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Les Français gagnent du terrain dans la Fonction publique monégasque

L’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE) publie un focus non sans enseignements sur la répartition des effectifs en 2020 et les Français gagnent du terrain.

Thomas Michel Publié le 15/03/2021 à 19:00, mis à jour le 15/03/2021 à 22:21
Les écarts se réduisent même si les hommes restent majoritaires dans le public. (Photo Jean-François Ottonello)

L’Institut Monégasque de la Statistique et des Études Economiques (IMSEE) vient de publier un focus sur la Fonction publique des plus instructifs en cette période de troubles économique et sanitaire. En hausse constante, les effectifs de fonctionnaires (Monégasques et agents de la Sûreté publique) et agents de l’État (Français, Italiens...) atteignent 4 911 personnes au 31 décembre 2020. Soit 2,8 % de plus qu’en 2019 et 16 % de plus qu’en 2013.

"Sur l’année 2020 on aura peu d’indicateurs en hausse à produire, mais sur la Fonction publique on a cette légère hausse des effectifs qui est bien différente du secteur privé", commente la directrice de l’Imsee, Sophie Vincent, qui note que "non seulement on a augmenté notre effectif mais en plus tous les salaires ont été maintenus. Même les gens qui ne pouvaient pas télétravailler, comme les jardiniers ou les professeurs dans l’attente des outils pour le faire, ont eu 100 % de maintien de salaires. Contrairement au seteur privé, où il a fallu mettre en place le CTTR (Chômage Total Temporaire Renforcé) avec des salariés qui n’ont pas travaillé du tout."

Un quart de Monégasques

En 2020, la Fonction publique a ainsi enregistré 270 départs pour 405 recrutements, dont131 nouveaux agents supplémentaires (lire page suivante) essentiellement dans des secteurs liés à la crise, à commencer par la Direction de l’Action sanitaire et sociale et la Direction du Travail "qui ont dû mettre en place des actions complémentaires au quotidien".

70% de français et la parité respectée

Des chiffres de l’Imsee qui appuient également la réflexion sur le télétravail alors que le nombre d’agents français augmente. Directeur des ressources humaines et de la formation de la Fonction publique, Stéphan Bruno acquiesce sur la base des premiers retours d’expérience.

 

"Globalement le bilan du télétravail est positif. La crise a été un révélateur des choses qu’on peut améliorer, mais il ne faut pas lier le télétravail qu’au contexte sanitaire. C’est une habitude qu’on doit développer dans les meilleures conditions réglementaires et matérielles. Et il faut du présentiel, garder le lien.", dit-il.

La hausse des recrutements peut-elle se poursuivre ?

Toujours selon lui, "on manque encore de visibilité. On ne sait pas quand ça va s’arrêter et quelles vont êtres les conséquences économique et sociale derrière, mais je pense que le gouvernement, par rapport à certaines politiques dites prioritaires, comme le logement et le numérique, va continuer à créer des postes dans des contraintes budgétaires mesurées." 

La Fonction publique séduit les jeunes monégasques 

Ces dernières années, l’avènement de l’Agence monégasque de sécurité numérique (AMSN) ou le besoin de conducteurs de travaux pour répondre à l’impératif de logements ont conduit à recruter des "profils d’expertises très élevés". Les Monégasques sont prioritaires "à compétences égales".

 

La Fonction publique séduit aussi les nouveaux entrants sur le marché du travail. "Nous avons de plus en plus de candidatures de jeunes Monégasques", confirme Stéphan Bruno qui, avec ses équipes, s’efforce de garder les expatriés dans ses radars. "Ce n’est pas forcément problématique de voir nos jeunes partir. L’idée, c’est que Monaco parvienne à profiter de ces expériences acquises à l’étranger. Et il y a une nouvelle attractivité, notamment avec la transition numérique. Il n’y a pas une fuite définitive des cerveaux."

Outre le fait que l’Administration gouvernementale regroupe 76,5 % des effectifs de la Fonction publique, devant les effectifs de la Commune (14,5 %), du Palais princier (4 %) ou encore de la Direction des Services judiciaires (3,2 %), le focus de l’IMSEE offre une photographie inédite du rattachement des fonctionnaires et agents selon leur sexe.

"On essaye de genrer un peu plus ces publications, confirme la directrice de l’IMSEE, Sophie Vincent. Parce que ça nous prépare et nous amène à l’étude qu’on devrait publier sur 2021 qui concerne les écarts de salaires. Donc on commence à marquer par le genre nos indicateurs pour pouvoir bien introduire ces futures études dans les secteurs privé comme public."

Ainsi découvre-t-on que la part des hommes s’élève à 83,5 % au Département de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme ; quand celle des femmes atteint les 73,3 % aux Affaires sociales et la Santé.

Un équilibre se fait

 

 

 

"C’est lié à la nature des métiers", détaille Stéphan Bruno, DRH de la Fonction publique. "Les deux Départements où il y a le plus d’hommes sont historiquement l’Intérieur et l’Équipement Environnement, car ce sont les pompiers, les carabiniers ou des métiers de terrain comme jardiniers et agents d’exploitation des travaux publics. a ne veut pas dire qu’on ne veut pas prendre de femmes, mais il y a très peu de femmes qui postulent sur ces emplois-là."

Au final, l’Administration gouvernementale affiche un ratio de 40,6 % de femmes (43,1 % dans l’ensemble de la Fonction publique), plus établies dans les Départements relevant du social et de la santé, de l’économie ou encore la diplomatie.

"C’est un peu l’héritage de l’Administration, note Stéphan Bruno. Il y a historiquement beaucoup de femmes cadres dans l’administration et dans les métiers de juristes, de la finance, la comptabilité. De plus en plus de postes de direction sont occupés par des femmes également. Ce qui est intéressant, c’est qu’un équilibre se fait même s’il y a encore plus d’hommes."

131 agents supplémentaires recrutés 

On connaît “l’obsession” pour la sécurité à Monaco. Une garantie de sa prospérité qui se mesure au "poids" des effectifs du Département de l’Intérieur dans la Fonction publique (40,8 %). "Il n’y a pas que la police", rappelle Stéphan Bruno. 935 personnes travaillent pour la Direction de l’Éducation Nationale de la Jeunesse et des Sports. La police, qui a recruté dans le cadre du plan Sûreté publique 2020, compte 600 fonctionnaires. Près de 350 pompiers et carabiniers composent la Force publique.

"Quand on parle de recrutement dans la Fonction publique, on parle aussi de renouvellement de contrat." Les agents français en poste depuis moins de six ans voient ainsi leur contrat renouvelé à intervalles réguliers après republication d’avis. Ce qui explique une partie des 405 recrutements effectués en 2020.

Le chiffre le plus marquant de 2020 reste celui du recrutement de 131 agents supplémentaires, qui n’ont pas vocation à remplacer les départs à la retraite et démissions mais à renforcer les Départements les plus exposés à la crise. Un quart de ces agents supplémentaires sont monégasques. Pas de CDI mais des contrats pour lesquels un point est fait "tous les mois, voire deux ou trois mois".

 
Avec 52,9 % de salariés de la Fonction publique domiciliés en France, le télétravail gagne naturellement du terrain à Monaco. (Photo Dylan Meiffret).

67,3 % des salariés de la Fonction publique sont des Français, 27,2 % des Monégasques et 5,5 % issus d’autres nationalités. Parmi eux, 52,9 % habitent en France, dont 29,4 % dans les Alpes-Maritimes mais au-delà des communes limitrophes. 0,3 % demeurent même hors du 06. La question du télétravail dépasse donc le cadre de l’actuelle crise sanitaire.

"C’est un enjeu important et nous essayons d’être pilote", confirme Stéphan Bruno. Reste à délimiter un cadre. "Aujourd’hui il existe un cadre législatif dans le secteur privé, mais ça n’a pas été légiféré dans le public. On y travaille dans le cadre des échanges avec le Conseil national. On avait un accord tacite avec la France durant le confinement mais on va devoir très vite légiférer car, aujourd’hui, on s’inspire de ce qui a été mis en place dans le privé mais il n’y a pas de règle très claire pour l’administration."

Dans les faits, les fonctionnaires et agents de l’État ont en revanche été "armés" grâce au déploiement de milliers d’ordinateurs portables.

«Pas dans notre calendrier 

La question du télétravail est de ce fait aussi plus difficile à appréhender en termes d’études statistiques selon Sophie Vincent. "Le télétravail n’est pas dans notre calendrier pour deux raisons. Aujourd’hui il y a deux modalités :

- le télétravail au sens de la loi de 2016, cadré et normé et qui fait l’objet d’une formalité de déclaration auprès de la Direction du Travail et d’une modification du permis de travail

- et la mesure d’urgence de travail à distance mise en place par le gouvernement et, là, on a moins de données parce que c’est une simple déclaration auprès de la Direction du Travail. L’employeur n’est pas tenu de l’informer quand le dispositif s’arrête ou s’accroît au sein de son effectif."

 

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