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Vous aimez les sandales tropéziennes? Cette entreprise familiale les fabrique depuis plus de 90 ans

Mis à jour le 05/03/2019 à 09:16 Publié le 05/03/2019 à 07:00
Alain Rondini a rejoint l’entreprise fondée par son grand-père à la fin des années quatre-vingt-dix. Il en est aujourd’hui le seul dirigeant.

Alain Rondini a rejoint l’entreprise fondée par son grand-père à la fin des années quatre-vingt-dix. Il en est aujourd’hui le seul dirigeant. Photo VLP

Vous aimez les sandales tropéziennes? Cette entreprise familiale les fabrique depuis plus de 90 ans

Depuis 1927, la famille Rondini compte parmi les fabricants de sandales tropéziennes les plus réputés de la planète. Un savoir-faire transmis depuis trois générations, inscrit dans les pages d’histoire de la cité du Bailli.

Saint-Tropez. Pousser la porte du 18 rue Georges Clemenceau et se laisser porter par la légende qui habite ses murs : sur le comptoir de la boutique, Allison talque la semelle, assouplit l’entre-doigt, passe les lanières du modèle "serpent" dans leurs empiècements, en revoit les chanfreins.

Derrière elle, la porte vitrée s’ouvre sur l’atelier d’où s’élève, enivrante, l’odeur du cuir tanné. Dans le bruit des machines, Sophie coud des semelles. Alain, lui, supervise.

Alain Rondini. Petit-fils du fondateur de la maison Sandales tropéziennes Rondini qui, depuis la fin des années vingt, a écrit son histoire dans celle de Saint-Tropez. Pas à pas.

Un grand-père artisan bottier

"L’histoire commence lorsque mon grand-père, Dominique, artisan bottier, quitte sa Toscane natale, Monticiano précisément, à quelques pas de Sienne", raconte Alain Rondini. Il fuit les Chemises noires, et "vient chercher du travail dans le sud de la France."

On est en 1927. Il s’installe d’abord à Saint-Raphaël où "mon père naît le 5 juillet 1927 et, six mois plus tard, la famille rejoint le golfe de Saint-Tropez", ajoute le patron de l’entreprise Rondini qui, de mémoire, n’a jamais connu d’autre atelier de fabrication des tropéziennes familiales que celui de la rue Clemenceau.

À l’époque, poursuit Alain Rondini en puisant dans ses souvenirs, "le modèle de la tropézienne existait déjà. C’est un tisserand qui l’avait créée, en simplifiant le modèle des spartiates gréco-romaines".

Dominique décide d’en faire sa marque de fabrique. La petite entreprise voit le jour dans les rues de Saint-Tropez. "Après son certificat d’études, mon père Serge, qui ne pouvait pas poursuivre d’études supérieures faute d’argent, rejoint l’entreprise…", poursuit Alain.

C’est lui qui développe la gamme, multiplie les modèles, adopte de nouvelles matières premières... Salomés, bikinis, serpents aussi, – "qu’il crée alors qu’il est tout juste fiancé à ma mère", témoigne son fils en dévoilant une photo de famille.

D’autres artisans se sont installés dans le golfe et participent, aussi, à développer l’image des tropéziennes.

Au début des années quatre-vingts, à la sortie du lycée – "en ayant raté le bac!", lance-t-il sans complexe –, Alain Rondini vient travailler à la fabrique, aux côtés de son père jusqu’à ce que ce dernier, gagné par le poids des années, ne prenne de la distance... Serge, le patriarche, disparu l’an dernier à 91 ans.

Les sandales Rondini sont fabriquées dans l’atelier situé à l’arrière de la boutique, rue Clemenceau à Saint-Tropez.
Les sandales Rondini sont fabriquées dans l’atelier situé à l’arrière de la boutique, rue Clemenceau à Saint-Tropez. Photo VLP

Entre-temps,les sandales tropéziennes Rondini font déjà le tour du monde aux pieds, manucurés, des plus grands mannequins de l’époque : Kate Moss, Linda Evangelista, Claudia Schiffer. "Maintenant c’est Inès de la Fressange qui aime bien parler de nous!", confie Alain.

La marque de sandales tropéziennes Rondini est désormais incontournable.

Quatre-vingt-dix ans après les débuts de l’entreprise, la petite fabrique s’est agrandie. Les machines ont gagné les étages mais, si la chaîne de fabrication s’est modernisée pour pouvoir augmenter le nombre de modèles si besoin, le savoir-faire reste entre les mains de la famille et de sa dizaine d’employés… en hiver. L’effectif double l’été, pour répondre aux commandes et assurer l’amplitude horaire du magasin.

"Avant, c’était un cocon, il n’y avait que deux ou trois employés », se souvient à son tour Xavier Rondini. Le neveu d’Alain a lui aussi, décidé d’emboîter le pas de la famille il y a "12 ans maintenant. Avant, je venais donner un coup de main l’été quand j’étais au lycée", dit le jeune homme de 36 ans. 

Après des études de commerce et d’informatique, il choisit lui aussi de revenir "à la maison". L’idée de participer au maintien d’un savoir-faire, de travailler en famille le taraudait depuis longtemps. "À l’époque, mon grand-père était encore là…", ajoute le jeune homme.

Dans cette PME artisanale, l’esprit familial demeure. Pour preuve : Éric, chef d’atelier – sans en avoir le titre formel – est là depuis 25 ans maintenant.

vente en ligne depuis quatre ans

L’entreprise, qui n’a jamais voulu s’appuyer sur un réseau de distributeurs, s’est lancée il y a quatre ans, dans la vente en ligne. "Nous avons fait évoluer notre site Internet en un site marchand", concède Alain Rondini, fatigué qu’il était de recevoir, durant la saison estivale, des commandes par courrier.

De même, les sandales tropéziennes Rondini se sont lancées sur les réseaux sociaux. C’est Clara, 23 ans, sa fille aînée, qui s’y colle. Engagée dans des études de management hôtelier, elle se verrait bien à son tour suivre les traces de son père.

Les machines à coudre assemblent les semelles entre elles. Chaque année, plus de 15 000paires de sandales sont fabriquées.
Les machines à coudre assemblent les semelles entre elles. Chaque année, plus de 15 000paires de sandales sont fabriquées. Photo VLP

Pourquoi ne pas prendre en charge la partie commerciale imagine-t-elle en souriant, quand sa plus jeune sœur, Pauline, endosseraitcelui de créatrice. Celle-ci en a déjà l’âme d’ailleurs puisqu’elle réalise des petits bijoux en cuir que l’on trouve sur le comptoir de la boutique. L’adolescente de 17 ans est pour l’instant, en terminale S, et veut se diriger vers un BTS des métiers de la mode et de la maroquinerie chaussures.

La cadette Anaïs, a, après une prépa aux Chartreux à Lyon, intégré une école d’ingénieur en chimie. "Mais elle va peut-être faire un stage dans une société qui fournit des produits pour la tannerie." On y revient toujours un peu.

Aujourd’hui, la fabrique Sandales tropéziennes Rondini produit 15.000 paires de sandales par an (vente en boutique et en ligne), tout modèles confondus – hommes, femmes enfants.

Le prix: environ 150 euros en moyenne pour une paire classique*. Une quarantaine de modèles et autant de couleurs sont proposés chaque saison. Quatre-vingts pour cent des ventes sont réalisées pour habiller des pieds... féminins.

*Pour des paires en cuir, nubuck, etc. Il faut compter entre 200 et 330€ pour des sandales en python ou croco.


Savoir+
Sandales tropéziennes Rondini. 18, rue Georges
Clemenceau. Saint-Tropez.
Ouvert du mardi au samedi de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30.
Fermetures hebdomadaires dimanche et lundi.
Rens. +33 (0) 4.94.97.19.55. Rondini.fr


Le goût du travail bien fait

Les machines à coudre assemblent les semelles entre elles. Chaque année, plus de 15 000paires de sandales sont fabriquées.
Les machines à coudre assemblent les semelles entre elles. Chaque année, plus de 15 000paires de sandales sont fabriquées. Photo VLP

Comment faire pour se renouveler? "Cela va surtout passer par les couleurs. Moi je n’aime pas les incrustations, les rivets, les clous, les couleurs flashy, etc. Je ne vais pas en faire pour céder à la tendance. Vous savez, on tourne vite en rond dans la sandale!", lâche Alain Rondini en souriant.

La différence vient de la largeur d’une lanière, de la finesse de la sangle…

Alors c’est sur la qualité des produits présentés à la clientèle que la maison Rondini assoit aussi sa réputation. "Tenue et confort sont la force de la marque", ajoute Alain Rondini. 

Coupe des semelles, confection de l’entre-doigt, des lanières, montage "selon le modèle à réaliser", la marque de fabrication Rondini, c’est la rigueur du travail bien fait.

Les sandales sont fabriquées à la main, "à l’ancienne, comme je l’ai appris de mon père qui l’avait appris de son père." Pas de fausse couture, vrais points selliers, cuir bouilli toute une semaine pour pouvoir le coudre en gardant la solidité, travailler des tannages végétaux extra-lents*, des cuirs aussi qui résistent bien à la transpiration.

L’entreprise répond à une commande en quatre jours à peine quand, "par le passé, on avait 15 jours de délai", relève encore Alain Rondini, assure aussi quelques petits services supplémentaires.

Sur-mesure (moyennant complément), réparation, service après vente. "Quand on peut changer un talon on le fait…", assure encore Alain.

S’il a cédé aux appels du 2.0 et des réseaux sociaux, Alain Rondini sait en revanche, qu’il ne répondra pas aux appels… du pied de la tendance vegan et des cuirs végétaux.

"Le seul végétal que j’emploie, dit-il avec détermination, c’est le tannage de nos cuirs!" Ce serait pourtant une occasion de gagner des parts de marché, que de céder à la mode? "Mais on n’est pas mode nous!", lâche-t-il encore, posément. Juste professionnel.

*Le cuir est tanné pendant 18 mois.


Les tropéziennes classiques

SANDALES RONDINIAFFAIRE FAMILIALE DEPUIS 1927SAINT TROPEZ

C’est avec ce modèle de tropéziennes classiques que Dominique Rondini a débuté l’aventure de l’entreprise, il y a 90 ans. Elles restent parmi les modèles les plus demandés.

 

Parcours

1927
La famille Rondini s’installe dans le golfe de Saint-Tropez et créée son entreprise de fabrication de sandales tropéziennes. C’est aussi l’année de naissance de Serge Rondini.

1964
Naissance d’Alain Rondini, actuel dirigeant de l’entreprise.

2018
En août, décès du "patriarche" Serge Rondini.


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