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Immergée quinze jours au coeur de l'Arctique

Six ans après une première expédition, Alexia Fabiani, Sospelloise d'origine italienne et ancienne lycéenne à Monaco, a renouvelé l'expérience dans cette région reculée du globe. Elle raconte...

Thibaut Parat Publié le 28/08/2018 à 05:10, mis à jour le 28/08/2018 à 05:10
Alexia Fabiani (à gauche), sur une calotte glaciaire du Groenland, aux côtés d'une chercheuse sur l'impact du changement climatique sur les communautés nordiques et de leur adaptation, et d'un chasseur et ranger canadien.	(DR)
Alexia Fabiani (à gauche), sur une calotte glaciaire du Groenland, aux côtés d'une chercheuse sur l'impact du changement climatique sur les communautés nordiques et de leur adaptation, et d'un chasseur et ranger canadien. (DR)

Nom de code : Students On Ice. Littéralement, « étudiants sur la glace ». Derrière cet intitulé un brin réducteur, une expédition pas comme les autres. Au sommet du monde, en pleine zone polaire. Dans l'extrême Arctique canadien et au Groenland, pour être précis.

Ce bref résumé de la mission de quinze jours ferait saliver plus d'un baroudeur ou profane de l'aventure : « Immergés dans l'environnement arctique, les 130 élèves de seize pays se connecteront à la terre, à l'océan, aux communautés et à leurs pairs tout en étant dirigés par une cohorte mondiale de scientifiques, d'historiens, d'artistes, d'experts, d'explorateurs, d'éducateurs et de leaders autochtones et non autochtones visionnaires. »

Une première expérience en 2012

 

Parmi les heureux élus à avoir embarqué sur le navire MS Ocean Endeavour : Alexia Fabiani, une Sospelloise d'origine italienne. Pour cette étudiante en physique fondamentale à Nagoya (Japon), embarquée dans ce périple épique du 23 juillet au 7 août dernier, ce coin du globe n'était guère étranger. En 2012, déjà, un concours Students On Ice avait permis à cette ancienne lycéenne de FANB, à Monaco, d'explorer cette région. Sans puiser dans ses deniers personnels.

Six ans plus tard, elle repostule pour une nouvelle expédition. Reçue ! Mais cette fois, celle-ci n'a pas été tout frais payés. Alexia Fabiani a dû débourser pas loin de 10 000 euros. Une somme rondelette, amortie par le soutien financier de la Fondation Prince Albert II de Monaco, de ses proches et d'une cagnotte en ligne.

De retour d'Arctique, plus épanouie que jamais, la jeune fille a vécu cette seconde expérience de façon radicalement différente. Plus mature. Avec un regard et une ouverture d'esprit sans doute plus aiguisés que jadis. « À l'époque, j'étais encore une adolescente. Là, ce fut une véritable introspection. On a réfléchi sur la manière dont on appartenait à cette Terre, des questions que l'on ne se pose pas d'ordinaire. J'ai passé plus de temps dehors, à regarder, toucher, sentir. Loin des réseaux sociaux et du téléphone. ça fait du bien ! », explique-t-elle, avec le recul.

Quinze jours entre terre et mer. Entre excursions et ateliers. Réfléchir, interagir et découvrir. Un triptyque prêché par les étudiants, les « aînés » et la pléiade de spécialistes et intervenants du monde polaire.

 

Dans une eau à 2 degrés

Là-bas, Alexia Fabiani et ses camarades ont découvert la faune et la flore. « C'est un environnement unique et très fragile. Mais à la fois si luxuriant, avec beaucoup de plantes », montre-t-elle en ouvrant un carnet, truffé de fleurs.

Souvenirs de voyage.

La jeune fille y a aussi découvert les jeux et chants (de la gorge !) inuits. A navigué dans la cavité d'un iceberg en paddle. A appris à écrire une mélodie. A flirté de près ou de loin avec les chiens de traîneaux, ours polaires et autres baleines à bosses. A nettoyé des peaux de phoques et nagé dans les eaux glaciales (2°C !) de l'Arctique. Avec combinaison. Puis sans. « J'y suis restée à peine une seconde en maillot de bain », se marre-t-elle. A participé à des ateliers sur l'appartenance, le changement climatique ou encore la pleine conscience. A fabriqué des harnais pour chiens, brodé des boucles d'oreilles. Sans parler des récits contés par les communautés locales, dont les plus sombres de leur histoire. « Sans doute le moment le plus difficile de l'expédition. On sentait que c'était tendu dans la salle. Les aînés inuits nous ont raconté comment le gouvernement canadien tuait leurs chiens pour les garder sédentaires ou séparait les enfants des familles en les envoyant dans des écoles pour changer leurs pensées », explique-t-elle, encore secouée.

De cette zone reculée, elle est définitivement tombée amoureuse. Au point d'envisager un master au Canada dans les sciences polaires. Et même une formation pour devenir guide nature en Arctique.

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