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Zest : le réseau de bus tourne au vinaigre

Entre les conducteurs et la direction, le climat social est tendu au sein du service de transports

Julie BAUDIN Publié le 17/06/2016 à 05:18, mis à jour le 17/06/2016 à 05:18
Entre les travaux et l'incivisme des automobilistes, les conducteurs du réseau Zest travaillent parfois en état de stress. Ils dénoncent des conditions de travail « dégradées ». Jean-François Ottonello

Le réseau de transports Zest, qui dessert les dix communes du littoral de la CARF, est-il au bord de la crise de nerfs ?

En mai dernier, un chauffeur de bus perdait patience à Menton et exerçait son droit de retrait à la suite d'une nouvelle agression verbale de la part d'un usager, lui-même en colère à cause d'un retard. Par solidarité, d'autres chauffeurs du réseau stoppaient alors leur service durant une heure.

Dans la foulée le syndicat majoritaire UNSA déposait une alarme sociale afin de dénoncer « des conditions de travail dégradées ».

« Cela fait plusieurs mois que le climat social est tendu, explique Maher Guirat, le délégué syndical UNSA. Nous avions déposé une alarme sociale en mai dernier après qu'un collègue a été pris à partie, une nouvelle fois. Depuis, rien n'a bougé… Nous avons pourtant eu une réunion fin mai avec la direction mais force est de constater que le dialogue social ne s'est pas enclenché. »

 

Pour Jean-Michel Gressard, le directeur de l'entreprise helvète Carpostal qui gère la délégation de service public des transports sur les dix communes du littoral de la Carf, « il faut d'abord replacer cet état de tension ainsi que l'incident du mois dernier, le droit de retrait, dans un contexte préélectoral. Le premier tour des élections syndicales aura lieu le 6 juillet et chacun essaye d'attirer le regard sur soi. Alors les critiques contre l'encadrement, cela fait partie du jeu électoral… »

De quoi mettre en rogne une partie des salariés. « Rien à voir avec le contexte électoral ! lance le représentant de l'UNSA, syndicat majoritaire. Il y a un réel état de tension au sein de la boîte et en face c'est la sourde oreille à toutes nos revendications. Nous attendons toujours la revalorisation de nos salaires et autre chose que les 4 euros par mois qui ont été proposés ! Nous dénonçons encore l'absence de notre direction sur le terrain, 80 % des salariés ne connaissent pas le directeur qui est arrivé en poste il y a deux ans ! Enfin, nous déplorons un manque de sécurité, notamment le dimanche après-midi et les jours fériés où aucun contrôleur n'est présent. »

Du côté de la direction, on tente de minimiser ces tensions, notamment celles liées au sentiment d'insécurité des conducteurs. « C'est vrai que les agressions verbales font malheureusement partie du lot quasi quotidien des conducteurs (voir encadré ci-dessous). Mais de là à parler d'insécurité, cela me semble un peu exagéré, explique Jean-Michel Gressard. Depuis 2013, nous avons eu quelques agressions physiques contre des conducteurs ou des contrôleurs, dont deux ont conduit à la condamnation des auteurs. Mais sur un total de 1,5 million de voyageurs par an, c'est peu. Faut voir ce qu'il se passe ailleurs… »

4 contrôleurs pour 50 conducteurs

Quant à l'absence de contrôleurs et de personnels d'encadrement sur le terrain, là aussi, la direction botte en touche. « Pour les 50 chauffeurs en circulation, dont huit scolaires, nous avons 4 contrôleurs, ce qui est un bon ratio. C'est vrai que pendant des mois ils n'étaient que trois et pas présents tous les jours. Mais nous sommes revenus à 4 contrôleurs qui tournent tous les jours… Pour le niveau d'insécurité qui existe sur la Riviera, c'est pas mal. C'est certain que ce n'est jamais assez pour celui qui se fait agresser. Mais si demain, on décide de mettre un contrôleur pour un chauffeur, le ticket de bus, forcément, ne sera plus au même prix ! »

 

Mardi, le ton est encore monté d'un cran avec un nouveau tract de l'UNSA. Il dénonçait « l'anarchie » et demandait au directeur « de sortir de son bunker, d'arrêter de malmener ses salariés (...), d'arrêter les pressions exercées sur les agents d'encadrement (...) et de revenir à la table des négociations au lieu de s'arranger avec certains syndicats. Le directeur fait cela pour mieux nous diviser et donc mieux régner ! »

Nous nous préparons donc à une énième alarme sociale qui pourrait conduire à une grève dans les jours qui viennent » prévient le délégué syndical UNSA.

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