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Mobilisation générale contre le harcèlement scolaire à Monaco

Mis à jour le 24/10/2016 à 11:21 Publié le 24/10/2016 à 18:25
La Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d’enfants harcelés.

La Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d’enfants harcelés. Photo Michaël Alesi

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Mobilisation générale contre le harcèlement scolaire à Monaco

Des actions sont menées par l’Éducation nationale pour lutter contre un fléau qui toucherait environ 10% des collégiens. Le sujet mobilise également les politiques.

"Ma fille avait douze ans. Elle est restée déscolarisée deux mois pour dépression au CHPG. Les médecins me disaient que son trouble était la conséquence d’un harcèlement scolaire. Après, quand elle est retournée au collège, c’était pire. Nous n’avons mesuré que tardivement la gravité de la chose; moi, sa mère et le corps enseignant. Ça se produit beaucoup plus que ce que l’on veut croire. Ma fille n’a pas subi de violences physiques. C’était bien plus sournois."

Victoria* explique calmement aujourd’hui ce qu’elle a vécu il y a quelques années. Aujourd’hui, son fils fréquente le collège dans lequel sa fille a eu une si mauvaise expérience. Elle n’en veut à personne. Elle souhaite seulement souligner que le harcèlement existe et qu’il ne faut pas se voiler la face.

Environ 10 % de scolaires concernés

Le harcèlement scolaire existe, oui. "Action innocence Monaco" est à l’initiative d’un sondage à ce propos réalisé à la rentrée 2015. "Les résultats ont permis de constater que la Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d’enfants harcelés." Une façon un peu pudique de dire qu’il s’agit de 10%.

Ce même chiffre a été donné par le groupe politique "Horizon Monaco" par communiqué de presse. L’élue au Conseil national, Béatrice Fresko-Rolfo, veut briser le tabou. "Je n’accuse personne. Je souhaite seulement que le gouvernement princier publie les résultats de l’enquête effectuée. Protéger nos enfants, c’est ma priorité."

De son côté, Christophe Robino, élu de la majorité, président de la commission Éducation et Jeunesse, souligne: "Le harcèlement est un sujet grave. Aujourd’hui, l’Éducation nationale et les autorités ont pleinement conscience et font énormément de choses pour prévenir le problème. J’attends d’être destinataire des vrais chiffres. Quoi qu’il en soit, le sujet ne doit aucunement être politisé."

Malgré nos multiples sollicitations durant un mois, nous n’avons reçu aucune réponse de l’Éducation nationale. Dommage, car on sait qu’un travail est bel et bien fait auprès des élèves. Lors de la conférence de presse de rentrée scolaire, la "formation des élèves à la médiation par les pairs" a été évoquée.

Une formule prude pour nommer l’action faite au sein du collège Charles-III en classe de 5e.

"Des élèves, sur la base du volontariat, seront formés par une médiatrice sur une période allant de sept à douze semaines."

Il s’agit de "développer le sens des responsabilités des élèves, lesquels vont acquérir un certain nombre de comportements leur permettant d’intervenir auprès de leurs camarades pour tenter de rétablir les liens rompus. (...) Si l’expérience s’avère positive, elle sera bien entendu étendue l’année suivante à davantage de classes du collège Charles-III, ainsi qu’à d’autres établissements."

Bienveillance, tolérance, respect d’autrui: l’Éducation nationale veut en faire un credo. Et l’action menée ne l’est pas qu’en 5e. On sait qu’en 3e, les élèves travaillent également sur le harcèlement.

"On a deux heures de formation là-dessus, explique une adolescente. Et on a même dû inventer une poésie sur le sujet"

Et en novembre, en écho à la Journée nationale du harcèlement le 3 novembre, une grande campagne d’affichage sera lancée par «Action Innocence Monaco».

"On est tous responsables"

"Ma fille avait douze ans. Elle était au collège Charles-III. C’est difficile de retracer toute l’histoire. ça a duré plusieurs années. On est tous responsables. Je m’en souviens à partir du moment où elle a refusé d’aller à l’école. Elle est allée plusieurs fois aux Urgences pour des douleurs abdominales qui étaient alors identifiées comme liées au stress. Au fil du temps, ma fille m’a expliqué que ses copines l’attaquaient sans arrêt sur sa sensibilité et sa fragilité. Avec le stress, elle a pris un peu de poids. Bien qu’elle ne fût jamais obèse, ses camarades de classe ont commencé à l’attaquer sur son aspect physique. Peu à peu, elle a perdu ses amies. On lui jetait des morceaux de papier dessus. ça a commencé en 5e et ça s’est poursuivi en 4e.Elle a refusé de changer de classe, car elle avait peur des réprimandes de ses camarades. Nous en avons parlé avec l’assistante sociale qui aidait ma fille à monter en classe car elle ne parvenait même plus à pénétrer dans le bâtiment. La psychologue m’avait dit: "C’est de la phobie scolaire".»

La fille de Victoria est restée deux mois dans le service psychiatrique du CHPG, pour dépression. Après, c’était pire."Elle s’en est sortie parce qu’elle est partie en internat à l’étranger. Tout est alors rentré dans l’ordre. Et elle en est sortie plus forte."

Aujourd’hui, Victoria* est une maman sans inquiétude. Sa fille poursuit brillamment ses études et a retrouvé un équilibre de vie.

"c'est un problème important"

"Mon fils a 15 ans. Il est aujourd’hui au lycée. Ça s’est passé au collège. Un de ses camarades le taquinait. Il le poussait par terre. Mon fils n’osait rien dire, ni aux professeurs ou au corps éducatif.

Il ne voulait plus aller au collège. Il avait mal au ventre. C’est moi qui ai alerté un professeur avec qui j’avais des relations privilégiées et qui en a parlé. Une semaine plus tard, cette enseignante m’a téléphoné: elle avait déclenché une réunion de professeurs pour évoquer le problème car mon fils n’était pas la seule victime. Après, je n’ai plus rien entendu. Le camarade de classe a été puni, m’a-t-on rapporté. Ça a duré quelques semaines, voire deux ou trois mois.

Je n’ai parlé ni avec un psychologue ni avec un médecin. C’est un problème important. J’entends beaucoup, autour de moi, d’histoires très difficiles entre enfants."

Maria* ne jette la pierre à personne. Elle voudrait seulement que "les écoles informent davantage".

* Les prénoms ont été modifiés.


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