Rubriques




Se connecter à

Avec la réforme du Bac, les lycéens de La Principauté boudent la langue monégasque mais...

Avec la réforme de l’examen, les élèves ne sont pas encouragés à poursuivre l’étude de la langue du pays. Mais dès l’année prochaine, des ajustements sont prévus pour motiver les lycéens.

Joëlle Deviras Publié le 02/06/2022 à 11:55, mis à jour le 02/06/2022 à 13:55
Ce mercredi, onze élèves de classes de Sixième ayant réussi leurs épreuves écrites passaient l’oral à la mairie de Monaco, devant un jury de quatre personnes. Photo J. D.

Une réforme de l’enseignement en France et patatras! Depuis le "nouveau bac" mis en place en 2021, les langues dialectales n’ont plus la cote. Et le monégasque est à la même enseigne.

Cette année, Monaco n’a qu’un seul élève qui étudie la langue du pays en Terminale. Du jamais-vu alors que l’encouragement du corps enseignant et l’intérêt des élèves sont pourtant bel et bien là…

Que se passe-t-il donc?

Moins intéressant pour le cumul des points

"Autrefois, au lycée, tous les points obtenus au-dessus de 10/20 étaient multipliés par deux et se rajoutaient au total des points pour le baccalauréat, explique Karyn Ardisson Salopek, adjoint au maire chargée de la Culture et ancienne professeure de langue monégasque. Aujourd’hui, l’épreuve de monégasque est moins intéressante pour gagner des points."

 

Membre d’un jury composé de quatre personnes, Karyn Ardisson Salopek regrette: "C’est difficile de demander un investissement de trois heures hebdomadaires à un lycéen."

Même constat auprès d’Isabelle Chiera et Audrey Bovini, toutes deux enseignantes de langue monégasque. "Les options étaient valorisées au bac. Le monégasque est devenu une langue 3 et doit être enseigné non plus une, mais trois heures par semaine et le coefficient appliqué pour le calcul des points est ridicule."

Le résultat s’est vite fait sentir: "Nous avions une dizaine d’élèves au lycée." Il n’y en a plus qu’un en 2022…

Mais les enseignantes se disent rassurées: "L’Éducation nationale a accepté de réduire le nombre d’heures d’enseignement à deux au lieu de trois, considérant que les jeunes suivent des cours de monégasque dès le Primaire."

Mieux encore: "À partir de la rentrée prochaine, le fonctionnement va changer puisque les langues dialectales ont été revalorisées coefficient 2 en Première et en Terminale. Et les notes au-dessus de 10 seront rajoutées à la totalité des points. Le décret français est passé l’an dernier mais nous avons été informés depuis la rentrée des vacances de Pâques. Nous savons donc que nous aurons trois élèves au lycée l’année prochaine."

 

"Une langue de cœur et d’appartenance"

Le creux de la vague devrait ne pas perdurer et c’est de bon augure considérant la volonté de tous d’encourager les jeunes générations à apprendre la langue traditionnelle. À commencer par le Souverain lui-même. Dans l’interview qu’il avait accordée à Monaco-Matin et publiée le 19 novembre dernier, le prince Albert II précisait: "L’enseignement de la langue monégasque me semble essentiel. Il doit, aujourd’hui, être renforcé de façon plus cohérente et c’est pourquoi son enseignement est obligatoire jusqu’à la fin du collège, à raison d’une heure toutes les deux semaines. Cela va participer à la création d’un vivier de jeunes qui parleront notre langue et qui pourront la véhiculer et la transmettre à d’autres générations."

C’est dans cet état d’esprit que, depuis ce mercredi et jusqu’à demain, le concours de monégasque rassemble cinquante élèves, du CM2 à la 3e, sur trois jours à la Mairie de Monaco.

"C’est une langue de cœur et d’appartenance", souligne les deux enseignantes qui encadraient ce mercredi les élèves.

Gioia, Eliana, Julia, Diego et Camilla viennent de sortir de leur épreuve d’oral Photo J.D..

"L’oral, c’est impressionnant"

Gioia, Eliana, Julia, Diego et Camilla viennent de sortir de leur épreuve d’oral. Les quatre jeunes filles et garçon se disent soulagés après "le stress d’être devant le jury. C’est impressionnant ; ils nous regardent sévèrement."

Après s’être un à un présentés, ils devaient lire un texte qu’ils ne connaissaient pas préalablement et répondre à des questions pour montrer leur compréhension et leur aisance à l’oral.

Parmi eux, un seul Monégasque: Diego.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.