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Ces 5 initiatives qui font aimer l'école aux élèves... Et ça passe aussi par l'assiette!

Mis à jour le 02/09/2019 à 16:46 Publié le 02/09/2019 à 17:00
Au restaurant scolaire du Lavandou, les enfants choisissent leurs menus, élaborés à partir de produits frais et de légumes qu’ils ont eux-mêmes plantés.

Au restaurant scolaire du Lavandou, les enfants choisissent leurs menus, élaborés à partir de produits frais et de légumes qu’ils ont eux-mêmes plantés. G.A.

Ces 5 initiatives qui font aimer l'école aux élèves... Et ça passe aussi par l'assiette!

Découvrir la philo dès l'école primaire, profiter d'une cantine bio en dégustant les fruits et légumes plantés par les élèves eux-mêmes, étudier en se prenant pour Harry Potter... Chaque année ou presque, de nouvelles initiatives pour apprendre "autrement" voient le jour dans la région. La preuve par 5 qu'on peut réenchanter l'école

Les élèves de l'école Marc Legouhy du Lavandou attendent la cantine avec impatience.
Les élèves de l'école Marc Legouhy du Lavandou attendent la cantine avec impatience. G.A.

1. à Mouans-Sartoux et au Lavandou, les écoliers mangent les légumes qu'ils ont plantés

A Mouans-Sartoux, les élèves de l'école François-Jacob savourent des repas sains, 100% bio. Et ils dégustent d'autant plus volontiers les légumes qui se retrouvent dans leurs assiettes qu'ils ont aidé à les planter et à les ramasser. 

En effet, la commune a la particularité de s'être dotée d'une régie agricole propre pour sa restauration collective (la seule en France): 6 hectares dévolus à la culture biologique de légumes destinés aux crèches, écoles maternelles et primaires (environ 900 enfants).

"Aujourd'hui, on est autonome en légumes à 80%", explique Gilles Pérole, l’adjoint au maire.

Les légumes sont toujours ramassés à maturité. Chaque début de semaine, le responsable des cuisines, fait le point avec les agriculteurs dans les champs et établit le programme des recettes. Les menus sont dictés par les légumes à disposition.

>> RELIRE: Comment cette cantine scolaire bio et locale a diminué ses déchets alimentaires

La commune de Mouans-Sartoux a la particularité de s'être dotée d'une régie agricole propre pour sa restauration collective.
La commune de Mouans-Sartoux a la particularité de s'être dotée d'une régie agricole propre pour sa restauration collective. Photo Philippe Bertini

Au restaurant scolaire du Lavandou, boîtes de conserve et autres produits surgelés sont prohibés. Pour nourrir les élèves des trois écoles de la ville, on mise aussi sur les produits et légumes frais. Et pour cela, il n’y a qu’à se servir juste à côté…

Plusieurs fois par an, en effet, les écoliers lavandourains se rendent aux restanques de Saint-Clair pour planter et récolter leurs propres légumes (tomates, artichauts, fèves, pommes de terre…) en compagnie des jardiniers de la ville. Le site, qui offre une vue imprenable sur la mer et les îles d’Or, a été entièrement réaménagé par la mairie il y a deux ans.

Les élèves de l'école Marc Legouhy ont été invités à planter leur arbre fruitier.
Les élèves de l'école Marc Legouhy ont été invités à planter leur arbre fruitier. G.A.

Les quelque 200 enfants des écoles élémentaires ont ainsi été invités à planter chacun leur arbre fruitier (oliviers, figuiers, pruniers…) mais aussi à prendre soin du potager bio dans le cadre de sorties scolaires. 

"On a toujours voulu sensibiliser les enfants à l’importance de manger sain et bien", résume Frédérique Cervantes, adjointe aux affaires scolaires. Les sorties aux restanques complètent donc la préparation à l’école, où les élèves sont initiés à "l’équilibre des repas".

"On s’est rendu compte que les enfants ne connaissaient pas toujours le nom des fruits et légumes, souligne Micheline Popper, la directrice de l’école. Certains ont même découvert que les pommes de terre se plantaient".

Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, les petits lavandourains en ont pris de la graine.

> RELIRE: La bonne méthode pour apprendre à manger bien et sain

2. de la philo pour apprendre à se connaître

"Avec la philo on ne se trompe pas, on se pose des questions." 
"Avec la philo on ne se trompe pas, on se pose des questions."  Photo Philippe Bertini

Dans cette école des ateliers de philosophie ont été expérimentés. Avec bonheur! L'année dernière ces séances ont profité à deux classes de CM2. Et les élèves ont pris plaisir à réfléchir, argumenter... sans craindre l'erreur.

"Avec la philo on ne se trompe pas, on se pose des questions."

Pendant des ateliers d'une heure, les enfants ont appris à se recentrer sur leurs émotions, à échanger sur la peur, la colère, la joie, la tristesse.

"Les neurosciences ont observé que développer l'empathie chez les enfants permettait de changer les attitudes de vie, de communication et de vivre ensemble," explique Sylvie Sicamois, art-thérapeute qui a animé ces ateliers, proposés par "Savoir être et vivre ensemble". "Seve", une association créée par le médiatique philosophe Frédéric Lenoir. 

Et ces temps de réflexion ont des effets bénéfiques sur le climat scolaire. "Je les ai vus se transformer. Ils sont plus attentifs aux autres," a expliqué Marie Grimaldi la directrice de l'école Ronchèse.
Cette année, elle a prévu d'étendre ces séances à toutes les classes.

> RELIRE. Cette école initie ses élèves à la philo pour désamorcer la violence.

3. à Toulon, une école de la mixité et de la fraternité pour mieux s’intégrer

Tous les matins, avant que la classe ne commence, les enfants sont invités à participer à la cérémonie des couleurs.
Tous les matins, avant que la classe ne commence, les enfants sont invités à participer à la cérémonie des couleurs. Patrick Blanchard

C’est une école pas tout à fait comme les autres. Un établissement dit “hors contrat” qui a ouvert ses portes à la rentrée dernière dans un ancien garage automobile du quartier des Routes à Toulon.

Membre du réseau Espérance banlieues, le Cours Éric-Tabarly se décrit d’abord comme "une école indépendante et aconfessionnelle". Charles Dard, son directeur, se veut très clair sur le sujet.

"Le hors contrat n’est pas une religion. C’est avant tout un moyen. Ce statut nous donne certaines libertés, dont celle de recruter qui l’on veut. À savoir des enseignants expérimentés et motivés, qui ont envie d’aller à la rencontre des familles vivant dans ces quartiers populaires et désireuses d’en sortir leurs enfants."

"Développer une fraternité telle qu'on la voudrait dans notre pays"

L’établissement mise aussi sur la mixité sociale et culturelle afin de "développer une fraternité telle qu’on la voudrait dans notre pays". En d’autres termes, même si la priorité est donnée aux élèves venus des quartiers défavorisés, tous les enfants sont les bienvenus. "Car le but, rappelle Charles Dard, est de favoriser l’intégration par l’école et par la transmission de la culture." 

Cette transmission de l’amour du pays, "sans pour autant qu’ils renoncent à leurs traditions familiales dont ils peuvent être fiers", insiste le directeur, passe notamment par un rituel quotidien très simple: la cérémonie des couleurs.

Comme toute école privée, le cours Eric Tabarly a un prix: 50 euros par mois pour le premier enfant. "Mais on ne refuse jamais ceux dont les parents ne peuvent pas payer. Dans ces cas-là, précise le directeur de l’établissement, on leur propose de venir rendre service de temps en temps."

Pour cette deuxième rentrée, l’école toulonnaise compte une dizaine d’élèves (du CP au CM2). Mais à terme, l’établissement entend bien accueillir une cinquantaine d’enfants à l’année.

> RELIRE: A l'école de la confiance et des valeurs de la France

4. S'inspirer du collège d'Harry Potter

Le collège des Baous, à Saint-Jeannet, s'organise depuis septembre 2018 comme Poudlard, l'école d'Harry Potter.
Le collège des Baous, à Saint-Jeannet, s'organise depuis septembre 2018 comme Poudlard, l'école d'Harry Potter. Photo Philippe Bertini

Pour s'attaquer au manque de motivation, retards, heures de retenue des élèves, et améliorer le climat scolaire, le collège des Baous à Saint-Jeannet a testé une idée originale: s'inspirer de Poudlard, l'école des sorciers de la saga Harry Potter.

Ici, à la manière des apprentis-sorciers inventés par l’auteure anglaise J. K. Rowling, les collégiens sont répartis en groupes, appelés "maisons".

Si Poudlard en compte quatre (les Gryffondor, les Serpentard, les Serdaigle et les Poufsouffle), le collège saint-jeannois en a créé sept.
Baptisées Phénix, Minotaure, Dragon, Chimère, Griffon, Kraken et Sphinx, elles regroupent chacune une classe de 6e, 5e, 4e et 3e, solidaires des points que ses élèves gagnent ou perdent par leur comportement.

Et, comme par magie, les heures de colle ont fondu de 30 %.

Merci Harry Potter!

> RELIRE. Pour motiver ses élèves ce collège s'inspire d'Harry Potter

5. Un espace ouvert à tous pour monter des projets et se motiver

Patrick Saoula met les collégiens en mode projet.
Patrick Saoula met les collégiens en mode projet. Photo Philippe Bertini

Comment susciter l'envie d'apprendre, d'aller au collège? Patrick Saoula, professeur de collège aux Bréguières à Cagnes-sur-mer, a trouvé une méthode originale.

Il a aménagé dans une salle de cours, un espace coloré, ouvert à tous ceux qui ont une idée, un "espace de création". Pas un CDI, ni une salle de perm. Elèves et professeurs s'y retrouvent pour monter des projets.
Lorsque des élèves en décrochage sont repérés, il leur propose de venir développer leurs compétences dans cette salle ouverte.

"Tout ce qu'ils savent faire en dehors peut se transformer en compétence scolaire"

"On se rend compte qu'on parvient à les raccrocher dans quelque chose qu'ils aiment. Et de faire tout de suite le parallèle avec les enseignements traditionnels leur montre que tout ce qu'ils savent faire en dehors peut se transformer en compétence scolaire", explique Patrick Saoula.

L'initiative lui a valu d'être le seul Français sélectionné pour le concours du meilleur prof du monde et elle commence à essaimer. L'expérience de la salle ouverte va être lancée au collège Jules-Romains, à Nice-Ouest ; Patrick Saoula est aussi en relation avec la direction de la Canopée en Martinique, le lycée français de Singapour, des établissements marseillais et de banlieue parisienne.

>> RELIRE. Ce professeur azuréen a trouvé une solution pour motiver ses élèves et ça marche!


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