La cantine scolaire va-t-elle coûter plus cher dans votre commune de la métropole de Nice?

Beaucoup d’élèves mangent à la cantoche le midi. Pratique pour les parents, sympas pour les enfants. Mais cette année, certaines communes ont dû augmenter les tarifs. Zoom.

Rafael Perrot Publié le 31/08/2022 à 07:15, mis à jour le 30/08/2022 à 22:24

Entre la flambée du prix de l’énergie et des matières premières, le budget des ménages est de plus en plus serré. Les collectivités elles aussi doivent gérer les conséquences de l’inflation sur leurs activités. Parmi elles: la restauration scolaire. Nourrir nos chères têtes blondes coûte de plus en plus cher. D’autant que beaucoup de municipalités ont pris le parti de favoriser les producteurs de locaux, de proposer du bio... bref, une démarche saluée par les familles mais pas la plus économique.

De ce fait, plusieurs mairies, bien souvent après plusieurs années de stagnation, ont décidé de réévaluer les tarifs de la cantine.

La raison avancée est sensiblement toujours la même: sans cela, il faudrait rogner sur la qualité des repas. Un choix que refusent d’opérer les collectivités. Globalement, ces hausses restent maîtrisées, en moyenne autour de 5%.

Plus rares sont celles qui ont décidé de ne pas toucher les prix, afin de permettre aux administrés de maintenir leur pouvoir d’achat. C’est le cas de La Trinité, Villefranche-sur-Mer et dans une moindre mesure de Nice puisque cela concerne seulement les foyers les plus modestes.

 

La plupart du temps, des barèmes sont mis en place pour tenir compte des revenus des familles afin d’aider celles qui sont le plus en difficulté.

Voici les variations dans les principales communes de la région niçoise.

Le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, en charge de la restauration scolaire des collèges, a décidé de voter une subvention pour éviter d’augmenter les tarifs. (Photo Dylan Meiffret).

Cagnes-sur-Mer

La commune a décidé d’appliquer une hausse de 5% des tarifs de la restauration scolaire à partir de la rentrée de septembre. Elle précise: "l’inflation depuis 2018 a représenté en cumulé une hausse de 10,3% pour la collectivité. La ville de Cagnes n’avait jusque-là pas modifié les prix de la cantine scolaire. Or l’inflation prévue sur 2022 par la Banque de France serait de 12%, et l’augmentation prévisionnelle des coûts de l’alimentation de 13%. Dès lors, et afin de maintenir le niveau et la fourniture des menus en bio à hauteur de 70%, l’augmentation de 5% des tarifs de la restauration scolaire est indispensable pour maintenir la qualité des repas servis aux enfants qui constitue une priorité absolue de la municipalité."

La Gaude

Les tarifs de la cantine scolaire vont être réévalués pour la rentrée avec une augmentation de 4%. Lors du conseil municipal, le maire Bruno Bettati rappelait que: "la tarification n’avait pas connu de revalorisation depuis le 1 janvier 2016 malgré l’inflation et l’arrivée de nouvelles normes budgétaires dont l’impact budgétaire est conséquent. Depuis cette date, nous avons observé les variations de certains produits: les frites ont augmenté de 111%, la crème liquide de 154%, les tomates pelées de 174%. Or nous avons limité la hausse à 4%. Nous avons hésité, nous avons débattu, mais nous avons estimé que c’était nécessaire pour les finances communales." Très concrètement, le prix du repas passera de 3,69 euros à 3,84 euros dans les 5 écoles de la commune (3 maternelles et 2 primaires).

La Trinité

Les foyers de la Trinité ne verront pas leur facture de cantine augmenter en cette rentrée. Le maire Ladislas Polski souligne le fait que "la municipalité n’augmente pas les tarifs pour ne pas fragiliser le pouvoir d’achat des familles trinitaires. La commune va poursuivre le travail de lutte contre le gaspillage alimentaire et pour l’amélioration de la qualité des repas. Cette stratégie est vertueuse sur le plan environnemental et permet de limiter l’impact des hausses de matières premières pour la collectivité." Malgré les hausses des matières premières, de l’énergie et des salaires (hausse du point d’indice des fonctionnaires), la mairie explique qu’elle avait "anticipé cette situation en travaillant minutieusement avec les équipes municipales et [son] prestataire sur le gaspillage alimentaire pour une meilleure maîtrise des produits proposés et des coûts. Afin de renforcer cette démarche, nous allons mettre en place une étude, qui durera 4 semaines de mi-septembre à mi-octobre, et qui va nous permettre d’identifier les produits proposés dans les menus dont la consommation par les enfants est inférieure à 25%, 50% ou 75%. En parallèle, les enfants participeront à cette étude en donnant leur avis afin de nous éclairer sur la qualité et la perception de cette qualité des repas." Cela permettra de modifier certains repas qui entraînent du gâchis tout en maintenant l’équilibre alimentaire. "Cette démarche se veut qualitative et responsable tant sur un plan économique qu’écologique."

La collectivité précise que "les dépenses supplémentaires ayant été limitées, elles ont donc pu être absorbées dans le budget communal grâce à d’autres économies budgétaires par ailleurs."

 

Nice

Pas de changement dans la Baie des Anges pour le porte-monnaie des parents aux revenus les plus faibles, et une légère hausse du prix pour les autres.

Le maire, Christian Estrosi, justifie: "En cette rentrée scolaire, alors que les Niçoises et les Niçois sont, comme tous leurs concitoyens, confrontés à une inflation importante, j’ai souhaité préserver leur pouvoir d’achat et maintenir les tarifs des cantines scolaires pour les familles les plus modestes. Depuis la reprise en régie de la restauration scolaire en 2011, j’ai souhaité que notre politique tarifaire dans ce domaine soit la plus juste possible au regard de l’importance du repas du midi pour les enfants. Nous avons créé une cuisine centrale de haute technologie, une cuisine sans plastique et nous avons investi chaque année pour améliorer la qualité de la prestation alimentaire. Aujourd’hui, plus de 3,8 millions de repas sont servis chaque année aux jeunes convives des écoles publiques niçoises." Dans le détail, pour les familles au coefficient familial inférieur ou égal à 350, le tarif est maintenu à 1 euro pour les écoles élémentaires et à 80 centimes pour les maternelles. Si les autres tarifs n’avaient pas augmenté depuis 2017, à compter de cette rentrée, leur revalorisation sera de 5 centimes par repas en maternelle et en élémentaire (soit des hausses de 1,96% et de 1,54%).

Et la municipalité de préciser: "Pour une famille de 2 enfants déjeunant tous les jours à la cantine, cela représente 2 euros par mois à compter de la rentrée de septembre. Si les tarifs avaient été augmentés strictement du montant de l’inflation, ce sont près de 40 euros supplémentaires sur l’année scolaire dont cette famille aurait dû s’acquitter. Par ailleurs, des mesures de gratuité sont accordées chaque année à plus de 900 enfants." Et de conclure: "les prix des repas facturés aux familles sont très inférieurs au coût réel d’un repas pour la collectivité qui est proche de 8 euros".

St-Laurent-du-Var

Alors que ses tarifs étaient bloqués depuis 2016, Saint-Laurent-du-Var s’est résolu à une augmentation de 5% faisant passer le prix d’un repas de 2,80 à 2,95 euros. Elle explique: "toutes les municipalités font face aujourd’hui à une augmentation sans précédent de nombreuses denrées et de certaines matières: le lait +16%, le riz +13%, la viande hachée de bœuf +22%, soit une hausse moyenne de 12% sur un an. De plus, de nombreuses nouvelles contraintes réglementaires de la restauration scolaire issue de la loi EGALIM2 ont nécessité d’importants investissements, notamment au niveau des cuisines. Malgré ce contexte difficile, la municipalité garde toujours son objectif de ne pas faire peser ces surcoûts en ayant recours à l’augmentation des taux d’imposition. L’objectif est également de maintenir la qualité et la sécurité des repas servis aux enfants. Pour rappel, à Saint-Laurent-du-Var, les familles paient moins de 40% du prix de revient d’un repas."

Villefranche- sur-Mer

Ici non plus, pas de changement: les Villefranchois recevront la même facture que l’année scolaire dernière. "Le maire (Christophe Trojani) n’a pas souhaité revoir le tarif appliqué aux familles", explique la Ville. "Nous restons donc sur un barème de 2,40; 2,70 et 3 euros en fonction du quotient familial."

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