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Masques inclusifs pour les écoliers de Monaco: comment ça se passe en classe?

Depuis fin janvier, les élèves de CP, CE1 et ceux à besoins particuliers sont équipés de masques transparents. Si ces derniers présentent des avantages, il y a aussi quelques inconvénients.

Marie Cardona Publié le 20/02/2021 à 09:58, mis à jour le 20/02/2021 à 10:02
À l’école des Révoires, environ 120 élèves ont été équipés de masques transparents, ainsi que 2 enseignants. Photo Jean-François Ottonello

Kiara, élève en classe de CP à l’école des Révoires, est formelle. "Avec le masque transparent, la maîtresse elle m’entend mieux."

À 6 ans et demi, la petite fille a bien compris l’intérêt de ce nouvel accessoire, arrivé dans les écoles de la Principauté fin janvier. "Avec la vitre, la maîtresse voit si on se trompe. Elle peut nous corriger quand on lit les phrases."

Ce mercredi matin là, à l’école des Révoires, Kiara et ses camarades participent à un cours de phonologie. Une matière indispensable à l’apprentissage de la lecture car elle permet d’identifier les sons.

 

"Le [b], les joues se gonflent"

Leur institutrice, Nathalie Cravero, décortique des mots à voix haute, insiste sur certains sons en les exagérant. Alors, quand un élève bute sur le mot "bidon", la maîtresse l’encourage et rappelle à la classe en pointant le bas de son visage: "Le [b], les joues se gonflent".

"Lorsque l’on enseigne la lecture en classe de CP, il faut pouvoir avoir une correction immédiate au niveau du placement de la langue, des joues et de la bouche. Il n’y a pas que le son qui importe. C’est un ensemble. Cela est particulièrement vrai pour les lettres qui portent à confusion comme le “b” et le “d”, le “p” et le” q”", explique Nathalie Cravero.

Parmi les élèves, tous ne se sont pas encore habitués à ce nouvel accessoire plus contraignant. Comme Robert, 6 ans et demi. "Ce masque dérange ma bouche. Il est dur et il s’enlève quand je parle", confie le petit garçon, en replaçant le masque qui avait glissé sous son nez.

 

À côté de lui, son camarade se plaint de la buée stagnante sur la vitre transparente. "Ce n’est pas très confortable."

C’est en raison de ces contraintes que le masque transparent n’est porté par les élèves que ponctuellement et pour des cours bien particuliers: lecture, phonologie et langues. Le reste du temps, les écoles ont recours au masque occultant classique.

Au rez-de-chaussée de l’école, justement, Fiona Wenden anime un cours d’anglais avec le reste de la classe, séparée en demi-groupe. Au menu: l’apprentissage du vocabulaire relatif au visage.

"Pour la maîtresse, ces masques transparents sont un réel avantage. Les enfants voient la bouche ce qui leur permet de mieux appréhender la prononciation des mots", valide la professeure.

Car à cet âge, les écoliers commencent à apprendre l’anglais uniquement à l’oral. "Il y a bien évidemment des vidéos et des CD mais pour appréhender l’articulation, le professeur est leur seule référence."

 

Du côté des élèves, "ça nous aide à voir s’ils participent en classe en observant si la bouche bouge". Les timides sont avertis!

Dans sa classe de CP aux Révoires, Kiara est heureuse de « pouvoir voir la bouche » de ses amis. Photo Jean-François Ottonello.

"Ma fille a retrouvé le visage des copains"

Mère de quatre enfants, Maria a vu sa petite dernière, Lucia, scolarisée à l’école Saint-Charles, être dotée de deux masques transparents il y a quelques semaines. "Nous avons reçu un mail pour nous avertir de cette nouvelle dotation. Il était précisé que c’était pour faciliter l’apprentissage de la lecture et que les enfants le porteraient de façon ponctuelle."

Alors qu’en est-il ? "Pour le moment, c’est trop récent pour se rendre compte si ces nouveaux masques ont un réel impact", explique Maria.

Pour autant, elle affirme ne pas avoir observé de difficultés chez sa fille lors de sa rentrée masquée en CP cette année. "Si je compare à mes autres enfants, plus grands, je n’ai pas remarqué de retard particulier en raison du masque. Les professeurs ont trouvé le moyen de s’adapter."

Elle poursuit: "La seule chose que je vois pour le moment, c’est que ma fille est contente. Elle a retrouvé le visage de ses copains. C’est une petite chose, mais socialement c’est important."

Tous les jours, Lucia prend donc le chemin de l’école avec deux masques occultant dans son cartable. "Elle les ramène le soir et nous les lavons tous les jours." Quant au masque transparent, "il reste à l’école étant donné qu’il n’est utilisé que ponctuellement. Et Lucia le ramène une fois par semaine pour être lavé également", explique la maman, qui note chez sa fille beaucoup de résilience. "Les enfants se sont habitués beaucoup plus vite que nous, adultes."

 

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