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Yachting, extension en mer, famille Pastor... l'entreprise John Taylor dresse son bilan de l'année 2019

Mis à jour le 16/01/2020 à 14:21 Publié le 16/01/2020 à 10:30
Nicolas Orlowski, patron du groupe Artcurial, assistait aux ventes aux enchères à l’Hermitage hier.

Yachting, extension en mer, famille Pastor... l'entreprise John Taylor dresse son bilan de l'année 2019

Rachetée à la famille Pastor par Artcurial fin 2017, la référence de l’immobilier de luxe rayonne à l’international depuis Monaco et signe une progression record, en 2019, sur la Riviera.

«John Taylor a une identité anglosaxone mais sa génétique est sur la Riviera», résume Nicolas Orlowski. Il y a deux ans, le p.d.-g. du groupe Artcurial rachetait John Taylor à la famille Pastor et réorganisait l’entreprise «à tous les niveaux», ajoutant l’immobilier de luxe à ses activités de ventes aux enchères, d’expositions culturelles ou encore de ventes de chevaux de course à Deauville (Arqana).

En 2018 s’ajoutait même une prise de participation dans la société Monaco Marine pour créer John Taylor Yachting. Point commun de tous ces portefeuilles? «Notre métier de base c’est l’intermédiation. Un métier compliqué que vous vendiez des villas, des bateaux ou des tableaux, parce que vous avez deux clients. Le premier est le vendeur et puis on va à la chasse au deuxième qui est notre acheteur. Mon choix profond et stratégique, auquel je crois beaucoup, a été celui de la transparence. Aujourd’hui, dans tous ces métiers, la commission est transparente et publique.»

Mutualisation des forces

En prenant la tête de John Taylor, «qui a inventé les agences immobilières à Cannes», Nicolas Orlowski s’est retrouvé «en position dominante sur la Riviera» dans la partie la plus haute du marché de l’immobilier (au-dessus de 3 millions d’euros). Un héritage consolidé par la famille Pastor qu’il s’est engagé à développer dans une vingtaine de pays. «C’est une vraie PME, plus M que P maintenant», avance-t-il tout en garantissant que le siège des activités françaises «est depuis toujours et restera» à Cannes.

Tout comme le siège international rayonne depuis Monaco. Deux centres de décision pour lesquels celui qui passait ses vacances à Théoule enfant et a ses attaches à Beaulieu a entrepris une mutualisation des forces «pas à pas».

«Il n’y a pas de eu de suppressions d’emplois», juste quelques «arbitrages», note ce patron moderne qui aime secouer la pyramide pour tirer les bonnes idées d’en-bas, et a souhaité être «opérationnel». «J’aime ça, ce sont des sujets très humains. J’ai un programme très établi. Je passe une journée ou deux à Cannes et à Monaco toutes les deux-trois semaines.»

Le reste du temps, il pilote depuis le vaisseau-amiral d’Artcurial, au rond-point des Champs-Élysées. «En France, on est propriétaires à 100 % de nos agences. Souvent à l’international on est associés ou alors ce sont des franchises. Après il faut coordonner et centraliser.»

De la Suisse à l’Italie, en passant par Paris, la croissance de John Taylor est à deux chiffres aujourd’hui. Quant à la Principauté, elle reste un fief solide au cœur d’une Riviera source de records. Mode d’emploi.

Cannes déménage et s'agrandit

Lorsqu’il rembobine à la date du rachat de John Taylor, Nicolas Orlowski se souvient de quelques rumeurs aujourd’hui démenties par le temps. «Les gens pensaient qu’on allait fermer la moitié des agences qu’on avait dans le Sud. On n’en a pas fermé mais on en a plutôt ouvert», se réjouit celui qui s’est depuis associé avec l’agence du Cap d’Antibes. «Une agence historique, l’une des plus dynamiques de la Riviera tenue par les frères Monnier.»

«Et on lance toute une campagne d’investissement dans la rénovation de nos agences», poursuit Orlowski. Ainsi, à Cannes, l’agence faisait aussi office de bureau administratif. Bientôt, les deux activités seront scindées. «On va rue d’Antibes, dans les anciens locaux de la Barclays. On a signé il y a quelques semaines. Et la partie purement agence déménage quelques mètres derrière, en face du Marriott, et elle s’agrandit.»

Organisation et gouvernance

Quelle organisation avez-vous mis en place chez John Taylor ?
«On a créé un Comité exécutif(Comex) qui marche bien, parce que je crois aux décisions collégiales.On a d’autre part beaucoup globalisé le groupe John Taylor. Avant, il y avaitla France d’un côté ; le monde de l’autre. Aujourd’hui, le patron du groupe estle même etle Comex interagit pour la totalité du groupe, il a une vision pour l’ensemble de nos activités, qu’elles soient à Cannes,àMadrid ou à Dubaï. Ce sontles mêmes organes de décision et ça a changé beaucoup de choses.»

Quelle est votre philosophie en termes de management?
«Le plus dur, c’est de faire collaborer les hommes et les femmes qui ont beaucoup de talents dans l’intermédiation. Et ce n’est pas si facile, il faut le dire. Il faut mettre en place des organisations et des plateformes. Ce n’est probablement pas parfait mais ça doit être ma responsabilité de pousser à
cet échange permanent et accepter la confrontation.On n’est pas d’accord ? Ce n’est pas grave. On en parle et, à un moment, c’est l’intérêt de la boîte qui prévaut. Il y a un intérêt supérieur et, pour ça, il faut d’abord qu’il y ait un patron. Le patron ne sait pas tout, se trompe de temps en temps, mais il
faut qu’il arbitre. Ensuite, il faut un organe de gouvernance collaboratif. Les bonnes idées viennent souvent d’en bas. L’avis des collaborateurs doit être porté au pinacle pour l’ambiance de l’entreprise au quotidien.»

Vous n’avez pas fermé d’agence et entamez la rénovation de certaines, considérez-vous donc qu’une présence physique est essentielle pour capter la clientèle ?
«Oui. Pour autant, et même si le métier reste très humain, on ne peut pas ne pas s’interroger à dix ans sur ce qu’est un point de rencontre entre quelqu’un qui vient nous acheter une maison à dix millions d’euros et un lieu physique qu’est une agence immobilière. Le monde change et la majorité des gens qui nous achètent des très grosses maisons ne sont jamais rentrés dans une agence John Taylor.»

Sur les rangs pour l’extension en mer

À horizon 2025, le nouveau quartier de l’Anse du Portier sera livré. Et évidemment, John Taylor ne manquera pas de se positionner avoue Nicolas Orlowski.

«On a des jolies performances à Monaco et évidemment tout le monde attend les développements de cette nouvelle avancée sur la mer. L’actionnariat y est polymorphe et nous ne sommes qu’une agence immobilière, mais nous postulerons et attendrons de voir quels seront les choix des commercialisateurs. J’ai bon espoir que, pour différentes raisons, John Taylor soit un de ceux qui commercialiseront cette avancée sur la mer. Mais il y a encore du boulot, en plus il y a deux volets dans le projet, quelques maisons et des appartements. Moi je ne suis qu’un fournisseur, mon client sera un promoteur et il nous dira comment il veut qu’on intervienne. »

Un coup d’éclat dans le yachting

Fin 2018, John Taylor rachetait une participation de Monaco Marine à Bertrand Vogèle, qui prenait la direction de John Taylor Yachting en restant actionnaire.

Hormis l’activité charter, la société s’est distinguée par ses transactions en 2019, réalisant l’une des plus grosses ventes réelles d’Europe, un bateau de 54 mètres acheté 28 millions d’euros par un particulier européen.

«On a encore des ambitions d’acquisitions, d’autres idées de rapprochement dans ce marché très émietté avec beaucoup d’acteurs de tous types», confie Nicolas Orlowski.

La famille Pastor

«Artcurial et moi-même sommes restés très proches du quotidien de la famille Pastor, qui m’a fait confiance en me cédant ce groupe. Notre proximité est très forte et ils sont mes associés sur Monaco. Nous avons des liens d’amitié très forts.»

Le chiffre record

Le groupe John Taylor a enregistré une progression de ses ventes dans le monde de 17% en 2019. Et la Riviera estla locomotive avec une progression de 37% !

«Le chiffre le plus important de ces dix dernières années, c’est exceptionnel», admet Nicolas Orlowski. Comment l’expliquer ? «J’ose croire qu’il y a peut-être une remotivation, que John Taylor va mieux, on a beaucoup travaillé sur le digital aussi(...) C’est au-delà de nos prévisions et il y a forcément une part d’anomalies. Mais même s’il y a eu quatre ou cinq grosses ventes la même année il y a un tissu global de ventes qui est très positif. John Taylor est une entreprise qui a une santé économique irréfutable.»

Hors Monaco, ce sont ainsi 450 millions d’euros de vente qui ont été réalisés sur la Riviera. Le
bilan, hors France, est d’un peu plus d’un milliard d’euros.

Sébastien Botella

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