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Les étudiants s’organisent La passation d’appartements par cooptation à Sciences Po : une combine bien rodée face au coût du logement Les galères des étudiants étrangers de Sciences Po 80 logements étudiants promis par la mairie

Mis à jour le 27/08/2019 à 10:15 Publié le 27/08/2019 à 10:15
En cette rentrée 2019, trois sciencepistes ont récupéré via ce système une colocation traditionnellement connue pour accueillir des réunions ou soirées étudiantes, notamment d’intégration.
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Les étudiants s’organisent La passation d’appartements par cooptation à Sciences Po : une combine bien rodée face au coût du logement Les galères des étudiants étrangers de Sciences Po 80 logements étudiants promis par la mairie

Chaque année, ils se heurtent aux prix élevés des loyers. Mais, face à une offre inégale, les étudiants qui s’installent à Menton trouvent des solutions pour loger à moindre frais

À l’instar de Sciences Po, l’IUT Carrières sociales de Menton, ouvert depuis 2009, dispose lui aussi d’une formule de reprise d’appartements entre les étudiants. Initié il y a quelques années par des anciens étudiants laissant les adresses de leurs précédents logements, le concept a fait ses preuves jusqu’à se répandre largement dans les couloirs de l’IUT.

« Les partants communiquent les coordonnées des propriétaires. Cela se fait un peu selon les envies de chacun », estime Floriane, une ancienne étudiante, pour décrire le processus.

« À mon époque, la liste n’était pas trop mise à jour. L’année suivante, on a demandé à ceux qui partaient de remplir la liste dès avril », confie Lila, étudiante sortie de l’IUT en 2016. « Chaque année, le système évolue et ils trouvent de plus en plus de solutions », affirme de son côté Marin.

Désormais, c’est Chloé, secrétaire de l’association, composée d’anciens étudiants « Les Citrons Seniors », qui est chargée de mettre à jour cette liste de logements. Afin de guider les étudiants selon plusieurs critères : le prix abordable, la sympathie du propriétaire, l’emplacement pratique ou non... Ceux-ci peuvent s’avérer utiles pour bien savoir où tomber.

Ce schéma reste néanmoins à parfaire. « Les logements restent assez exorbitants à Menton. Certains prenaient des appartements à Nice de leur côté pour réduire leurs coûts », poursuit Lila.

« Les appartements les moins chers disparaissent assez vite de la liste, ce qui peut la rendre obsolète », livre également un étudiant anonyme.

Avec quelques années d’expérience supplémentaires, ce système devrait gagner en finesse.

Le campus de Sciences Po Menton est encore jeune. Lancé en 2005, il accueille chaque année de plus en plus d’étudiants. De 20 sciencepistes à sa création, tous logés en résidence étudiante, à presque 300 aujourd’hui... La demande est très vite devenue supérieure à l’offre. Le problème : il est de plus en plus difficile de trouver un appartement à bas prix.

La solution présentée par Sciences Po, c’est une liste de logements disponibles sur une plate-forme en ligne, réalisée en accord direct avec certains propriétaires, et mise à disposition en interne. Une proposition louable qui est fréquemment utilisée depuis quelques années. Néanmoins, bien que très pratique pour les néo-Mentonnais, ce n’est pas tant ce système qui semble être le plus avantageux pour les étudiants qui entrent en deuxième année. Le procédé de la passation d’appartement par cooptation se répand de plus en plus.

Il s’agit d’un système de transmission d’appartements par recommandation. Cette pratique s’est mise en place pour faire baisser les coûts, mais elle a également l’avantage d’éviter les mauvaises surprises en investissant un lieu déjà habituel. « Il est très fréquent de changer d’appartement entre les deux années d’études par le système de cooptation. Cela permet de ne pas tomber dans l’inconnu en récupérant un appartement que l’on connaît déjà », livre Emmanuel, qui a eu recours à ce procédé pour emménager dans l’un des repères des étudiants de Sciences Po. « C’est comme cela que l’on trouve des appartements à des prix bien plus cohérents, confie Loane, qui a, elle aussi, investi une autre colocation connue des sciencepistes. En première année, on n’a jamais de très bons appartements à moins d’y mettre au moins 600 euros par mois, et encore ça ne les vaut rarement ! »

Concrètement, Emmanuel, Martin et James, tous trois étudiants en deuxième année à Sciences Po, paient un peu plus de 500 euros par mois chacun pour un appartement de 91 m², quand ils louaient des logements individuels trouvés sur la plate-forme de Sciences Po ou via une agence immobilière pour plus cher l’année précédente. « Là où c’est dur, c’est que l’on trouve très peu d’appartements abordables. On est conscients de la chance qu’on a d’avoir obtenu ce logement même s’il reste cher pour une colocation. Mais, c’est le prix à Menton », reprend Emmanuel. Dans les faits, pour investir cet appartement, ces trois étudiants ont dû s’y prendre très tôt et jouir d’un concours de circonstances.

« Il faut être proche de quelqu’un, voir s’il est possible de récupérer son appartement, demander le numéro de son propriétaire et enfin se faire recommander par les anciens locataires. Cela plaît aux propriétaires car ils savent qu’ils vont louer chaque année à des personnes de confiance », explique Emmanuel.

C’est donc un système gagnant-gagnant. Du moins pour les plus organisés. « En février-mars, il y a une ‘‘course aux appartements’’ : les étudiants de première année vont rapidement se positionner sur les colocations des deuxièmes années qui partent. Pour certains appartements, il y a plusieurs concurrents. Apparemment, il est même arrivé de faire passer des entretiens pour choisir les futurs colocataires », poursuit Emmanuel. En somme, c’est un processus de long terme qui débute dès lors que les sciencepistes s’organisent entre eux. Lorsqu’un logement se libère, un post est publié sur leur groupe Facebook en interne. Les informations circulent vite.

Ce groupe privé sert aussi à dénoncer les propriétaires malhonnêtes pour éviter les logements à problème. « On use d’un certain pouvoir de nuisance interne car un propriétaire malhonnête qui n’aurait par exemple pas rendu une caution peut très vite se faire une mauvaise réputation ». Preuve du succès de la mise en place d’un système global. Pour l’heure, la rentrée pointe le bout de son nez. Les « première année » sont en semaine d’intégration depuis hier quand les « deuxième année » arriveront jeudi. Le début des cours s’effectuera le lundi 2 septembre.

Sur une promotion de 150 étudiants à Sciences Po Menton, environ la moitié est constituée d’étrangers. Ils font partie intégrante d’un cursus de cinq ans issu du campus de Sciences Po Paris. Dans les faits, les futurs diplômés n’étudient à Menton que pendant leurs deux premières années d’études.

Trouver un logement dans ses frais quand l’on ne connaît que peu la France voire pas du tout la cité du citron relève presque de l’exploit. « Beaucoup d’étudiants ont des problèmes pour trouver un logement lorsqu’ils débarquent en première année à Menton. Notamment les étudiants étrangers. Je suis originaire de Milan, j’ai pu me déplacer moi-même pour visiter l’appartement, mais la plupart n’ont pas eu cette chance », confie Raffaele, étudiant en deuxième année à Sciences Po Menton. Les étudiants étrangers n’ayant ainsi pas d’autre choix que de faire confiance à la liste proposée par Sciences Po.

« La deuxième année, c’est toujours plus facile de trouver parce que l’on connaît déjà les logements disponibles en interne. C’est uniquement difficile pour les personnes qui cherchent une colocation de plus de trois personnes », poursuit-il.

Une des difficultés éprouvées par les étudiants étrangers est surtout liée à la compréhension avec les professionnels, Ne maîtrisant pas toujours le Français à leur arrivée.

« Je viens de Norvège, la barrière de la langue était un véritable défi pour communiquer avec la propriétaire en première année », se souvient Kaja, elle aussi en deuxième année.

Alors, les agents immobiliers sont-ils plus réticents à louer à des sciencepistes étrangers ? « Les propriétaires nous demandent un maximum de garanties. De notre côté, on en obtient plus facilement quand les locataires sont Français, notamment pour la caution », témoigne un agent immobilier mentonnais. Toutefois, les étudiants étrangers finissent dans la quasi-intégralité des cas par trouver un appartement dans les temps.

“Menton n’est pas le bon marché pour se loger quand on est étudiant”- un agent immobilier mentonnais

Pour parfaire l’offre des résidences de la cité du citron, la Ville projette de construire 80 studios spécifiques aux étudiants.

« Les plans sont déjà établis. Nous allons commencer par les locaux de l’association ‘‘Crèche et orphelinat’’ puis nous allons rénover la Villa Jasmin et Menton Plus. Avant de s’occuper de la caserne Forty, qui est la plus grosse opération », affirme le maire Jean-Claude Guibal.

Les débuts des travaux n’ont pas été communiqués mais ne sont pas encore d’actualité. Ils permettraient néanmoins de continuer le développement de l’offre étudiante. Le nombre de logements grimpant à 140, et une soixantaine étant déjà effective sur trois sites : la Villa Jasmin, Menton Plus, et la caserne Forty.

Cependant, cela ne suffirait pas à loger les plus de 700 étudiants mentonnais annuels. « Mais la ville n’a pas vocation à devenir une cité étudiante », précisait le maire il y a encore quelques mois, tout en se disant « attentif à la construction de résidences étudiantes, malgré le prix du foncier et le manque d’espace adéquat sur la commune ».

Toutefois, si l’offre est inférieure à la demande, les jeunes qui logent au sein des résidences semblent unanimes.. « Généralement, vivre en résidence, c’est le bon plan. Car ce n’est pas cher et convivial. C’est une femme de ménage qui s’occupe de notre linge aussi. Mais il y a peu de places, c’est le principal problème avec le manque d’intimité », résume Clémentine, étudiante en deuxième année à l’IUT. Pour obtenir sa place, il faut débourser en moyenne entre 200 et 360 euros par mois. Et avoir la chance qu’une place se libère.

La liste des logements disponibles, un système simple géré par l’association étudiante « Les Citrons Seniors » de l’IUT de Menton.
Le cursus Moyen-Orient Méditerranée proposé par Sciences Po Menton attire les étudiants étrangers.
Menton Plus, la caserne Forty et la Villa Jasmin peuvent accueillir 60 étudiants.

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