... Bien au contraire!

"Les vieux niçois ne peuvent que regretter de voir ces arbres qui n'apportent même pas d'ombre remplacer l'ensemble des arbres (certains majestueux) qui ont été abattus."
A Hyères, si certains défendent cette essence "signature" de la cité, en demandant le remplacement des palmiers victimes du charançon rouge vous êtes nombreux à plaider pour la plantation d'autres espèces. Tandis que certains Grassois demandent la "suppression des palmiers du jeu de ballon pour y replanter des arbres locaux tels les platanes."

"Nos palmiers ne sont pas très écologiques et sont présents dans de nombreuses rues de notre ville peut-être devrions nous intercaler des arbres à feuillage caduque tel que le paulownia par exemple, planter plus de tilleuls dans les ensembles nouvellement construits."

Mixer les espèces et favoriser les arbres qui font de l'ombre

Quelles essences préconisez-vous de choisir plutôt que des palmiers?
Si certains sondés évoquent les pins d'autres plaident pour "des arbres à feuille caduque type Micocoulier, Platane, Tilleuls, et même des Eucalyptus quand on est proche de la mer pour qu'ils trouvent de l'eau facilement."

"Végétaliser un maximum avec des arbres originaires de la région qui font beaucoup d'ombre en été et perdent leurs feuilles en hiver pour laisser passer le soleil et arrêter d'utiliser des matériaux qui réfléchissent les rayons notamment en été."

Privilégier les essences peu gourmandes en eau , adaptées au climat méditerranéen.

Vous soulignez l'importance de jouer sur la "diversité dans le choix des espèces, la variété fait la force." "Il est essentiel de mélanger les feuillus et les résineux."
Vous suggérez de "privilégier les essences peu gourmandes en eau , adaptées au climat méditerranéen."
Et insistez sur les modalités de plantation: "qu’ils soient bien plantés pour que le volume d’enracinement se développe suffisamment pour affronter les sécheresses et que les futures essences répondent bien aux contraintes du changement climatique."

Planter des arbres en pleine terre et pas en pots

Vous vous élevez contre la multiplication d'arbres en pots, le long des rues de certaines villes, comme Cannes ou Nice, "une aberration"… "Il faut privilégier les arbres de pleine terre plutôt qu’en pot. En planter sur tous les axes de circulation automobile pour dépolluer et atténuer le bruit."
"Eviter des arbres en pot qui ne grandiront jamais."

Vous invitez les communes à "ne plus considérer l'arbre comme un mobilier urbain, mais comme un organisme vivant connecté à d'autres organismes vivants. L'arbre ne doit pas être dans un pot, mais planté en pleine terre dans un sol vivant."

Sensibiliser et éduquer les habitants

Et si les communes sensibilisaient les habitants pour qu'ils soient eux aussi plus éclairés dans leurs choix? C'est ce que vous êtes nombreux à proposer.
"Faire des campagnes d’éducation des particuliers pour qu’ils plantent des espèces adaptées. Inciter les jardineries à faire la promotion des espèces adaptées au changement climatique", suggérez-vous.

Sensibiliser les habitants pour qu'ils plantent bien et abandonnent toute vélléité d'élagage.

"Que l’on informe au sujet de leurs bienfaits ( merci Var-matin au passage)", note cette lectrice varoise. Elle propose que l’on organise "une fête de l’arbre avec producteurs, experts du réchauffement, films, conférences, randonnée éducative, plantation d’arbres en groupe de volontaires , voir distribution gratuite de plants, etc."

Tandis que Caroline Mollie, auteur du livre "Des arbres dans la ville", plaide pour "une sensibilisation des habitants pour qu'ils plantent bien et abandonnent toute velléité d'élagage."

Elle invite à "un véritable plan canopée qui dote l'ensemble de la ville de demain de grands et beaux arbres pour faire de l'ombre et non des subterfuges tels les arbres en bacs, les façades végétalisées, les forêts urbaines ou les palmiers."

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