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Dans la Roya, comment préserver l’emploi pour éviter l’exode?

Mis à jour le 25/02/2021 à 11:10 Publié le 25/02/2021 à 08:00
Alors que certains secteurs de la vallée sont à l’arrêt d’autres peinent à trouver des candidats : c’est le cas du BTP.

Alors que certains secteurs de la vallée sont à l’arrêt d’autres peinent à trouver des candidats : c’est le cas du BTP. Jean-François Ottonello / Nice Matin

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Dans la Roya, comment préserver l’emploi pour éviter l’exode?

Après la tempête Alex, de nombreux habitants ont perdu leur emploi et tentent de rebondir.Les secteurs du BTP et de la santé offrent des opportunités mais manquent de candidats qualifiés.

En octobre dernier, la tempête Alex n’a pas seulement emporté les maisons, les ponts et les routes. Sa fureur sans précédent a également mis un gros coup d’arrêt à l’emploi dans la vallée de la Roya. « Dès les premières semaines qui ont suivi le sinistre, la perte d’activité a été massive et de nombreux habitants se sont retrouvés dans une situation extrêmement précaire, confirme, Wilfrid Bricourt, fondateur de l’association Aide aux sinistrés. Parmi les bénévoles que j’ai rencontrés, nombreux sont eux-mêmes dans des situations dramatiques. Ils n’ont plus d’exploitation, plus de société, plus d’emploi. Il faut agir sans attendre pour les aider." Se reconvertir plutôt que fuir. Il y a quelques jours, le message d’alerte de Wilfrid Bricourt a été entendu par la députée de la 4e circonscription des Alpes-Maritimes, Alexandra Valetta-Ardisson.

"Notre profession vit des heures sombres"

Lundi, via une visioconférence, l’élue a réuni les différents acteurs du territoire pour réfléchir à des solutions concrètes de retour à l’emploi (lire ci dessous). Devant cette pénurie de travail, certains habitants ont fait le choix de rejoindre le littoral. D’autres restent attachés à la vallée et tentent de se reconvertir. C’est le cas de François Faloci, gérant d’une société d’encadrement de loisirs sportifs. "J’organisais des sorties en rafting et canyoning. Aujourd’hui, les parcours – comme celui de la clue de la Maglia – ne sont plus praticables et notre profession vit des heures très sombres."

Les entreprises du BTP cherchent de la main-d’œuvre mais peinent à trouver des candidats qualifiés.
Les entreprises du BTP cherchent de la main-d’œuvre mais peinent à trouver des candidats qualifiés. Jean François Ottonello / Nice Matin

Le Breillois planche sur un projet autour de l’activité de VTT. "Néanmoins, il est très compliqué de savoir quand va reprendre le tourisme." Mais François Faloci ne regrette pas ce choix. "Partir, c’est faire mourir notre vallée. Il faut tenir bon et rester." Habitante de La Brigue, Myriam a également voulu se rendre utile au village malgré l’arrêt brutal de son activité de couture. "Ma cave a été totalement inondée et j’ai perdu mon atelier. Néanmoins, je tente de rebondir avec la création future d’une friperie solidaire."

Travailler au rythme des convois

Alors que certains secteurs de la vallée sont à l’arrêt d’autres peinent à trouver des candidats. C’est le cas du BTP. « Les entreprises du bâtiment cherchent de la main-d’œuvre pour la reconstruction. Beaucoup d’habitants issus de la restauration se tournent vers ce secteur", confirme Olivia Francesci, de l’agence d’intérim "T Plus".

Certaines activités n’ont aucune perspective de reprise comme les randonnées en rafting et canyoning.
Certaines activités n’ont aucune perspective de reprise comme les randonnées en rafting et canyoning. archives NICE MATIN

Malheureusement, les candidats ne se bousculent pas au portillon comme le regrette Sophie Cottalorda, responsable de l’entreprise tendasque de BTP Pierre Guido. "Notre carnet de commandes est plein et nous continuons à avoir du travail. Cependant, il est compliqué de faire venir des employés qualifiés, et cela, même avant la tempête Alex. Par exemple, ça fait un an et demi que je suis à la recherche d’un maçon. » La main-d’œuvre étrangère (portugais, espagnol…) a déserté la Roya et les salariés en poste doivent s’adapter au problème quotidien de mobilité. « Certains chantiers se déroulent à Breil et les ouvriers prennent le convoi de 6 h 45. L’amplitude horaire est plus importante et le travail plus compliqué."

L’accessibilité, un enjeu majeur

Autre secteur qui peine à recruter : le médico-social. Ainsi, les Ehpad de Breil et de Tende cherchent désespérément des infirmières, des aides-soignants et des agents des services hospitaliers. « Le CHU propose des logements et nous essayons de rendre ce métier attractif. Mais cela ne suffit pas…», avertit Pascal Carboni, membre de l’association (CSVCVR) et secrétaire général adjoint FO du CHU. L’habitant souligne la nécessité de rendre le territoire attractif dans son ensemble. « Par exemple, attirer les travailleurs c’est aussi leur permettre de faire garder leurs enfants. Pour cela, il faut se battre pour maintenir les classes ouvertes. La reprise de l’emploi dans la vallée doit être réfléchie à tous les niveaux."

Après le passage de la tempête Alex, l’entrepôt de Marc Gincourt, situé au bord de la rivière à Breil, a été totalement détruit. Il essaie, peu à peu, de se reconstruire.
Après le passage de la tempête Alex, l’entrepôt de Marc Gincourt, situé au bord de la rivière à Breil, a été totalement détruit. Il essaie, peu à peu, de se reconstruire. DR

Et l’un des enjeux clef de cette reprise, c’est aussi… l’accessibilité. Car certaines zones de la Roya sont encore difficilement praticables. À Breil-sur-Roya, le paysagiste Marc Gincourt attend la reconstruction d’un pont dans le quartier de l’Aigara pour reprendre son activité à 100 %. « Après le passage de la tempête, mon entrepôt, situé au bord de la rivière, a été totalement détruit. Petit à petit, avec les aides, j’ai repris une partie de mon activité autour du débroussaillage et d’aménagement extérieur." En attendant, la construction d’un nouvel accès, Marc Gincourt transporte une partie de son matériel à pied. Il traverse la rive pour rejoindre son véhicule. Comme beaucoup d’habitants, le Breillois a su s’adapter. "Notre vallée vaut bien tous ces efforts. En revanche, il faudra s’accrocher et être patient…»

1. Comité de soutien des voies de communication de la Vallée de la Roya (CSVCVR).

Pôle emploi propose des permanences à Breil et Tende

Depuis la catastrophe de la tempête Alex, Pôle emploi Menton Est Riviera se mobilise pour aider les sinistrés. « Dès le mois d’octobre, nous avons actualisé nous-même la liste des inscrits. En effet, beaucoup de personnes n’avaient plus Internet ni de téléphone et elles ne pouvaient pas faire la mise à jour elles-mêmes », souligne Jeanine Bruzzisi, directrice de Pôle emploi Menton Est Riviera. En octobre et novembre, une permanence a été créée deux fois par semaine à Breil-sur-Roya afin de gérer des situations d’urgence. Depuis le mois décembre, une permanence est organisée tous les jeudis à Breil de 9 h à 16 h. À partir du 17 mars, une permanence est prévue sur Tende. Les demandeurs d’emploi pourront ainsi faire le point sur leur indemnisation mais aussi demander une formation ou un accompagnement.

De nombreux bénévoles de la Roya sont eux-mêmes impactés par la précarité. certains ont perdu leur emploi, leur entreprise ou leur exploitation.
De nombreux bénévoles de la Roya sont eux-mêmes impactés par la précarité. certains ont perdu leur emploi, leur entreprise ou leur exploitation. Jean François Ottonello / Nice Matin
Fédérer tous les acteurs du territoire

Lundi, Alexandra Valetta-Ardisson a organisé une visioconférence avec une trentaine d’acteurs du territoire : élus, institutionnels (préfecture, Carf, Mission locale, Pôle emploi…), monde associatif, représentants des commerçants et artisans. L’objectif était de mettre en relation tous ceux qui aident les sinistrés au quotidien afin de trouver des solutions concrètes pour le retour à l’emploi dans la Roya. "Il faut éviter la fuite de la population. Pour cela, nous devons travailler ensemble afin de réenclencher la dynamique", explique la députée. Création d’une plateforme technique de formation, mise en place d’une zone franche, partenariat avec les entreprises locales pour la reconstruction de la vallée… quelques pistes ont été évoquées. Une deuxième réunion est prévue dans les prochaines semaines.

La secteur de la santé peine à recruter. Les Ehpad de Breil et de Tende cherchent désespérément des infirmières, des aides-soignants et des agents des services hospitaliers.
La secteur de la santé peine à recruter. Les Ehpad de Breil et de Tende cherchent désespérément des infirmières, des aides-soignants et des agents des services hospitaliers. Jean François Ottonello / Nice Matin
Les jeunes de la Roya particulièrement impactés

La mission locale Est 06 accompagne 520 jeunes de la vallée (âgés de 16 à 25 ans révolus). Ces derniers mois, Zied Essid, le directeur a constaté un nombre important de ruptures de formation. « Car les centres sont situés à Nice, Antibes ou Cannes. Il est très compliqué pour les jeunes de la Roya de se rendre sur le littoral depuis la tempête." Zied Essid mise sur la formation de proximité et le lien avec le tissu économique local (maison de retraite, artisan, boulangerie). Des aides peuvent alors être déployées comme la "garantie jeunes «. Elle permet, grâce à une formation intensive, d’accéder à l’emploi afin de favoriser une intégration sociale et professionnelle.Autre possibilité : Le service civique. Il s’agit d’une mission d’intérêt général de six à douze mois au sein d’une structure et indemnisée à hauteur de 580,72 euros mensuels.

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