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Beausoleil n'a pas souffert de l'ombre sécuritaire pour cette rentrée

Mis à jour le 02/09/2016 à 05:03 Publié le 02/09/2016 à 05:03
Quelques pleurs mais surtout beaucoup de sourires hier à l'école des Copains où, passés le contrôle d'identité, les parents  des petites sections ont été les seuls autorisés à pénétrer dans l'établissement.

Quelques pleurs mais surtout beaucoup de sourires hier à l'école des Copains où, passés le contrôle d'identité, les parents des petites sections ont été les seuls autorisés à pénétrer dans l'établissement. Photo C.D.

Beausoleil n'a pas souffert de l'ombre sécuritaire pour cette rentrée

Seuls les parents des petites sections ont pu accompagner leurs enfants jusqu'aux classes hier. Une rentrée drastique mais plutôt bien accueillie par les familles dans un contexte post-attentat

Caméras de surveillance braquées sur les écoles, barrages de police municipale aux abords des établissements, fouille des sacs et contrôle des pièces d'identité des parents des enfants de petites sections - seuls autorisés à pénétrer dans les salles de cours hier en France…

Sur le papier, cette rentrée 2016 avait tout pour attiser le climat anxiogène - voire délétère - qui plane sur la Côte d'Azur depuis l'innommable et sanglant drame du 14-Juillet à Nice. Dans les faits, il n'en fut rien à Beausoleil !

Référence départementale du « vivre-ensemble » avec ses « 78 % d'enfants dont la langue maternelle n'est pas le français » - comme le rappelait hier le maire Gérard Spinelli, la commune a vécu une rentrée des plus paisibles. Quelques voix s'élevant contre les nouvelles restrictions gouvernementales (lire page suivante), sans atteindre la sérénité ambiante. Bref, une reprise sous vigilance accrue mais sans incidents.

« Jamais été aussi calme »

Transformé en vigile, dès potron-minet aux portes de l'école des Copains, le maire avouait sa stupéfaction face à l'acceptation de nouvelles règles pourtant contraignantes. « ça n'a jamais été aussi calme ! Les gens ont très bien compris ces mesures de sécurité. »

Une école où le personnel éducatif, comme dans les autres établissements, n'a eu en réalité qu'à faire écho aux consignes de sécurité transmises au cœur de l'été par les services municipaux. Avec tact, qui plus est.

« Je dois jeter un œil dans votre sac et à votre carte d'identité », prévenait ainsi la directrice, Hélène Burnot, pour entendre le plus souvent en retour : « Oui, c'est normal. » Non sans faire quelques entorses maîtrisées au règlement, comme pour témoigner un peu plus du bon déroulement de la matinée : « Allez je prends toute la famille ! » Le tout avec l'approbation du maire qui, en sa qualité d'OPJ, contribuait au contrôle des effets personnels des parents.

La pilule était tout de même plus dure à avaler pour les parents des moyennes et grandes sections qui, au final, avaient les yeux bien plus embués que leurs chérubins en voyant ces derniers s'éloigner derrière les grilles. D'autres, dépourvus de pièces d'identité, n'insistant pas, conscients d'avoir omis l'essentiel en ce jour de rentrée sous haute sécurité.

Certains bambins de petites sections snobait même leurs parents, comme cette petite tête blonde tout excitée de gagner son banc sitôt la porte franchie et lâchant un « Au revoir papa ! » d'émancipation. Un paternel amusé et pas surpris : « Elle ne parle que de ça depuis trois jours (rires)! Elle avait l'habitude d'accompagner sa grande sœur, elle connaît déjà l'école. »

Entre les murs. Peu de pleurs chez les grandes et moyennes sections. Rien de surprenant pour le personnel qui appelait toutefois à attendre les prochains jours pour se faire une vraie idée des conséquences de l'éloignement des parents. « Ils ne pleurent jamais trop le premier jour, sauf quand on les change de place comme pour aller à la cantine. Mais les prochains jours ça va être plus compliqué… »

Ajoutant toutefois que le fait que les parents ne compliquent pas la séparation en peinant à quitter les lieux n'était pas plus mal.

étalonner, c'est maîtriser

Du côté du groupe scolaire Paul-Doumer - Jean-Jaurès, même son de cloche et un constat. Le fait d'échelonner les rentrées des différentes sections a permis de maîtriser le flux des arrivées. « Il n'y a pas eu de gros soucis, pas d'attroupements. Juste quelques problèmes pour les CP que les parents n'ont pas eu le droit d'accompagner après que le ministère est revenu sur sa note initiale qui les autorisait », relatait le directeur de l'élémentaire, Michel Tcherniatine.

Certains doutes émergeaient toutefois du corps enseignant quant aux suites de cette rentrée, au fond, pas comme les autres (lire ci-dessous).

Enfin, dernier élément, et pas des moindres ! Hier midi, c'était coquillettes - boulettes de viande à la cantine. Comme à la maison ! Classique, efficace et certainement la nouvelle la plus rassurante pour les petits en ce jour de stress supposé. Ah, les joies de l'innocence…

Rentrée sans parents au collège Bellevue

À première vue, cela ressemble à une rentrée comme les autres. Les enfants qui rentrent dans le collège Bellevue de Beausoleil ont l'air un peu intimidés. Des petits sourires se dessinent sur leurs visages. Souvent, les cartables sont neufs. Les mots de Véronique Langa, la chef de l'établissement, ou du premier adjoint au maire de Beausoleil, Gérard Destefanis, rassurent les élèves qui rentrent en sixième et plongent dans le grand bain. Sauf que ce n'est pas tout à fait une rentrée comme les autres.

Hier, l'arrivée des élèves de 6e s'est faite sans parents dans l'établissement. Ils sont restés devant le grand portail et ont suivi du regard les quelque 140 nouveaux collégiens qui se sont dirigés, sans trop presser le pas, vers l'établissement.

Peu de différence

En général, une moitié des parents accompagnent leurs enfants dans l'établissement, selon la direction. Mais en passant le portail, les élèves semblent faire peu de cas de cette rentrée sans parents. Le moment est tranquille. Il faut dire que les écoliers de Beausoleil ou Cap-d'Ail avaient déjà découvert le collège en juin.

D'autres mesures vont accompagner cette année particulière. Ici comme dans les autres établissements de la commune, l'idée est d'éviter les contacts entre adultes extérieurs à l'établissement et élèves. Par exemple, les réunions parents-professeurs se feront en dehors du temps scolaire. Comme avant, les adultes entrant dans l'établissement seront contrôlés, et, nouveauté de cette rentrée post-attentat, leurs sacs seront contrôlés « visuellement ».

Un fascicule sur le « confinement » sera aussi distribué. Et au collège Bellevue comme dans les autres établissements, un exercice « attentat-intrusion » doit être organisé avant les vacances de la Toussaint. En plus d'une batterie d'autres mesures. Mais « on les ménage, explique Véronique Langa. Ce sont des enfants ».


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