Comment Monaco lutte contre le harcèlement scolaire

La loi qui a été votée fin 2021 offre aujourd’hui un cadre pour lutter contre ce fléau et permettre à chaque élève d’être accueilli dans un cadre scolaire sûr, bienveillant et serein.

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Julie Baudin Publié le 08/09/2022 à 08:00, mis à jour le 08/09/2022 à 14:19
Une vingtaine de signalements est recensée chaque année. Photo Michael Alesi/Dir. com

C’est malheureusement devenu un triste fait de société. Une nouvelle épreuve pour la jeunesse. Un danger de plus qui peut et a déjà tué.

La lutte contre le harcèlement scolaire, la Principauté en a fait une cause.

Lors de son discours de rentrée scolaire, vendredi dernier, Isabelle Bonnal, le commissaire général chargé de la direction de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, a placé ce combat au cœur de son action.

5 à 9 cas avérés par an

"Cela participe du bien-être à l’école de l’élève qui est un de mes engagements forts. Nous constatons depuis quelques années 5 à 9 cas avérés par an et près d’une vingtaine de signalements de faits de violence en milieu scolaire, plus particulièrement en collège. Tout est mis en œuvre pour que chaque situation soit traitée mais il est évident que chaque cas de harcèlement est le cas de trop."

La loi du 3 décembre 2021

Dans ce domaine, une grande avancée a été réalisée avec la loi n° 1.513 du 3 décembre 2021 relative à la lutte contre le harcèlement et la violence en milieu scolaire. Celle-ci crée pour la première fois un cadre officiel pour prévenir et traiter ce phénomène en Principauté.

 

Un texte majeur qui affirme le droit de chaque élève à évoluer dans un environnement scolaire sûr et serein.

Violence via les réseaux sociaux aussi

Un environnement scolaire au sens large puisqu’il comprend l’environnement direct, l’établissement scolaire et ses abords, mais aussi l’environnement indirect: le transport scolaire mais aussi toute situation de violence où la victime et l’auteur sont issus du même établissement scolaire, ce qui inclut les insultes via les réseaux sociaux.

Sensibilisation des élèves et formations du personnel

Cette loi officialise aussi la mise en œuvre de séances de sensibilisation pour les élèves, ce qui est déjà mis en place notamment à travers les interventions d’Action Innocence Monaco.

Parmi les nouvelles actions de sensibilisation auprès des élèves cette année, l’association Action Innocence Monaco fera la prévention des risques d’internet dès le CE1 afin que les écoliers soient formés le plus tôt possible à ces enjeux.

La loi prévoit aussi que des formations pour les personnels, enseignants, comme non enseignants pour les aider à détecter les cas de harcèlement et à agir. À noter aussi que dans chaque établissement sera élaboré un plan de prévention et de lutte contre le harcèlement et la violence

 

Un référent "harcèlement-violence" dans chaque établissement

Un référent "harcèlement-violence" a aussi été désigné dans chaque établissement scolaire. Il est l’interlocuteur privilégié de l’élève victime ou témoin de violence et conseille le chef d’établissement sur la prise en charge de ces thématiques délicates.

Six mois après sa publication, le cadre prévu par la loi est d’ailleurs opérationnel. Tous les référents "harcèlement-violence" ont été désignés et tous les personnels enseignants et non-enseignants ont été formés en ligne.

La méthode Pikas

"Il me paraît important de souligner aussi que nous avons été très attentifs à former, en partenariat avec l’Académie de Nice, des personnels des établissements scolaires à la méthode dite de la ‘‘préoccupation partagée’’ ou ‘‘méthode PIKAS’’, qui permet de désamorcer et de traiter des situations de violence et d’intimidation. Cette formation sera étendue cette année à d’autres personnels", ajoute Isabelle Bonnal.

Une méthode qui a fait ses preuves et qui permet d’améliorer significativement le climat scolaire avec un taux de règlement de 75%.

Dix-sept signalements depuis janvier 2022

Côté chiffres, 17 signalements ont été effectués depuis le début du mois de janvier 2022, ce qui montre que la nouvelle loi a permis de libérer la parole et d’inciter les usagers, comme les personnels, à signaler tout cas suspect de violence.

Les auteurs de signalement sont majoritairement des parents d’élèves (71%), suivis des personnels de l’établissement scolaire (18%) et, enfin, des élèves (11%).

Sur ces 17 signalements, 13 portaient sur des faits de harcèlements présumés et 4 sur d’autres types de violence. Le niveau collège est le plus concerné avec 11 signalements.

À la suite d’un signalement, l’établissement scolaire conduit une enquête pour faire la lumière sur les faits signalés et donner les suites nécessaires.

Sur les 17 signalements effectués, 5 relevaient effectivement d’un harcèlement, 7 concernaient des violences autres que le harcèlement (généralement des violences verbales entre élèves) et les enquêtes sur les 5 autres signalements ont montré qu’il n’y avait aucune violence réelle identifiée.

C’est au collège que le nombre de signalements est le plus élevé. Photo Michael Alesi/Dir. com.

C’est quoi le harcèlement scolaire?

Pour la première fois, la loi n° 1.513 du 3 décembre 2021 définit le harcèlement en milieu scolaire: c’est le fait de soumettre un élève à des actions ou omissions répétées ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d’apprentissage ou de vie scolaire.

Photo Michael Alesi/Dir. com.

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