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Harcèlement scolaire : il faut briser le tabou

Mis à jour le 24/10/2016 à 05:11 Publié le 24/10/2016 à 05:11
La Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d'enfants harcelés.

La Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d'enfants harcelés. Michaël Alesi

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Harcèlement scolaire : il faut briser le tabou

Des actions sont menées par l'Éducation nationale pour lutter contre un fléau qui toucherait environ 10 % des collégiens. Le sujet mobilise également les politiques

Ma fille avait douze ans. Elle est restée déscolarisée deux mois pour dépression au CHPG. Les médecins me disaient que son trouble était la conséquence d'un harcèlement scolaire. Après, quand elle est retournée au collège, c'était pire. Nous n'avons mesuré que tardivement la gravité de la chose ; moi, sa mère et le corps enseignant. Ça se produit beaucoup plus que ce que l'on veut croire. Ma fille n'a pas subi de violences physiques. C'était bien plus sournois. »

Victoria* explique calmement aujourd'hui ce qu'elle a vécu il y a quelques années. Aujourd'hui, son fils fréquente le collège dans lequel sa fille a eu une si mauvaise expérience. Elle n'en veut à personne. Elle souhaite seulement souligner que le harcèlement existe et qu'il ne faut pas se voiler la face (lire son témoignage ci-dessous).

Environ 10 % de scolaires concernés

Le harcèlement scolaire existe, oui. « Action innocence Monaco » est à l'initiative d'un sondage à ce propos réalisé à la rentrée 2015. « Les résultats ont permis de constater que la Principauté de Monaco se situe au même rang que les autres pays concernant le pourcentage d'enfants harcelés. » Une façon un peu pudique de dire qu'il s'agit de 10 %.

Ce même chiffre a été donné par le groupe politique « Horizon Monaco » par communiqué de presse. L'élue au Conseil national, Béatrice Fresko-Rolfo, veut briser le tabou. « Je n'accuse personne. Je souhaite seulement que le gouvernement princier publie les résultats de l'enquête effectuée. Protéger nos enfants, c'est ma priorité. »

De son côté, Christophe Robino, élu de la majorité, président de la commission Éducation et Jeunesse, souligne : « Le harcèlement est un sujet grave. Aujourd'hui, l'Éducation nationale et les autorités ont pleinement conscience et font énormément de choses pour prévenir le problème. J'attends d'être destinataire des vrais chiffres. Quoi qu'il en soit, le sujet ne doit aucunement être politisé. »

Malgré nos multiples sollicitations durant un mois, nous n'avons reçu aucune réponse de l'Éducation nationale. Dommage, car on sait qu'un travail est bel et bien fait auprès des élèves. Lors de la conférence de presse de rentrée scolaire, la « formation des élèves à la médiation par les pairs » a été évoquée.

Une formule prude pour nommer l'action faite au sein du collège Charles-III en classe de 5e.

« Des élèves, sur la base du volontariat, seront formés par une médiatrice sur une période allant de sept à douze semaines. »

Il s'agit de « développer le sens des responsabilités des élèves, lesquels vont acquérir un certain nombre de comportements leur permettant d'intervenir auprès de leurs camarades pour tenter de rétablir les liens rompus. (...) Si l'expérience s'avère positive, elle sera bien entendu étendue l'année suivante à davantage de classes du collège Charles-III, ainsi qu'à d'autres établissements. »

Bienveillance, tolérance, respect d'autrui : l'Éducation nationale veut en faire un credo. Et l'action menée ne l'est pas qu'en 5e. On sait qu'en 3e, les élèves travaillent également sur le harcèlement.

« On a deux heures de formation là-dessus, explique une adolescente. Et on a même dû inventer une poésie sur le sujet »

Et en novembre, en écho à la Journée nationale du harcèlement le 3 novembre, une grande campagne d'affichage sera lancée par « Action Innocence Monaco ».


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