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A Monaco, un speed dating version entrepreneuriale entre de jeunes filles et leurs aînées

Sur le format du speed dating, une quarantaine de collégiennes et lycéennes de la Principauté ont pu échanger avec des cheffes d’entreprise et des femmes occupant des postes clés de l’État monégasque. Des échanges inspirants et sans filtre.

Thibaut Parat Publié le 11/03/2022 à 20:03, mis à jour le 11/03/2022 à 20:07
Les collégiennes et lycéennes avaient huit minutes, à chaque fois, pour poser leurs questions à leurs aînées. Photo Alain Duprat

Huit minutes au chronomètre - pas une de plus - et une cloche en main. Un léger mouvement de poignet signale la fin des face-à-face. D’autres tête-à-tête s’amorcent dans la foulée. Sur le format d’un speed dating, mais en version entrepreneuriale, une quarantaine de jeunes filles scolarisées en Principauté ont échangé avec une trentaine de leurs aînées, à la tête de sociétés ou à des postes clefs du gouvernement princier et du Conseil national.

"La parole et le pouvoir
ça se prend"

À un âge où l’orientation professionnelle est source de moult interrogations, ces temps de parole s’avèrent inspirants, se déroulent à cœur ouvert et sans filtre. "Il n’y a pas de questions bêtes. Vous n’êtes sûrement pas la première à vous la poser, alors osez!", encourage d’ailleurs Vibeke Thomsen, directrice de l’association SheCanHeCan, organisatrice de l’événement avec l’association des femmes chefs d’entreprise de Monaco.

Sa présidente, Johanna Houdrouge, complète: "La parole et le pouvoir, ça ne se donne pas, ça se prend. Ce sont les femmes actives de demain. Il faut leur donner le goût d’entreprendre, du risque afin qu’elle dessine leur avenir professionnel."

 

Autre message distillé: ne jamais rien lâcher, avoir confiance en soi dans une société qui ne leur fera pas toujours de cadeaux. "Vous lutterez parfois contre les inégalités qui existent encore entre les femmes et les hommes. Vous ressentirez parfois ce sentiment d’injustice à l’égard de la gent masculine. Vous vous sentirez incomprises souvent. Travaillez, investissez-vous, impliquez-vous, tout ceci vous donnera confiance en vous et vous rendra plus forte."

Juliette, 14 ans: "Le besoin de me sentir utile sur cette Terre"

Des mots qui résonnent chez Juliette, à peine 15 ans, déjà au fait de son devenir dans la vie active. "J’aimerais être architecte navale pour les bateaux du futur, notamment à hydrogène, lâche la collégienne de FANB à son interlocutrice, bluffée. L’innovation m’attire car je ressens le besoin d’accomplir quelque chose sur cette Terre, de me sentir utile." Sandrine Bevernaege, commerçante dans le prêt-à-porter pour enfant, l’oriente alors vers une société monégasque spécialisée dans ce domaine, l’incite à pousser les portes sans avoir peur d’un refus. "Songe à faire des stages d’été. Tu apprendras et observeras beaucoup sur le terrain."

D’autres adolescentes, après avoir mitraillé leurs aînées de pertinentes questions, s’avouent perdues quand on les questionne sur leur dessein professionnel. "Peut-être dans la musique car c’est ma passion. Mais je n’en suis pas certaine, c’est compliqué", confie Sheryn, 13 ans.

Anne-Marie Noir, ancienne psychologue clinicienne qui a succédé à son père à la tête des laboratoires Asepta, se veut rassurante. "La première chose, en effet, c’est d’arriver à savoir ce que l’on veut faire. Et même si ton entourage te dit que ce sera compliqué, il faut foncer, se donner les moyens, profiter des opportunités", conseille-t-elle.

"Le mot d’ordre, c’est oser"

Certaines axent leur discours sur le parcours ou les choix d’orientation, souvent délicats à appréhender, d’autres sur l’état d’esprit à adopter. "Le mot d’ordre, c’est oser, être dans l’arène, tranche Stéphanie Reinert, spécialisée en image de marque, auprès de Chloé, 18 ans. Il faut se donner les chances de briller. Pour cela, il faut travailler son image et sa présence, c’est-à-dire se faire voir, être sur les réseaux sociaux, faire du networking, faire partie d’une association."

 

La jeune lycéenne, déjà membre du Zonta Club, une association qui lutte pour les droits des femmes, se voit conseiller le titre d’un bouquin au terme de cet échange éphémère. Qui sait, cette lecture inspirera peut-être ses choix futurs et un état d’esprit (déjà) conquérant.

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