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"Il suffit d’un cas mal géré pour aller vers un drame terrible" ... Comment l'académie de Nice accompagne ses personnels après l'assassinat de Samuel Paty

Comment l’académie de Nice vient en aide à ses personnels, après l'assassinat de Samuel Paty?

Propos recueillis par M. T. mtranoy@nicematin.fr Publié le 15/10/2021 à 07:15, mis à jour le 14/10/2021 à 19:58
(Photo M. T.)

Ce vendredi 15 octobre, les établissements scolaires sont invités par le ministère de l'Education nationale à rendre hommage à l'enseignant Samuel Paty, un an après son assassinat. 

Un drame qui a choqué la France et plus particulièrement la communauté éducative. Comment l'académie de Nice, accompagne-t-elle ses personnels, face aux difficultés rencontrées? Richard Laganier, recteur de l'Académie de Nice fait un état des lieux. 

Dans quel état d’esprit est la communauté éducative un an après l’assassinat de Samuel Paty?
L’assassinat de Samuel Paty a profondément ébranlé la communauté éducative parce que c’est un enseignant, il représente l’école de la République, la transmission des savoirs, la construction de la citoyenneté et le partage d’un certain nombre de valeurs.

 

Aujourd’hui encore on sent qu’il y a beaucoup d’émotion au moment où on va consacrer un temps d’hommage. Pour certains de nos personnels il y a encore des interrogations, l’expression de besoins d’accompagnement pour se sentir plus à l’aise autour de ces valeurs que l’on doit porter.

Nous sommes en train de former des formateurs. Une cinquantaine sur l’académie.

Qu’est-ce qui a été fait pour mieux les accompagner?
Dans toutes les académies on a mis en place le "carré régalien". Une organisation composée de quatre équipes en charge de prévenir et réagir en cas de difficultés face à quatre types de situation: harcèlement et cyberharcèlement, violences scolaires, l’instruction en famille et les valeurs de la République. Ce travail a pour ambition d’aller plus loin dans la prévention. C’est la raison pour laquelle a été conçu un plan de formation laïcité.

Il a pour objectif de former tous les personnels de l’Education nationale en 4 ans. Soit 36.000 personnels dans l’académie: enseignants, CPE (conseiller principaux d’éducation), personnels de direction et des collectivités territoriales qui peuvent être concernés. Tout ne se joue pas en classe. Ça peut se jouer dans la cour, à l’entrée des établissements. Pour appuyer cette stratégie nous sommes en train de former des formateurs. Une cinquantaine sur l’académie.

La formation des formateurs vient de débuter. Qu’est-ce qui a été concrètement accompli en un an?
Il y a eu entre l’année dernière et maintenant des formations engagées autour de la laïcité. En réponse immédiate on avait mis en place une petite équipe composée d’inspecteurs, de référents en charge des questions de sécurité qui répondaient à des personnels qui pouvaient rencontrer des difficultés.

Un Guide républicain a été distribué en septembre aux chefs d’établissement. Il est aussi en ligne sur le site du ministère de l’Education. Il comprend un nouveau vade-mecum sur la laïcité, qui permet de clarifier les notions. Des fiches pratiques pour répondre aux situations d’atteinte à la laïcité. On a également un recueil de textes sur l’idée républicaine et un manuel sur la façon d’enseigner les valeurs de la République discipline par discipline.

 

 

Les écoles ont toutes un référent police. Car des situations nécessitent parfois son intervention.

Et en cas de problème?
Dès que l’on a un signalement d’atteinte à la laïcité et valeurs de la République, parce qu’on en a encore malheureusement, on doit être en capacité de réagir le plus rapidement possible. Dans le cadre du "carré régalien", on a des équipes mobilités en charge des questions de sécurité. Elles viennent en appui des établissements. Les écoles ont toutes un référent police. Car des situations nécessitent parfois son intervention.

On est allé en établissement en accompagnement psychologique. Il faut aussi qu’on soit en capacité d’accompagner nos personnels en cas de dépôts de plainte: c’est ce qu’on appelle apporter la protection fonctionnelle. L’académie a en outre mis en place un partenariat avec quatre avocats.

Vous évoquiez des incidents. Sont-ils plus nombreux qu’avant?
On n’a pas eu d’inflation. On est a un peu plus d’une centaine sur l’année. Mais ce n’est pas le nombre qui importe. Il suffit d’un cas mal géré pour aller vers un drame terrible. Chacune des situations qui nous remonte via l’application "Faits établissement" fait l’objet d’une attention toute particulière, de manière à pouvoir très rapidement réagir. Et surtout ne pas laisser nos personnels seuls face à un problème.

Ça va de refuser un enseignement car ça contreviendrait à des croyances portées par telle ou telle religion, à une insulte raciste, antisémite ou des violences de la part d’élèves ou de parents. On ne laisse rien passer.

Offre numérique MM+

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