Ils sont réceptionniste, financier, cordiste... Ces 4 jeunes étrangers expliquent pourquoi ils ont choisi Monaco pour démarrer leur carrière

Alors que l’inquiétude pointe son nez quant à l’attractivité de la Principauté en termes d’emplois, certains jeunes gens choisissent pourtant de lancer leur vie professionnelle à Monaco. Portraits

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Joëlle Deviras Publié le 24/10/2022 à 17:00, mis à jour le 24/10/2022 à 12:06
De gauche à droite et de haut en bas: Giovanna, Yuqian, Alexis et Kim ont choisi Monaco pour débuter leur carrière professionnelle. Photos Monaco-Matin, DR, Mesi, et Yacht Club de Monaco

Ils s’appellent Giovanna, Yuqian, Alexis et Kim. Ils sont originaires du Venezuela, de Chine, du Portugal et de France. Et ils ont choisi Monaco pour démarrer leur vie professionnelle.

Certainement pas par hasard. Ces jeunes gens-là ont de très bonnes raisons d’investir leur force de travail ici et s’y emploient avec entrain et ambition.

Et quand on entend les discussions entre élus et ministres au sein de l’hémicycle s’interrogeant sur l’attractivité du pays qu’ils craignent affaiblie aux regards des actifs, Monaco se révèle avec des atouts que l’on n’imagine pas.

Voici quatre parcours en devenir et autant de nationalités qui forment une Principauté jeune, plurielle, dynamique, ambitieuse.

1. "J’ai fui le régime communiste"

Giovanna Eduarte Velasco, 31 ans Photo Monaco-Matin, DR, Mesi, et Yacht Club de Monaco.

Giovanna Eduarte Velasco est réceptionniste au Fairmont Hotel. Elle n’a que 31 ans mais déjà un long parcours derrière elle. Si elle s’exprime parfaitement bien en français, son accent atteste joliment de ses origines étrangères. "J’ai fui le régime communiste du Vénézuela. J’étais en troisième année de médecine et les universités fermaient." Impossible pour la Vénézuélienne d’envisager une carrière de médecin dans son pays, ni dans un autre secteur, les circonstances politiques n’offrant plus de perspectives d’avenir aux jeunes gens.

"Je suis arrivée à Menton pour être jeune fille au pair. J’ai fait des études à l’Alliance française de Monaco que je ne connaissais pas du tout. Pendant trois ans, tous les matins, j’ai étudié et obtenu le titre universitaire de langue française à Nice, niveau C1."

Après avoir suivi les conseils d’une conseillère d’orientation qui lui a préconisé les métiers de l’hôtellerie-restauration, elle a fait une formation à l’école hôtelière de Menton. Elle a enchaîné plusieurs emplois autour de la Principauté, puis a décroché le poste auquel elle aspirait: réceptionniste à Monaco.

Giovanna parle quatre langues : l’espagnol, le français, l’italien et l’anglais. Et s’exprime également en langage des signes espagnol, qu’elle a appris dans un cadre humanitaire alors qu’elle était encore au Vénézuela.

Pour Giovanna Eduarte Velasco, Monaco est une extraordinaire terre d’accueil. "Le pays a une vraie richesse culturelle. J’ai des collègues de différents pays. Ici, on ne me regarde pas comme une étrangère. Le sentiment de sécurité est omniprésent."

Et ce n’est pas le seul atout qu’elle voit de Monaco. "Le salaire est supérieur ici ; les conditions de travail sont meilleures. Et je sens, dans mon entreprise du moins, une reconnaissance des salariés."

Et l’extraordinaire s’invite parfois au travail. "Quand le Prince vient, il nous dit "bbonjour"; ce n’est pas partout que l’on voit un chef d’État saluer le personnel."

2. "Ici j’ai trouvé une terre du luxe tournée vers le monde"

Yuqian Li, 29 ans. Photo Monaco-Matin, DR, Mesi, et Yacht Club de Monaco.

Yuqian Li a 29 ans et habite Nice. Elle a quitté la Chine à 18 ans. Quelques leçons de français pour pouvoir décrocher un visa et échanger a minima et la voilà en France.

D’abord étudiante à Nice où elle obtient une licence de chimie - elle envisageait d’abord une carrière dans le parfum à Grasse - Yuqian Li poursuit à l’International University of Monaco pour étudier le management du luxe et de l’hôtellerie. "Nous avons reçu la visite de nombreux dirigeants monégasques et avons visité plusieurs entreprises implantées ici. C’est comme cela que j’ai su que je voulais démarrer ma carrière en Principauté."

Pour Yuqian Li, le Rocher est la terre parfaite pour poursuivre sa passion pour la mode et envisager son avenir professionnel. "Monaco est au milieu du luxe. De plus, ce pays est tourné vers le monde. C’est très international."

C’est au Yacht-club de Monaco que la jeune femme a trouvé un port d’attache depuis trois ans. Pour son premier emploi, elle est en charge du marketing et de la communication. "Il s’agit pour moi de tisser des liens avec les yacht-clubs du monde entier pour partager nos valeurs, notre savoir-faire. Notre vision haut de gamme du yachting que tous nous envient, dont beaucoup de Chinois. Avec eux, nous participons d’ailleurs à un projet de construction de marina."

Yuqian Li a une vision très authentique de ce luxe qui l’enchante. Rien de surfait ni de tape-à-l’œil. Mais au contraire un savoir-vivre qui conjugue une qualité de travail et une étiquette au service des armateurs et passionnés du yachting. Aujourd’hui, la Chinoise est pleinement épanouie. Elle s’est mariée avec un Français et est maman de deux enfants…

3. "Monaco conjugue économie libérale et sens de l’éthique"

Alexis Cabral, 25 ans. Photo Monaco-Matin, DR, Mesi, et Yacht Club de Monaco.

"Un cadre qui conjugue une économie libérale avec un sens de l’éthique, une ouverture au monde avec une identité forte dans laquelle je peux retrouver mes valeurs et quelque chose de ma propre culture, c’est ce à quoi j’aspirais pour démarrer ma carrière dans la finance, explique Alexis Cabral, Portugais, parlant quatre langues et qui propose des produits financiers depuis février 2022 chez Privatam. Quitter Paris me permettait de sortir de ma zone de confort et en même temps d’apporter peut-être, là où j’allais être embauché, un regard neuf. Encore étudiant, j’ai passé plusieurs mois à chercher ce pays qui allait m’offrir des opportunités et pour lequel j’avais tout autant envie de donner le meilleur de moi-même. Et Monaco s’est révélé comme une évidence."

Après cinq ans passés à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci, classée meilleure école d’ingénieurs privée de France dans le classement 2022 du Figaro étudiant, Alexis Cabral, 25 ans, était bien décidé à construire une vie professionnelle "à la fois ambitieuse et respectueuse des autres."

"J’ai étudié la finance de marché durant six mois en Malaisie puis j’ai travaillé chez Natixis au Portugal. J’avais envie de découvrir d’autres horizons et d’ouvrir le champ des possibles. Je me suis informé sur les pays où je pouvais postuler. Sur Monaco, j’avais entendu beaucoup d’a priori à Paris. J’ai voulu "aller à la source", alors j’ai lu le discours d’avènement du prince Albert II. Le souverain parlait de la jeunesse et empruntait une citation de Theodore Roosevelt: "Prenez des risques, ne soyez jamais parmi ces âmes froides et timides qui ne connaissent ni la victoire, ni la défaite." Cette phrase est ma devise depuis plusieurs années ! C’est cela qui m’a décidé. Aujourd’hui, je vois la Principauté comme une vraie rampe de lancement."

4. "Des immeubles qui imposent le respect"

Kim Delorme, 32 ans Photo Monaco-Matin, DR, Mesi, et Yacht Club de Monaco.

Kim Delorme, 32 ans, habite à Villefranche-sur-Mer et démarre une carrière de cordiste pour Techi-Travaux depuis décembre. "J’ai commencé très tôt à travailler. J’habitais à La Gaude et j’ai enchaîné les boulots dans la restauration et dans un parc d’accrobranches." C’est là que le jeune homme s’est découvert une passion pour les cordes et les baudriers.

En Principauté, il a trouvé un point d’ancrage pour sa vie professionnelle qu’il compte bien poursuivre et développer. "Monaco offre des conditions exceptionnelles. Il y a les immeubles de grandes hauteurs comme la Tour Odéon que l’on ne voit nulle part ailleurs dans la région. Là, je nettoie les vitres avec mes collègues. Il faut savoir maîtriser chaque geste, dans un environnement parfois rude qui mêle le vent, le froid ou la chaleur. Les conditions d’exercice du métier sont impressionnantes. On doit également prendre en compte l’exigence de la clientèle."

Mais ce qu’apprécie également Kim Delorme, ce sont les bâtiments remarquables. "Nettoyer les façades historiques comme celles de l’Hôtel de Paris, du Musée océanographique ou du Casino de Monte-Carlo impose le respect. Il se passe quelque chose dans chaque interstice des pierres. Monaco assure du travail. J’ai encore beaucoup à apprendre : plomberie, peinture, maçonnerie, zinguerie… Et le cadre ici donne envie de progresser."

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