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120 experts mondiaux pour tenter de sauver les océans à Monaco

Mis à jour le 05/03/2019 à 07:55 Publié le 05/03/2019 à 07:23
Au menu des réflexions de la Monaco Ocean Week : comment résorber la pollution plastique?

Au menu des réflexions de la Monaco Ocean Week : comment résorber la pollution plastique? Archives NM

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120 experts mondiaux pour tenter de sauver les océans à Monaco

La 3e Monaco Ocean Week fédérera un nombre record d’experts de la biodiversité et spécialistes de l’économie bleue, désireux de changer de paradigme face à une urgence qui nous concerne tous.

C’est un fait, la planète bleue s’asphyxie. Si le prince Albert II court les continents pour se faire la voix de cette urgence absolue, et que les consciences s’éveillent, l’heure est à l’action commune.

C’est dans ce contexte de course contre-la-montre que se tiendront, du 24 au 30 mars prochain, la 3e Monaco Ocean Week et la 10e Monaco Blue Initiative.

"Après le succès assez franc des deux premières éditions, nous avons à faire face à une avalanche de demandes", se félicite le vice-président de la Fondation Prince Albert II, Bernard Fautrier, annonçant une quarantaine d’événements durant cette semaine mobilisant plus de 120 intervenants internationaux.

L’objectif: permettre à ces acteurs clefs du monde de la mer de partager leur analyse des grandes problématiques de la préservation du milieu marin et de se concerter pour trouver des solutions concrètes. Face aux "agressions environnementales de tous genres subies par les océans", Bernard Fautrier trouve l’espoir dans "une certaine prise de conscience de plus en plus forte au niveau des institutions multilatérales comme de la société civile et des ONG".

"L’objectif n’y est pas"

Le débat de la Monaco Blue Initiative sera ainsi consacré à la problématique des aires marines protégées et à la nécessité d’augmenter leur surface.

"L’objectif fixé il y a dix ans était d’atteindre une superficie de 10% de nos océans gérés durablement, on n’y est pas [actuellement 7,44%, NDLR].Il est peu vraisemblable qu’on y arrivera d’ici l’an prochain", admet sans détours Bernard Fautrier, rappelant qu’au-delà de la quantité demeure un "impératif qualitatif".

Alors que Monaco partage cette année la présidence de l’Initiative pour les récifs coralliens (CRI) avec l’Indonésie et l’Australie, le comité du CRI se réunira aussi à Monaco et un atelier scientifique fera guise de préambule à un projet de Conservatoire corallien.

Prédateurs en plastique

On ne mesure pas encore leur impact sur la santé humaine, mais leurs ravages sur la faune et la flore aquatiques sont avérés. Les déchets plastiques occuperont une large place dans le plan de travail de l’Ocean Week. Des pistes viables d’alternative aux carburants hydrocarbonés seront notamment présentées.

Le programme "Beyond Plastic Med", voué à juguler la prolifération des "premiers prédateurs" de la Méditerranée que sont les plastiques, sera aussi à l’ordre du jour.

Le nouveau yachting

Premiers témoins et, il faut bien le dire, acteurs de cette pollution marine, les professionnels du yachting feront acte de rédemption.

En première ligne, le Yacht-club et Bernard d’Alessandri, qui multiplient les actions de sensibilisation auprès de la jeunesse durant l’année et les stages d’été, ou organisent des régates propres à l’énergie solaire et mènent des actions dans le sillage des performances du Team Malizia II de Pierre Casiraghi et Boris Herrmann.

Le Yacht-club de Monaco multiplie les actions de sensibilisation auprès de la jeunesse, comme ici où, en marge du Monaco Solar Boat Challenge, des élèves du Lycée technique et hôtelier ont construit leur bateau électrique (fourni en kit) en moins de cinq jours.
Le Yacht-club de Monaco multiplie les actions de sensibilisation auprès de la jeunesse, comme ici où, en marge du Monaco Solar Boat Challenge, des élèves du Lycée technique et hôtelier ont construit leur bateau électrique (fourni en kit) en moins de cinq jours. Photo DR

Convaincu qu’une nouvelle ère émerge, le secrétaire général du YCM constate l’évolution des mentalités. "En 1904, il y avait un concours très important de canots automobiles à Monaco. Devant 10.000 spectateurs, c’était la sortie des moteurs à vapeur et l’entrée dans les moteurs thermiques à explosion.Ce yachting qu’on voit aujourd’hui ne pourra plus exister."

D’où de nouveaux yachts, environ 87 actuellement, armés pour des vocations plus scientifiques. "Il y a un engouement tout particulier des armateurs pour les bateaux type Explorer. Des yachts qui ont vocation à aller sur des routes peu utilisées et, souvent, très heureux de recevoir des scientifiques en tant que plateformes."

Une solution d’avenir ?Reste à ce que communauté scientifique, armateurs et autres ONG trouvent un langage commun.

Wikinomie du public

C’est justement des "stratégies de coopération" qu’espère le directeur du Musée océanographique, Robert Calcagno, "car les explorations coûtent très cher". Et le pot commun n’est pas une évidence.

"Savez-vous combien il y a de réunions annuelles des directeurs de grands centres de recherche océanographique en Europe ?Aucune!", lance Robert Calcagno, qui entend profiter de la présence de vingt d’entre eux à Monaco.

Au cours des réunions seront ainsi évoquées les questions du recueil et surtout du partage des données scientifiques. "Elles ne sont pas partagées pour deux raisons. D’une part, parce que des scientifiques ont besoin de publier avant leurs confrères. D’autre part, parce que les formats de ces données ne sont pas compatibles et chacun fait des bases différentes."

Autre objectif des échanges durant l’Ocean Week: permettre aux scientifiques de faire passer leur message aux politiques et à la population "qui s’intéresse de plus en plus aux océans". "On pourrait parler de wikinomie tant tout le monde veut apporter des contributions".

La mort programmée des coraux

Et les enjeux ne sont pas minces, rappelle Denis Allemand. "D’après un dernier rapport, les coraux risquent de disparaître d’ici la fin du siècle", avance le directeur du Centre scientifique de Monaco. Un constat alarmant lorsqu’on sait l’importance du corail, comme le séquençage de son ADN, dans l’avancée des recherches médicales.

Une conférence grand public sur le biomimétisme aura d’ailleurs lieu au Stars’N’Bars pour débattre de l’utilisation de la nature pour promouvoir les nouvelles technologies. Des sociétés de cosmétologies "qui travaillent sur les crèmes de demain" ou encore l’expert de la biodiversité, Gilles Bœuf, y prendront part.

Un atelier économique sur l’exploitation durable des océans, la fameuse "économie bleue", est programmé. Comme un retour sur les travaux menés avec l’Université de Boston et l’OMS sur l’impact de la pollution océanique sur la santé humaine, en vue d’une étude à publication en 2020.

La Fondation Prince Albert II soutient l’aire marine protégée Djebel Moussa au Maroc, via le Fonds environnemental pour les aires marines de Méditerranée.
La Fondation Prince Albert II soutient l’aire marine protégée Djebel Moussa au Maroc, via le Fonds environnemental pour les aires marines de Méditerranée. Photo Renaud Dupuy de la Grandrive

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