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Une rentrée à Sciences Po axée vers plus d'humanité

Mis à jour le 11/09/2017 à 05:10 Publié le 11/09/2017 à 05:09

Une rentrée à Sciences Po axée vers plus d'humanité

Les nouveaux étudiants du campus de Menton ont officiellement été intronisés, vendredi. Recevant des responsables de l'école et de politiques des recommandations pour l'année à venir

Malgré l'ambiance festive, malgré les éclats de rire multilingues qui ont réinvesti la place Saint-Julien ces derniers jours, la rentrée solennelle de Sciences Po Menton prend tout son sens lors des discours. Solennels, comme il se doit. Élus locaux et représentants de l'école se prenant volontiers au jeu de l'exhortation.

Le premier conseil à l'attention des « première année » vient cela dit des majors de promo passées sur les bancs de l'institution avant eux. Toutes deux invitées à faire part de leur propre expérience des lieux. « La Zoubida fraîchement débarquée de Casa il y a un an n'est plus la même aujourd'hui. J'ai appris ici la définition de la cohésion… et de l'exténuation. Dans tout ce que j'ai entrepris, j'ai mis du cœur. Et je crois que c'est la clé du succès », résume ainsi l'une d'entre elles. Laissant la parole au grand patron, Frédéric Mion. Précédemment accueilli par les élèves à coup de « Fré-dé-ric » frénétiques.

379 inscrits cette année

Et si le responsable de Sciences Po Paris rappelle en premier lieu combien l'idée de créer une antenne de l'institution à Menton, en 2005, était un « projet un peu fou », remerciant à ce titre les acteurs de cette réussite, c'est dans sa description du « projet pédagogique » que Frédéric Mion exaltera définitivement les quelque 379 inscrits au campus.

« Le pourtour méditerranéen est aujourd'hui agité par des turbulences, pour beaucoup violentes. Mais aucune idée simple, ni simpliste, ne peut permettre de relever les défis qui se présentent à nous. D'Ankara à Tripoli, la démocratie est compliquée à maintenir ou à créer. La liberté n'est jamais acquise pour toujours. Rien ne nous dit encore comment construire des États stables, forts, respectueux des droits de l'Homme là où Daesh a détruit. Face à cet horizon d'inquiétude, nous avons, nous, pour projet de rassembler des jeunes venus du monde entier. Pour bâtir une vision nuancée, voire apaisée. »

Et d'appeler les étudiants à tenter de « discerner les lueurs d'espoir qui se dessinent dans un ciel sombre ». Poursuivant : « Il vous revient de percer les nuages par votre talent, votre énergie et les outils intellectuels que vous acquerrez ici ! » Des applaudissements enthousiastes viennent clore son intervention.

Le maire de Menton, Jean-Claude Guibal, les invite pour sa part à ne pas se détourner de l'être humain. À faire preuve d'un véritable « respect à la personne ». « Si vous n'en avez pas la capacité dès maintenant, alors vous risquez de dériver vers un monde pas forcément humaniste - même si ce dernier sera peut-être dépassé demain. »

Quelques étudiants pianotent sur leur portable, l'élu de la ville où ils ont fait le choix de passer deux ans, lui, distille un dernier conseil : « Ne réduisez pas les êtres humains à leur dimension économique ! »

Également passé sur les bancs de Sciences Po Paris, le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc amorce une description de ce qu'était l'institution à son époque. Pour mieux souligner combien la grande école d'aujourd'hui a changé… « en bien ». Plus ouverte, plus multiculturelle, plus diversifiée. Mais toujours apte à structurer les esprits et la parole.

Soucieux de décrire aux nouveaux venus le département où il officie depuis presque un an, le représentant de l'État cite l'écrivain Julien Gracq. « Dans sa version du questionnaire de Proust, quand il se demande quelle est sa nationalité, il répond "frontalière". Et c'est bien là l'un des génies de Menton. » Même si, précise-t-il, cette frontière peut parfois être source de troubles. « J'ai moi-même beaucoup de difficultés à la gérer tant elle peut être incompréhensible, complexe. Mais si moi je dois la garder, vous, réfléchissez dessus. Vous apporterez beaucoup aux autres. »


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