Ils ont choisi un métier qui embauche. Sébastien, 42 ans, développeur web: "Mon parcours est un peu atypique"

Épisode 14 de notre série "Ces filières qui embauchent." Que ce soit pour le compte d'institutions publiques, d’entreprises privées, de sociétés spécialiséesou encore d’agences de communication, les offres d’emploi pour devenir développeur web sont abondantes. Sans parler des possibilités de travailler pour son propre compte. C’est ce que fait Sébastien. À La Seyne-sur-Mer, il raconte comment il s’est laissé prendre dans la toile.

Virginie Rabisse Publié le 30/08/2022 à 19:30, mis à jour le 30/08/2022 à 01:22
Après plusieurs années passées dans plusieurs entreprises, Sébastien s’est lancé à son compte en 2014. (Photo V. R.)

Voilà près de vingt ans qu’il crée des sites Internet. Sébastien est développeur web. Du design au fonctionnement, il conçoit les plateformes numériques de ceux qui font appel à lui. De professionnels libéraux à une chaîne nationale de boulangerie.

À son compte depuis 2014 avec son entreprise One Up, basée à La Seyne-sur-Mer, il a vu le métier évoluer. Des évolutions rapides et favorables, dit-il, qui font de son métier une véritable passion

Quel est votre parcours?

"C’est un peu atypique! En fait, je n’ai aucun diplôme, si ce n’est le CAP/BEP électrotechnique, qui, en 2000, m’a permis de rentrer à la SNCF en tant que technicien à bord des TGV. Mais ce métier ne me plaisait pas, malgré la sécurité de l’emploi qu’il permettait. A l’époque, il n’y avait pas vraiment de formations autour du numérique, alors j’ai appris de manière autodidacte, en achetant des livres, puis en faisant quelques sites… En 2005, j’ai décidé de prendre une année sabbatique et j’ai trouvé une petite agence web à Paris, d’où je suis originaire, qui m’a embauché sur la base de ce que j’avais à présenter, de mon expérience. Jusqu’en 2014, j’ai travaillé pour plusieurs agences, dont une, en 2007, qui m’a conduit ici, à La Seyne. Ensuite, j’ai monté ma propre agence.

Un parcours comme le mien, c’est-à-dire sans diplôme, je pense que c'est encore possible aujourd’hui. 

À condition d’avoir des expériences à faire valoir. Quand on débute ou si on veut intégrer une grosse entreprise, il est sûrement préférable d’avoir un diplôme!" 

 

 

Pourquoi avoir choisi ce métier?

"Je me souviens avoir toujours adoré tout ce qui tournait autour de la communication. Lorsqu’Internet s’est déployé, j’étais séduit par tout ce que ça pouvait apporter, l’idée qu’une page d’un site web soit accessible de partout et tout le temps, ça m'émerveille. Je me suis donc intéressé à la conception de sites."

Quelles sont les qualités requises pour y arriver?

"L’univers web nécessite une certaine logique, parce qu’il faut que les programmes soient rapides, optimisés, sécurisés. Et puis comme certains peuvent être compliqués, comme une boutique en ligne, il faut aussi être organisé. Bien sûr, être autonome est aussi un atout, parce que beaucoup de développeurs web travaillent seul. Dans ce cas, il aussi important de pouvoir avoir un bon contact et des qualités humaines car on a affaire à des clients. Mais je dirais aussi que, comme je l’ai expérimenté quand je travaillais pour des agences, il faut aussi être capable de travailler en équipe."

De professionnels libéraux à une chaîne nationale de boulangerie, les clients de Sébastien sont nombreux et tous veulent désormais être accessibles sur Internet. C’est d’autant plus vrai, affirme le développeur, depuis 2020 et le début de la pandémie de Covid-19. (Photo V. R.) .

Les difficultés rencontrées

"Pour moi, justement, la plus grande difficulté apparaît lorsqu’on intègre une société et qu'il faut reprendre un code existant, développer par quelqu’un d’autre, et travailler dessus à son tour. Là, c’est un véritable travail d'analyse qui commence, parce qu’on peut coder de différentes manières et que chacun à sa propre logique, sa propre organisation.

Plus tard, lorsque j’ai créé One Up, j’ai aussi découvert qu’une autre difficulté pouvait être la gestion humaine des clients, leurs exigences, les dead line."

Les bonnes surprises

"Rien que de vivre de ce métier, je trouve ça génial! Le but de ma vie professionnelle, c’était ça: vivre de ma passion. Aujourd’hui, j’ai aussi l’avantage, en étant à mon compte, de pouvoir m’organiser comme je l’entends.

 

 

Si je veux travailler à 4 heures du matin, ça me regarde, le tout c’est que les dead line soient respectées. 

Je crois que cet aspect-là, c’est ma satisfaction N°1.

Et puis, il y a cette énorme satisfaction que j’ai ressentie dès la création de mon premier site: voir son bébé prendre vie et de voir le client content."

Dans 10 ans, vous vous voyez où?

"Eh bien j’espère être précisément au même endroit qu’aujourd’hui. Je me régale à gérer ma boîte et je n’ai pas envie de la faire évoluer et d’embaucher. Surtout parce que je souhaite rester seul. être à mon compte, au tout début, ce n’était pas un critère, mais aujourd’hui, ma société, c’est celle dans laquelle j’ai passé le plus de temps! Et je n’ai pas du tout la crainte de m’ennuyer en continuant comme ça encore dix ans: c’est un métier dans lequel on apprend tout le temps de nouvelles choses, parce que les technologies évoluent, mais aussi parce que tous les projets sont différents et amènent toujours de la nouveauté."

Vous souhaitez devenir développeur web?

Il existe de nombreuses formations pour apprendre le métier de développeur web. Généralement, un niveau bac +2 est conseillé (BTS ou DUT informatique). L’idéal est ensuite de poursuivre son cursus vers un Master 2 en informatique, ou entrer dans une école spécialisée en informatique. 

On peut toutefois noter que certaines petites structures, à l’instar des agences de communication, des agences web, et même des TPE, cherchent des profils moins qualifiés, car elles ont peu de moyens. Elles sont souvent ouvertes au recrutement de personnes autodidactes, comme Sébastien. 

Au-delà de la formation en cursus scolaire, les formations courtes pour se former en quelques mois au métier de développeur web sont de plus en plus nombreuses. et permettent ainsi les reconversion notamment. On y apprend les langages clés que sont le HTML, le CSS, ou encore Javascipt. 

Enfin, il est important d’avoir conscience que si la formation initiale reste importante pour comprendre la structure des langages informatiques, le développeur web doit se former, même de manière informelle, tout au long de l’exercice de ce métier, celui-ci évoluant rapidement.

Jardinier, coiffeuse, pisciniste ou encore fleuriste, retrouvez aussi les portraits de Christian, d’Adeline, de Ioan, de Jean-Louis, de Nada, d’Amélie et Noémie, de Lucie et Alexandra, de Sirine, de Luka, de Maxime, de Paul et de Thibault qui, eux aussi, ont choisi des métiers qui embauchent.

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