Le patron de Shell estime qu'il faut taxer plus les compagnies énergétiques

Le patron de Shell Ben van Beurden a estimé mardi lors d'une conférence sectorielle à Londres que les gouvernements allaient probablement devoir taxer davantage les entreprises énergétiques pour protéger les plus pauvres face à la crise de l'énergie.

AFP Publié le 04/10/2022 à 16:03, mis à jour le 04/10/2022 à 14:44
Ben van Beurden, le patron de Shell. Photo AFP

"Nous ne pouvez pas avoir un marché qui se comporte d'une telle façon (...) qu'il va infliger des dommages à une part importante de la société", a-t-il affirmé lors d'une séance de questions et réponses à la conférence Energy Intelligence Forum.

"D'une manière ou d'une autre il faut une intervention gouvernementale qui se traduise (...) par la protection des plus pauvres et cela veut probablement dire que les gouvernements doivent taxer les gens dans cette pièce pour payer pour ça", a-t-il élaboré devant un parterre de cadres et dirigeants d'entreprises énergétiques.

"Je crois que nous devons accepter cette réalité sociale", a-t-il insisté, ajoutant toutefois que "cela pouvait être fait de façon intelligente ou non".

Le dirigeant faisait allusion à la taxation des compagnies énergétiques à l'heure où leurs bénéfices ont flambé depuis la guerre en Ukraine, celle-ci ayant entraîné une envolée des cours du pétrole et du gaz ces derniers mois, même s'ils sont retombés des sommets atteints juste après le début de l'offensive russe.

 

M. van Beurden et Shell n'ont pas fait de commentaires sur la manière adéquate de taxer les entreprises du secteur, qui est notamment monté au créneau contre un impôt spécial qui avait été décidé par le prédécesseur du Chancelier de l'Echiquier Kwasi Kwarteng et que le nouveau gouvernement conservateur de Liz Truss ne va pas étendre.

Le dirigeant, qui vient d'annoncer qu'il allait quitter ses fonctions fin 2022, s'est par ailleurs montré dubitatif face à l'idée d'un plafond de prix pour le pétrole russe.

Plusieurs pays appellent à limiter le prix de vente du pétrole russe pour saper la manne permettant à Moscou de financer, notamment, son intervention militaire en Ukraine.

En septembre, les pays du G7 avaient ainsi décidé de plafonner "urgemment" le prix, un mécanisme complexe à mettre en place, en invitant notamment une "large coalition" de pays à le mettre en œuvre.

"J'ai du mal à comprendre comment un plafond des prix du pétrole russe peut être efficace", a déclaré M. van Beurden pendant la conférence Energy Intelligence Forum, selon des propos relayés sur Twitter.

 

"Intervenir sur des marchés de l'énergie complexes sera très difficile. Les gouvernements doivent consulter les experts de marché sur ce qu'ils peuvent faire ou pas en termes d'interventions", a-t-il poursuivi.

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